L'AFFAIRE VIGANO

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L'AFFAIRE VIGANO

Message par Gilbert Chevalier le Mar 4 Sep - 16:33

1- Témoignage intégral de Viganò

Un témoignage de première importance sur l’affaire McCarrick

par Riposte Catholique, le 26 août 2018

L’excellent site américain LifeSiteNews ( https://www.lifesitenews.com/news/former-us-nuncio-pope-francis-knew-of-mccarricks-misdeeds-repealed-sanction ) vient de mettre en ligne un témoignage d’une importance capitale sur la sordide affaire McCarrick (ancien archevêque de Washington et prédateur sexuel), ainsi que sur le lobby gay dans l’Église : celui de l’ancien nonce apostolique à Washington, Mgr Vigano. Nous l’avons immédiatement traduit pour que les lecteurs francophones puissent y avoir accès. Prions pour l’Église, défigurée par ces horreurs ! La rédaction


- TÉMOIGNAGE -

Par Son Excellence Carlo Maria Viganò
Archevêque titulaire d’Ulpiana, Nonce apostolique

En ce moment tragique pour l’Église dans diverses parties du monde – les États-Unis, le Chili, le Honduras, l’Australie, etc. – les évêques ont une très grave responsabilité. Je pense en particulier aux États-Unis d’Amérique, où j’ai été envoyé comme nonce apostolique par le pape Benoît XVI le 19 octobre 2011, fête commémorative des premiers martyrs d’Amérique du Nord. Les évêques des États-Unis sont appelés, et moi avec eux, à suivre l’exemple de ces premiers martyrs qui ont apporté l’Évangile sur les terres d’Amérique, à être des témoins crédibles de l’amour incommensurable du Christ, qui est le chemin, la vérité et la vie.

Certains prêtres et évêques, abusant de leur autorité, ont commis des crimes horribles au détriment de leurs fidèles, mineurs, victimes innocents, et jeunes gens désireux d’offrir leur vie à l’Église. Ou bien par leur silence, ils n’ont pas empêché que de tels crimes continuent d’être perpétrés.

Pour restaurer la beauté de la sainteté du visage de l’Épouse du Christ, qui est terriblement défigurée par tant de crimes abominables, et si nous voulons vraiment libérer l’Église du marais fétide dans lequel elle est tombée, nous devons avoir le courage de d’abattre la culture du secret et de confesser publiquement les vérités que nous avons gardées cachées. Nous devons abattre la conspiration du silence par laquelle prêtres et évêques se sont protégés aux dépens de leurs fidèles, une conspiration du silence qui risque, aux yeux du monde, de faire paraître l’Église comme une secte, une conspiration du silence semblable à qui prévaut dans la mafia. « Tout ce que vous avez dit dans l’obscurité sera proclamé sur les toits. » (Luc 12: 3)

J’ai toujours cru et espéré que la hiérarchie de l’Église puisse trouver en elle-même les ressources spirituelles et la force de dire toute la vérité, de se corriger et de se renouveler. C’est pourquoi, même si on m’a demandé à plusieurs reprises, j’ai toujours évité de faire des déclarations aux médias, même si c’était mon droit de le faire, afin de me défendre contre les calomnies publiées à mon sujet, y compris par des prélats de haut rang de la curie romaine. Mais maintenant que la corruption a atteint le sommet de la hiérarchie de l’Église, ma conscience m’impose de révéler ces vérités concernant l’affaire déchirante de l’archevêque émérite de Washington, Théodore McCarrick, que j’ai connue au cours de la mission qui m’a été confiée par saint Jean-Paul II, comme délégué aux représentations pontificales de 1998 à 2009, puis par le pape Benoît XVI, comme nonce apostolique aux États-Unis d’Amérique, du 19 octobre 2011 à fin mai 2016.

En tant que Délégué aux Représentations Pontificales auprès de la Secrétairerie d’État, mes responsabilités ne se limitaient pas aux Nonciatures Apostoliques, mais incluaient également le personnel de la Curie Romaine (embauches, promotions, processus d’information sur les candidats à l’épiscopat, etc.) et l’examen des cas délicats, y compris ceux concernant les cardinaux et les évêques, confiés au délégué par le cardinal secrétaire d’État ou par le Substitut de la Secrétairerie d’État.

Pour dissiper les soupçons insinués dans plusieurs articles récents, je dirai immédiatement que les nonces apostoliques aux États-Unis, Gabriel Montalvo et Pietro Sambi, tous deux prématurément décédés, n’ont pas manqué d’informer immédiatement le Saint-Siège dès qu’ils ont appris le comportement gravement immoral de l’archevêque McCarrick avec des séminaristes et des prêtres. En effet, selon ce qu’a écrit le nonce Pietro Sambi, la lettre du père Boniface Ramsey, O.P., datée du 22 novembre 2000, a été rédigée à la demande du défunt nonce Montalvo. Dans cette lettre, le père Ramsey, professeur au séminaire diocésain de Newark de la fin des années 1980 jusqu’à 1996, affirme qu’une rumeur récurrente au séminaire disait que l’archevêque « partageait son lit avec des séminaristes », en invitant cinq à la fois pour passer le week-end avec lui dans sa maison près de la plage. Et il a ajouté qu’il connaissait un certain nombre de séminaristes, dont certains ont été plus tard ordonnés prêtres pour l’archidiocèse de Newark, qui avaient été invités dans cette maison et avaient partagé le lit de l’archevêque.

Le bureau que j’occupais à l’époque n’a été informé d’aucune mesure prise par le Saint-Siège après que le nonce Montalvo eut porté ces accusations à la fin de 2000, alors que le cardinal Angelo Sodano était secrétaire d’État.

De la même manière, le nonce Sambi transmit au cardinal secrétaire d’État Tarcisio Bertone un mémorandum d’accusation contre McCarrick par le prêtre Gregory Littleton du diocèse de Charlotte, réduit à la laïc pour viol de mineurs, accompagné de deux documents du même Littleton, dans lequel celui-ci racontait l’histoire tragique des abus sexuels commis à l’époque par l’archevêque de Newark et par plusieurs autres prêtres et séminaristes. Le nonce a ajouté que Littleton avait déjà transmis son mémorandum à une vingtaine de personnes, y compris les autorités judiciaires civiles et ecclésiastiques, la police et les avocats, en juin 2006, et qu’il était donc très probable que l’information serait bientôt rendue publique. Il a donc appelé à une intervention rapide du Saint-Siège.

En rédigeant une note [1] sur ces documents qui m’ont été confiés, en tant que délégué aux représentations pontificales, le 6 décembre 2006, j’ai écrit à mes supérieurs, le cardinal Tarcisio Bertone et le Substitut Leonardo Sandri, que les faits attribués à McCarrick par Littleton étaient d’une telle gravité et d’une telle bassesse qu’ils provoquaient chez le lecteur un sentiment de confusion, de dégoût, de chagrin profond et d’amertume, et qu’ils constituent des crimes de séduire, demander des actes dépravés de la part de séminaristes et de prêtres, de façon répétée et simultanée avec plusieurs personnes, moquerie d’un jeune séminariste qui tentait de résister aux séductions de l’archevêque en présence de deux autres prêtres, absolution des complices de ces actes dépravés, célébration sacrilège de l’Eucharistie avec les mêmes prêtres après avoir commis de tels actes.

Dans ma note, que j’ai remise le même jour du 6 décembre 2006 à mon supérieur direct, le Substitut Leonardo Sandri, j’ai proposé à mes supérieurs les points suivants:

- Étant donné ce qui semblait qu’un nouveau scandale d’une gravité particulière, dans la mesure où il concernait un cardinal, allait s’ajouter aux nombreux scandales touchant l’Église aux États-Unis,

- Et, puisque cette affaire concernait un cardinal, selon le canon 1405 § 1, n ° 2, « ipsius Romani Pontificis dumtaxat ius est iudicandi »; [Note de La Porte Latine : Can. 1405 – § 1. Parmi les causes dont il s’agit au can. 1401, seul le Pontife Romain a le droit de juger : 1 les personnes qui exercent la magistrature suprême de l’État ; 2 les Pères Cardinaux ; 3 les Légats du Siège Apostolique et, dans les causes pénales, les Évêques ; 4 les autres causes qu’il aura évoquées lui-même à son propre Tribunal.]

- J’ai proposé qu’une mesure exemplaire soit prise contre le cardinal qui pourrait avoir une fonction médicinale, prévenir de futurs abus contre des victimes innocentes et atténuer le scandale très grave pour les fidèles, qui malgré tout continuaient à aimer et à croire en l’Église.

- J’ai ajouté qu’il serait salutaire que, pour une fois, l’autorité ecclésiastique intervienne devant les autorités civiles et, si possible, avant que le scandale n’éclate dans la presse. Cela aurait pu rendre une certaine dignité à une Église si cruellement éprouvée et humiliée par tant d’actes abominables de la part de certains pasteurs. Si cela était fait, l’autorité civile n’aurait plus à juger un cardinal, mais un pasteur avec lequel l’Église avait déjà pris des mesures appropriées pour l’empêcher d’abuser de son autorité et de continuer à détruire des victimes innocentes.

Ma note du 6 décembre 2006 a été conservée par mes supérieurs et ne m’a jamais été retournée avec quelque décision que ce soit de la part des supérieurs.
Par la suite, autour du 21-23 avril 2008, Richard Sipe a publié sur Internet, à l’adresse richardsipe.com, la déclaration au pape Benoît XVI sur la crise des abus sexuels aux États-Unis. Le 24 avril, ce texte a été transmis par le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, le cardinal William Levada, au cardinal secrétaire d’État Tarcisio Bertone. Il m’a été transmis un mois plus tard, le 24 mai 2008.

Le lendemain, j’ai remis une nouvelle note au nouveau Substitut, Fernando Filoni, qui comprenait mon précédent numéro du 6 décembre 2006. J’y ai résumé le document de Richard Sipe, qui se terminait par cet appel respectueux et sincère au pape Benoît XVI: « J’approche Votre Sainteté avec respect, mais avec la même intensité qui a poussé Pierre Damien à présenter devant votre prédécesseur, le pape Léon IX, une description de la situation du clergé à son époque. Les problèmes dont il parlait sont similaires et aussi importants aux États-Unis qu’ils étaient à l’époque à Rome. Si Votre Sainteté le demande, je vous soumettrai personnellement une documentation à ce sujet. »

Je terminais ma note en répétant à mes supérieurs que je pensais qu’il était nécessaire d’intervenir le plus tôt possible, en retirant le chapeau du cardinal au cardinal McCarrick, et qu’il devait être soumis aux sanctions établies par le Code de droit canonique, qui prévoit également la réduction à l’état laïc.

Cette seconde note n’a jamais été retournée au Bureau du personnel et mes supérieurs m’ont consterné pour l’absence inconcevable de mesures contre le cardinal et pour le manque de communication avec moi depuis ma première note en décembre 2006. .

Mais, finalement, j’ai appris avec certitude, par l’intermédiaire du cardinal Giovanni Battista Re, alors préfet de la Congrégation pour les évêques, que la déclaration courageuse et méritoire de Richard Sipe avait obtenu le résultat souhaité. Le pape Benoît XVI avait imposé au cardinal McCarrick des sanctions similaires à celles que lui impose aujourd’hui le pape François: le cardinal devait quitter le séminaire où il vivait, il lui était interdit de célébrer la messe en public, de participer à des réunions publiques, de donner des conférences, de voyager, avec l’obligation de se consacrer à une vie de prière et de pénitence.

Je ne sais pas quand le pape Benoît XVI a pris ces mesures contre McCarrick, que ce soit en 2009 ou 2010, car entre-temps j’avais été muté au gouvernorat de la Cité du Vatican, tout comme je ne sais pas qui était responsable de cet incroyable retard. Je ne crois certainement pas que ce soit le pape Benoît XVI qui, comme cardinal, avait dénoncé à plusieurs reprises la corruption dans l’Église et dans les premiers mois de son pontificat, s’était fermement opposé à l’admission au séminaire de jeunes hommes aux tendances homosexuelles profondes. Je crois que c’était dû au premier collaborateur du pape à l’époque, le cardinal Tarcisio Bertone, qui était notoirement favorable à la promotion des homosexuels à des postes de responsabilité et était habitué à gérer les informations qu’il pensait appropriées à transmettre au pape.

En tout cas, ce qui est certain, c’est que le pape Benoît XVI a imposé les sanctions canoniques susmentionnées à McCarrick et qu’elles lui ont été communiquées par le nonce apostolique aux États-Unis, Pietro Sambi. Mgr Jean-François Lantheaume, alors premier conseiller de la nonciature à Washington et chargé d’affaires après la mort inattendue du nonce Sambi à Baltimore, m’a parlé, lorsque je suis arrivé à Washington – et il est prêt à en témoigner –,d’une conversation orageuse qui a duré plus d’une heure entre le nonce Sambi et le cardinal McCarrick convoqué à la nonciature. Monseigneur Lantheaume m’a dit que “la voix du nonce pouvait être entendue dans tout le couloir”.

Les mêmes dispositions du pape Benoît me furent également communiquées par le nouveau préfet de la Congrégation pour les évêques, le cardinal Marc Ouellet, en novembre 2011, lors d’une conversation avant mon départ pour Washington, et figurèrent parmi les instructions de la même Congrégation au nouveau Nonce.

À mon tour, je les ai répétées au cardinal McCarrick lors de ma première rencontre avec lui à la nonciature. Le cardinal, marmonnant d’une manière à peine compréhensible, a admis qu’il avait peut-être commis l’erreur de dormir dans le même lit avec des séminaristes dans sa maison au bord de la plage, mais il a dit cela comme si cela n’avait aucune importance.

Les fidèles se demandent avec insistance comment il a été possible de le nommer à Washington et de le créer cardinal, et ils ont parfaitement le droit de savoir qui savait et qui a dissimulé ses graves méfaits. Il est donc de mon devoir de révéler ce que j’en sais, à commencer par la Curie romaine.

Le cardinal Angelo Sodano était secrétaire d’État jusqu’en septembre 2006: toutes les informations lui ont été communiquées. En novembre 2000, le nonce Montalvo lui envoya son rapport, lui transmettant la lettre susmentionnée du père Boniface Ramsey dans laquelle celui-ci dénonçait les graves exactions commises par McCarrick.

On sait que Sodano a tenté de dissimuler le scandale du père Maciel jusqu’à la fin. Il a même renvoyé le nonce à Mexico, Justo Mullor, qui refusait de se rendre complice de son projet de couvrir Maciel, et a nommé à sa place Sandri, alors nonce au Venezuela, qui était prêt à collaborer à la dissimulation. Sodano est même allé jusqu’à faire une déclaration au bureau de presse du Vatican dans laquelle un mensonge était affirmé, à savoir que le pape Benoît avait décidé que l’affaire Maciel devrait être considérée comme close. Benoît XVI a réagi, malgré la vigoureuse défense de Sodano, et Maciel a été reconnu coupable et irrévocablement condamné.

La nomination de McCarrick à Washington et comme cardinal était-elle l’œuvre de Sodano, alors que Jean-Paul II était déjà très malade? Nous ne pouvons pas le savoir. Cependant, il est légitime de le penser, mais je ne crois pas qu’il était le seul responsable. McCarrick se rendait fréquemment à Rome et se faisait des amis partout, à tous les niveaux de la curie. Si Sodano avait protégé Maciel, comme il semble certain, il n’y a aucune raison qu’il ne l’ait pas fait pour McCarrick, qui selon beaucoup avait les moyens financiers d’influencer les décisions. Le préfet de la Congrégation pour les évêques, le cardinal Giovanni Battista Re, s’est opposé à sa nomination à Washington. À la nonciature de Washington, il y a une note, écrite de sa main, dans laquelle Cardinal Re se dissocie de la nomination et déclare que McCarrick était 14ème sur la liste pour Washington.

Le rapport du nonce Sambi, avec toutes les pièces jointes, a été envoyé au cardinal Tarcisio Bertone, en tant que secrétaire d’État. Mes deux notes susmentionnées du 6 décembre 2006 et du 25 mai 2008 lui ont probablement été remises par le Substitut. Comme déjà mentionné, le cardinal n’a eu aucune difficulté à présenter avec insistance des candidats à l’épiscopat connus pour être des homosexuels actifs – je ne cite que le cas bien connu de Vincenzo de Mauro, qui a été nommé archevêque de Vigevano et déplacé parce qu’il choquait ses séminaristes –, en filtrant et manipulant les informations qu’il transmettait au pape Benoît.

Le cardinal Pietro Parolin, l’actuel secrétaire d’État, s’est également rendu complice de la dissimulation des méfaits de McCarrick qui, après l’élection du pape François, s’était vanté ouvertement de ses voyages et de ses missions dans divers continents. En avril 2014, le Washington Timesa publié en première page un reportage sur le voyage de McCarrick en République centrafricaine et au nom du Département d’État – pas moins ! En tant que nonce à Washington, j’ai écrit au cardinal Parolin pour lui demander si les sanctions imposées à McCarrick par le pape Benoît étaient toujours valables. Il va sans dire que ma lettre n’a jamais reçu de réponse !

On peut dire la même chose du cardinal William Levada, ancien préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, des cardinaux Marc Ouellet, préfet de la Congrégation des évêques, Lorenzo Baldisseri, ancien secrétaire de la même Congrégation pour les évêques, et de l’archevêque Ilson de Jesus Montanari, actuel secrétaire de la même Congrégation. Ils étaient tous au courant par leurs fonctions des sanctions imposées par le pape Benoît XVI à McCarrick.
Les cardinaux Leonardo Sandri, Fernando Filoni et Angelo Becciu, en tant que Substitut de la Secrétairerie d’État, connaissaient dans tous les détails la situation concernant le cardinal McCarrick.

Les cardinaux Giovanni Lajolo et Dominique Mamberti n’ont pas pu non plus ne pas le savoir. En tant que secrétaires pour les relations avec les États, ils participaient plusieurs fois par semaine à des réunions avec le secrétaire d’État.
En ce qui concerne la curie romaine, je vais m’arrêter ici pour le moment, même si les noms d’autres prélats du Vatican sont bien connus, y compris très proches du pape François, tels que le cardinal Francesco Coccopalmerio et l’archevêque Vincenzo Paglia, qui appartiennent au courant homosexuel en faveur de la subversion de la doctrine catholique sur l’homosexualité, un courant déjà dénoncé en 1986 par le cardinal Joseph Ratzinger, alors préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, dans sa Lettre aux évêques de l’Église catholique sur la pastorale des personnes homosexuelles. Les cardinaux Edwin Frederick O’Brien et Renato Raffaele Martino appartiennent également au même courant, mais avec une idéologie différente. D’autres membres de ce courant résident même à la maison Sainte Marthe.

Passons aux États-Unis. De toute évidence, le premier à avoir été informé des mesures prises par le pape Benoît était le successeur de McCarrick à Washington, le cardinal Donald Wuerl, dont la situation est maintenant complètement compromise par les récentes révélations concernant son comportement comme évêque de Pittsburgh.

Il est absolument impensable que le nonce Sambi, qui était une personne extrêmement responsable, loyale, directe et explicite dans sa façon d’être (un vrai fils de Romagne) ne lui en ait pas parlé. En tout cas, j’ai moi-même évoqué le sujet avec le cardinal Wuerl à plusieurs reprises et je n’avais certainement pas besoin d’entrer dans les détails, car il était clair pour moi qu’il en était parfaitement conscient. Je me souviens en particulier du fait que j’ai dû attirer son attention car je me suis rendu compte que dans une publication archidiocésaine, avec couverture en couleur, il y avait une annonce invitant des jeunes gens qui pensaient avoir une vocation au sacerdoce pour une rencontre avec le cardinal McCarrick. J’ai immédiatement téléphoné au cardinal Wuerl, qui m’a exprimé sa surprise en me disant qu’il ne savait rien de cette annonce et qu’il allait l’annuler. Si, comme il continue à le dire, il ne savait rien des abus commis par McCarrick et des mesures prises par le pape Benoît XVI, comment expliquer sa réponse?

Ses récentes déclarations selon lesquelles il n’en savait rien, même s’il a tout d’abord fait allusion à l’indemnisation des deux victimes, sont tout à fait risibles. Le cardinal ment sans vergogne et persuade son chancelier, Mgr Antonicelli, de mentir également.

Le cardinal Wuerl a aussi clairement menti à une autre occasion. À la suite d’un événement moralement inacceptable autorisé par les autorités universitaires de l’Université de Georgetown, j’avais attiré l’attention de son président, le Dr John DeGioia, sur cet événement en lui envoyant deux lettres. Avant de les transmettre au destinataire, de manière à gérer les choses correctement, j’en ai personnellement remis une copie au cardinal avec une lettre d’accompagnement que j’avais écrite. Le cardinal m’a dit qu’il n’en savait rien. Cependant, il n’a pas accusé réception de mes deux lettres, contrairement à ce qu’il faisait habituellement. J’ai appris par la suite que l’événement de Georgetown avait eu lieu pendant sept ans. Mais le cardinal n’en savait rien!

Le cardinal Wuerl, bien conscient des abus constants commis par le cardinal McCarrick et des sanctions que le pape Benoît XVI lui a infligées, en transgressant l’ordre du pape, lui a également permis de résider dans un séminaire à Washington. En le faisant, il a mis d’autres séminaristes en danger.

Mgr Paul Bootkoski, émérite de Metuchen, et Mgr John Myers, archevêque émérite de Newark, ont dissimulé les exactions commises par McCarrick dans leurs diocèses respectifs et indemnisé deux de ses victimes. Ils ne peuvent pas le nier et ils doivent être interrogés afin de révéler toutes les circonstances et toutes les responsabilités en la matière.

Le cardinal Kevin Farrell, récemment interviewé par les médias, a également déclaré qu’il n’avait pas la moindre idée des abus commis par McCarrick. Compte tenu de son mandat à Washington, Dallas et maintenant à Rome, je pense que personne ne peut honnêtement le croire. Je ne sais pas s’il lui a jamais été demandé s’il connaissait les crimes de Maciel. S’il devait le nier, quelqu’un le croirait-il, puisqu’il occupait des postes de responsabilité en tant que membre des Légionnaires du Christ?

En ce qui concerne le cardinal Sean O’Malley, je dirais simplement que ses dernières déclarations sur l’affaire McCarrick sont déconcertantes et ont totalement occulté sa transparence et sa crédibilité.

Ma conscience exige aussi que je révèle des faits que j’ai personnellement vécus, concernant le pape François, qui ont une signification dramatique, sur lesquels, en tant qu’évêque, partageant la responsabilité collégiale de tous les évêques sur l’Église universelle, je ne peux pas rester silencieux et que je présente ici, prêt à les réaffirmer sous serment en invoquant Dieu comme mon témoin.

Dans les derniers mois de son pontificat, le pape Benoît XVI avait convoqué une réunion de tous les nonces apostoliques à Rome, comme Paul VI et saint Jean-Paul II l’avaient fait à plusieurs reprises. La date fixée pour l’audience avec le pape était le vendredi 21 juin 2013. Le pape François a maintenu cet engagement pris par son prédécesseur. Bien sûr, je suis aussi venu à Rome de Washington. C’était ma première rencontre avec le nouveau pape, élu trois mois auparavant, après la démission du pape Benoît XVI.

Dans la matinée du jeudi 20 juin 2013, je suis allé à la maison Sainte Marthe pour rejoindre mes collègues qui y séjournaient. Dès que je suis entré dans la salle, j’ai rencontré le cardinal McCarrick, qui portait la soutane rouge. Je l’ai salué avec respect comme je l’avais toujours fait. Il me dit aussitôt, d’un ton situé quelque part entre l’ambiguë et le triomphal: « Le Pape m’a reçu hier, demain je vais en Chine. »

À l’époque, je ne savais rien de sa longue amitié avec le cardinal Bergoglio et du rôle important qu’il avait joué dans sa récente élection, comme le révélerait plus tard McCarrick lui-même lors d’une conférence à l’université Villanova et dans une interview avec le National Catholic Reporter. Je n’avais jamais non plus pensé au fait qu’il avait participé aux réunions préliminaires du dernier conclave et au rôle qu’il avait pu jouer en tant qu’électeur lors du conclave de 2005. Par conséquent, je n’ai pas immédiatement compris la signification du message crypté que McCarrick m’avait communiqué, mais cela deviendrait clair pour moi dans les jours qui devaient suivre.

Le lendemain, l’audience avec le pape François a eu lieu. Après son discours en partie lu et en partie improvisé, le pape a souhaité saluer un par un tous les nonces. En file indienne, je me souviens que j’étais parmi les derniers. Lorsque vint mon tour, j’ai juste eu le temps de lui dire: «Je suis le nonce aux États-Unis.» Il m’assaillit aussitôt d’un ton de reproche avec ces mots : « Les évêques des Etats-Unis ne doivent pas être idéologisés! Ils doivent être des pasteurs! »Bien sûr, je n’étais pas en mesure de demander des explications sur le sens de ses paroles et la manière agressive dont il m’avait critiqué. J’avais en main un livre en portugais que le cardinal O’Malley m’avait envoyé quelques jours plus tôt pour le pape, me disant « pour qu’il puisse revoir son portugais avant d’aller à Rio pour les Journées Mondiales de la Jeunesse ». Je lui ai remis immédiatement, et me suis ainsi libéré de cette situation extrêmement déconcertante et embarrassante.

À la fin de l’audience, le pape a annoncé: « Ceux d’entre vous qui sont encore à Rome dimanche prochain sont invités à concélébrer avec moi à la maison Sainte Marthe. » J’ai naturellement pensé à rester pour clarifier aussi vite que possible ce que le Pape avait voulu me dire.

Le dimanche 23 juin, avant la concélébration avec le Pape, j’ai demandé à Monseigneur Ricca, qui, comme responsable de la maison, nous aidait à mettre nos vêtements, s’il pouvait demander au Pape de me recevoir la semaine suivante. Comment aurais-je pu retourner à Washington sans avoir clarifié ce que le pape voulait de moi? A la fin de la messe, alors que le pape saluait les quelques laïcs présents, Mgr Fabian Pedacchio, son secrétaire argentin, est venu me dire: « Le Pape m’a chargé de vous demander si vous étiez libre maintenant! » J’étais à la disposition du Pape et je l’ai remercié de m’avoir reçu immédiatement. Le Pape m’a emmené au premier étage de son appartement et a déclaré: « Nous avons 40 minutes avant l’Angélus. »

J’ai commencé la conversation en demandant au pape ce qu’il avait l’intention de me dire avec les mots qu’il m’avait adressés lorsque je l’ai salué le vendredi précédent. Et le Pape, d’un ton très différent, amical, presque affectueux, m’a dit: « Oui, les évêques aux États-Unis ne doivent pas être idéologisés ; ils ne doivent pas être de droite comme l’archevêque de Philadelphie (il n’a pas donné le nom de l’archevêque) ; ils doivent être des pasteurs ; et ils ne doivent pas être de gauche – et il a ajouté, levant les deux bras – et quand je dis de gauche, je veux dire homosexuel. » Bien sûr, la logique de la corrélation entre être de gauche et être homosexuel m’a échappé, mais je n’ai rien ajouté d’autre.

Immédiatement après, le Pape m’a demandé d’une manière trompeuse: «Comment est le cardinal McCarrick?» Je lui ai répondu avec une franchise totale et, si vous voulez, avec une grande naïveté: «Saint Père, je ne sais pas si vous connaissez le cardinal McCarrick, mais si vous demandez à la Congrégation pour les évêques, il existe un dossier épais comme ça sur lui. Il a corrompu des générations de séminaristes et de prêtres et le pape Benoît lui a ordonné de se retirer dans une vie de prière et de pénitence. » Le Pape n’a pas fait le moindre commentaire sur ces paroles très graves et son visage n’a manifesté aucune surprise, comme s’il connaissait déjà l’affaire depuis quelque temps, et il a immédiatement changé de sujet. Mais alors, quel était le but du pape en me posant cette question: « Comment est le cardinal McCarrick? » Il voulait clairement savoir si j’étais un allié de McCarrick ou non.

De retour à Washington, tout est devenu clair pour moi, grâce aussi à un nouvel événement survenu quelques jours seulement après ma rencontre avec le pape François. Lorsque le nouvel évêque Mark Seitz a pris possession du diocèse d’El Paso le 9 juillet 2013, j’ai envoyé le premier conseiller, Mgr Jean-François Lantheaume, alors que je me rendais à Dallas le même jour pour une réunion internationale sur la bioéthique. En rentrant, Monseigneur Lantheaume m’a dit qu’à El Paso, il avait rencontré le cardinal McCarrick qui, le prenant à part, lui avait dit presque les mêmes mots que le Pape m’avait dit à Rome: «Les évêques aux États-Unis ne doivent pas être idéologisés, ils ne doivent pas être de droite, ils doivent être des pasteurs… » J’étais stupéfait! Il était donc clair que les paroles de reproche que le pape François m’avait adressées le 21 juin 2013 lui avaient été mises dans la bouche la veille par le cardinal McCarrick. La mention du Pape « pas comme l’archevêque de Philadelphie » pouvait être attribuée à McCarrick, car il y avait eu un fort désaccord entre eux sur l’admission à la communion des politiciens en faveur de l’avortement. Dans sa communication aux évêques, McCarrick avait manipulé une lettre du cardinal Ratzinger qui interdisait de leur donner la communion. En effet, je savais aussi que certains cardinaux tels que Mahony, Levada et Wuerl étaient étroitement liés à McCarrick; ils s’étaient opposés aux nominations les plus récentes faites par le pape Benoît XVI pour des postes importants tels que Philadelphie, Baltimore, Denver et San Francisco.

Pas satisfait du piège qu’il m’avait tendu le 23 juin 2013, quand il m’avait interrogé sur McCarrick, le Pape François m’en tendit un second, quelques mois plus tard seulement, lors d’une audience qu’il m’accorda le 10 octobre 2013, cette fois concernant un autre de ses protégés, le cardinal Donald Wuerl. Il m’a demandé: «Comment est le cardinal Wuerl, est-il bon ou mauvais?» J’ai répondu: «Saint-Père, je ne vous dirai pas s’il est bon ou mauvais, mais je vous dirai deux faits. » Ce sont les deux faits que j’ai déjà mentionnés ci-dessus, concernant la négligence pastorale de Wuerl à propos des déviations aberrantes à l’Université de Georgetown et concernant l’invitation de l’archidiocèse de Washington aux jeunes aspirants à la prêtrise pour une réunion avec McCarrick! Une fois de plus, le Pape n’a montré aucune réaction.

Il était également clair que, depuis l’élection du pape François, McCarrick, désormais libre de toute contrainte, s’était senti libre de voyager continuellement pour donner des conférences et des interviews. Dans un effort conjoint avec le cardinal Rodriguez Maradiaga, il était devenu le faiseur de roi pour les nominations à la Curie et aux États-Unis, et le conseiller le plus écouté au Vatican pour les relations avec l’administration Obama. C’est ainsi que l’on explique qu’en tant que membres de la Congrégation pour les évêques, le pape a remplacé le cardinal Burke par Wuerl et a nommé Cupich, juste après l’avoir créé cardinal. Avec ces nominations, la nonciature à Washington était maintenant hors de vue dans la nomination des évêques. En outre, il a nommé le Brésilien Ilson de Jesus Montanari – le grand ami de son secrétaire privé argentin Fabian Pedacchio – comme secrétaire de la même Congrégation pour les évêques et secrétaire du Collège des cardinaux, le promouvant d’un seul coup de simple fonctionnaire de ce département à archevêque secrétaire. Une chose inouïe pour une position aussi importante!

Les nominations de Blase Cupich à Chicago et de Joseph W. Tobin à Newark ont été orchestrées par McCarrick, Maradiaga et Wuerl, unis par un pacte à propôs des abus pour le premier et et au moins par la dissimulation des abus pour les deux autres. Leurs noms ne figuraient pas parmi ceux présentés par la Nonciature pour Chicago et Newark.

En ce qui concerne Cupich, on ne peut que constater son arrogance ostentatoire et l’insolence avec laquelle il nie les preuves désormais évidentes: 80% des abus constatés ont été commis contre des jeunes adultes par des homosexuels en situation d’autorité sur leurs victimes.

Lors du discours qu’il a prononcé lors de sa prise de possession du siège de Chicago, où j’étais présent en tant que représentant du Pape, Cupich a plaisanté sur le fait qu’il ne fallait certainement pas s’attendre à ce que le nouvel archevêque marche sur l’eau. Il suffirait peut-être de lui permettre de rester les pieds sur terre et de ne pas essayer de renverser la réalité, aveuglé par son idéologie pro-gay, comme il l’a déclaré dans une récente interview dans America Magazine. Faisant valoir son expertise particulière en la matière, après avoir été président du Comité pour la protection des enfants et des jeunes de l’USCCB, il a affirmé que le principal problème de la crise des abus sexuels commis par le clergé n’est pas l’homosexualité et que l’affirmer est simplement un moyen de détourner l’attention du problème réel qu’est le cléricalisme. À l’appui de cette thèse, Cupich a «étrangement» fait référence aux résultats de recherches menées au plus fort de la crise des abus sexuels des mineurs au début des années 2000, alors qu’il a « candidement» ignoré que les résultats de cette enquête les rapports indépendants ultérieurs du John Jay College of Criminal Justiceen 2004 et 2011, qui ont conclu que, dans les cas d’abus sexuels, 81% des victimes étaient des hommes. En fait, le père Hans Zollner, SJ, vice-recteur de l’Université pontificale grégorienne, président du Centre pour la protection de l’enfance et membre de la Commission pontificale pour la protection des mineurs, a récemment déclaré au journal La Stampaque, « dans la plupart des cas, c’est une question de violence homosexuelle ».

La nomination de McElroy à San Diego a également été orchestrée par le cardinal Parolin, avec un ordre impératif chiffré qui m’était adressé en tant que nonce: «Réservez le siège de McElroy à San Diego. » McElroys était aussi bien conscient des abus de McCarrick, comme on peut le voir dans d’une lettre qui lui a été envoyée par Richard Sipe le 28 juillet 2016.

Ces personnages sont étroitement associés à des individus appartenant en particulier à l’aile déviante de la Compagnie de Jésus, malheureusement aujourd’hui majoritaire, ce qui préoccupait déjà Paul VI et les pontifes ultérieurs. Nous n’avons qu’à considérer le père Robert Drinan, S.J., qui a été élu quatre fois à la Chambre des représentants et qui était un fervent partisan de l’avortement; ou le père Vincent O’Keefe, S.J., l’un des principaux promoteurs de la déclarationThe Land O’Lakesde 1967, qui compromet gravement l’identité catholique des universités et des collegesdes États-Unis. Il convient de noter que McCarrick, alors président de l’Université catholique de Porto Rico, participait également à cette entreprise néfaste qui nuisait tant à la formation des consciences de la jeunesse américaine, étroitement associée à l’aile déviante des jésuites.

Le Père James Martin, SJ, acclamé par les personnes mentionnées ci-dessus, notamment Cupich, Tobin, Farrell et McElroy, nommé consulteur du Secrétariat aux Communications, activiste bien connu qui promeut l’agenda LGBT, choisi pour corrompre les jeunes qui vont prochainement se réunir à Dublin pour la Rencontre mondiale des familles, n’est qu’un triste exemple récent de cette aile déviée de la Compagnie de Jésus.

Le Pape François a demandé à plusieurs reprises une transparence totale dans l’Église et que les évêques et les fidèles agissent avec parrhesia(avec franchise). Les fidèles du monde entier l’exigent également de lui de manière exemplaire. Il doit honnêtement affirmer quand il a appris pour la première fois les crimes commis par McCarrick, qui a abusé de son autorité avec les séminaristes et les prêtres.

En tout cas, le Pape l’a appris de moi le 23 juin 2013 et a continué de couvrir McCarrick. Il n’a pas tenu compte des sanctions que le Pape Benoît lui avait infligées et a fait de lui un conseiller de confiance avec Maradiaga.

Ce dernier [Maradiaga] est tellement convaincu de la protection du pape qu’il se permet de rejeter comme «bavardage» les appels sincères de dizaines de ses séminaristes, qui ont eu le courage de lui écrire après que l’un d’eux ait tenté de se suicider à cause d’abus sexuels au séminaire.

Les fidèles ont maintenant bien compris la stratégie de Maradiaga: insulter les victimes pour se sauver, mentir jusqu’au bout pour couvrir un gouffre d’abus de pouvoir, de mauvaise gestion dans l’administration des biens de l’Église, et de catastrophes financières même contre des amis proches, comme dans le cas de l’ambassadeur du Honduras, Alejandro Valladares, ancien doyen du corps diplomatique près le Saint-Siège.

Dans l’affaire de l’ancien évêque auxiliaire Juan José Pineda, après l’article publié dans l’hebdomadaire italien Espressoen février dernier, Maradiaga a déclaré dans le journal Avvenire: «C’est mon évêque auxiliaire Pineda qui a demandé la visite, pour “laver” son nom après avoir été soumis à beaucoup de calomnie.

« Maintenant, en ce qui concerne Pineda, la seule chose qui a été rendue publique est que sa démission a simplement été acceptée, faisant disparaître toute responsabilité de Maradiaga.

Au nom de la transparence que le Pape a saluée, le rapport selon lequel le visiteur, l’évêque argentin Alcides Casaretto, a rendu il y a plus d’un an, seulement et directement au Pape, doit être rendu public.

Enfin, la récente nomination comme Substitut de l’archevêque Edgar Peña Parra est également liée au Honduras, c’est-à-dire à Maradiaga. De 2003 à 2007, Peña Parra a travaillé comme conseiller à la nonciature de Tegucigalpa. En tant que délégué aux représentations pontificales, j’ai reçu des informations inquiétantes à son sujet.

Au Honduras, un scandale aussi important que celui du Chili est sur le point de se répéter. Le Pape défend son homme, le cardinal Rodriguez Maradiaga, jusqu’au bout, comme il l’avait fait au Chili avec Mgr Juan de la Cruz Barros, qu’il avait lui-même nommé évêque d’Osorno contre l’avis des évêques chiliens. Il a d’abord insulté les victimes d’abus. Puis, seulement quand il a été contraint par les médias et par une révolte des victimes et des fidèles chiliens, il a reconnu son erreur et présenté des excuses, tout en déclarant qu’il avait été mal informé, causant une situation désastreuse pour l’Église chilienne, mais continuant à protéger les deux cardinaux chiliens Errazuriz et Ezzati.

Même dans l’affaire tragique de McCarrick, le comportement du Pape François n’était pas différent. Il savait depuis au moins le 23 juin 2013 que McCarrick était un prédateur en série. Bien qu’il sache qu’il était un homme corrompu, il le couvrit jusqu’au bout; en effet, il a fait siens les conseils de McCarrick, ce qui n’était certainement pas inspiré par de bonnes intentions ni par l’amour de l’Église. Ce n’est que lorsqu’il a été contraint par le signalement d’abus d’un mineur, toujours sur la base de l’attention des médias, qu’il a agi [à propos de McCarrick] pour sauver son image dans les médias.

Maintenant, aux États-Unis, un chœur de voix se lève surtout de la part des fidèles laïcs et a récemment été rejoint par plusieurs évêques et prêtres, demandant que tous ceux qui, par leur silence, ont dissimulé le comportement criminel de McCarrick, ou qui l’ont utilisé pour avancer dans leur carrière ou promouvoir leurs intentions, leurs ambitions et leur pouvoir dans l’Église, démissionnent.

Mais cela ne suffira pas à guérir la situation extrêmement immorale du clergé: évêques et prêtres. Un temps de conversion et de pénitence doit être proclamé. La vertu de chasteté doit être retrouvée dans le clergé et dans les séminaires. La corruption dans l’utilisation abusive des ressources de l’Église et des offrandes des fidèles doit être combattue. La gravité du comportement homosexuel doit être dénoncée. Les réseaux homosexuels présents dans l’Église doivent être éradiqués, comme l’a récemment écrit Janet Smith, professeur de théologie morale au grand séminaire du Sacré-Cœur de Detroit. « Le problème des abus du clergé, a-t-elle écrit, ne peut pas être résolu simplement par la démission de certains évêques, et encore moins par des directives bureaucratiques. Le problème le plus profond réside dans les réseaux homosexuels au sein du clergé qui doivent être éradiqués. » Ces réseaux homosexuels, désormais répandus dans de nombreux diocèses, séminaires, ordres religieux, etc., se cachent sous le secret et les mensonges, avec le pouvoir des tentacules de poulpes, et ils étranglent des victimes innocentes et des vocations sacerdotales, et étranglent l’Église tout entière.

J’implore tout le monde, en particulier les évêques, de prendre la parole pour faire échec à cette conspiration du silence si répandue et de signaler aux médias et aux autorités civiles les cas de violence dont ils ont connaissance.

Écoutons le message le plus puissant que saint Jean-Paul II nous ait laissé en héritage: N’ayez pas peur! N’ayez pas peur!

Dans son homélie de la fête de l’Épiphanie en 2008, le Pape Benoît nous a rappelé que le plan du salut du Père avait été pleinement révélé et réalisé dans le mystère de la mort et de la résurrection du Christ, mais qu’il doit être accueilli dans l’histoire humaine, qui est toujours une histoire de fidélité de la part de Dieu et malheureusement aussi d’infidélité de la part des hommes. L’Église, dépositaire de la bénédiction de la Nouvelle Alliance, signée dans le sang de l’Agneau, est sainte mais composée de pécheurs, comme l’écrivait saint Ambroise: l’Église est « immaculata ex maculatis ». Même si elle est sainte et sans tache, dans son voyage terrestre, elle est composée d’hommes souillés par le péché.

Je veux rappeler cette vérité indéfectible de la sainteté de l’Église aux nombreuses personnes qui ont été si profondément scandalisées par le comportement abominable et sacrilège de l’ancien archevêque de Washington, Theodore McCarrick; par la conduite grave, déconcertante et peccamineuse du Pape François et par la conspiration du silence de tant de pasteurs, et qui sont tentées d’abandonner l’Église, défigurée par tant d’ignominies. A l’Angelus du dimanche 12 août 2018, le Pape François a dit ces mots: « Tout le monde est coupable du bien qu’il aurait pu faire et n’a pas fait… Si nous ne nous opposons pas au mal, nous le nourrissons tacitement. Nous devons intervenir là où le mal se répand; car le mal se répand là où il manque des chrétiens audacieux pour s’opposer au mal par le bien. » Si cela doit être considéré à juste titre comme une responsabilité morale sérieuse pour chaque croyant, combien plus pour le pasteur suprême de l’Église qui, dans le cas de McCarrick, ne s’est pas opposé au mal, mais s’est associé pour faire le mal avec quelqu’un qu’il savait être profondément corrompu. Il a suivi les conseils de quelqu’un qu’il connaissait bien pour être un pervers, multipliant ainsi de manière exponentielle par son autorité suprême le mal fait par McCarrick. Et combien d’autres pasteurs diaboliques, François continue-t-il à soutenir dans leur destruction active de l’Église!

François abdique le mandat que Christ a donné à saint Pierre pour confirmer les frères. En effet, par son action, il les a divisés, les a amenés à l’erreur et a encouragé les loups à continuer de déchirer les brebis du troupeau du Christ.

En ce moment extrêmement dramatique pour l’Église universelle, il doit reconnaître ses erreurs et, conformément au principe proclamé de tolérance zéro, le Pape François doit être le premier à donner l’exemple aux cardinaux et aux évêques qui ont dissimulé les abus de McCarrick, et démissionner avec eux.
Même dans la consternation et la tristesse face à l’énormité de ce qui se passe, ne perdons pas espoir! Nous savons bien que la grande majorité de nos pasteurs vivent leur vocation sacerdotale avec fidélité et dévouement.

C’est dans les moments de grande épreuve que la grâce du Seigneur est révélée en abondance et rend sa miséricorde sans limite accessible à tous; mais cela n’est accordé qu’à ceux qui se repentent sincèrement et proposent sincèrement de modifier leur vie. C’est un moment favorable pour que l’Église confesse ses péchés, se convertisse et fasse pénitence.

Prions tous pour l’Église et pour le Pape. Rappelons-nous combien de fois il nous a demandé de prier pour lui!

Renouvelons notre foi dans l’Église notre Mère: « Je crois en une Église sainte, catholique et apostolique! »

Le Christ n’abandonnera jamais son Église! Il l’a engendrée par Son Sang et la ranime continuellement par Son Esprit!

Marie, Mère de l’Église, priez pour nous!

Marie, Vierge et Reine, Mère du Roi de gloire, priez pour nous!

Rome, le 22 août 2018, en la fête du couronnement de la Très Sainte Vierge Marie.

Mgr Carlo Maria Viganò


[1] Toutes les notes, lettres et autres documents auxquels je me réfère ici sont disponibles à la Secrétairerie d’État du Saint-Siège ou à la nonciature apostolique à Washington, DC.

- - -
Notes de La Porte Latine

(1) Version intégrale en anglais du témoignage de Mgr Vigano : http://laportelatine.org/vatican/sanctions_indults_discussions/029_11_07_2018/25_08_2018_temoignage_mgr_vigano_anglais.pdf
(2)Version intégrale en espagnol du témoignage de Mgr Vigano : http://laportelatine.org/vatican/sanctions_indults_discussions/029_11_07_2018/25_08_2018_temoignage_mgr_vigano_espagnol.pdf
(3) Version intégrale en italien du témoignage de Mgr Vigano : http://laportelatine.org/vatican/sanctions_indults_discussions/029_11_07_2018/25_08_2018_temoignage_mgr_vigano_italien.pdf
(4) Mgr Carlo Maria Viganò, Archevêque titulaire d'Ulpiana, Nonce apostolique : https://www.riposte-catholique.fr/riposte-catholique-blog/un-temoignage-de-premiere-importance-sur-laffaire-mccarrick

Sources : https://www.riposte-catholique.fr/riposte-catholique-blog/un-temoignage-de-premiere-importance-sur-laffaire-mccarrick
& http://laportelatine.org/vatican/sanctions_indults_discussions/029_11_07_2018/25_08_2018_temoignage_mgr_vigano_vs_francois.php
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Re: L'AFFAIRE VIGANO

Message par Gilbert Chevalier le Jeu 6 Sep - 17:37

2- Valli rencontre Viganò : témoignage émouvant

Les confidences de Mgr Vigano à AM Valli


("Benoît-et-moi", le 27/8/2018, version corrigée le 28/8/2018)


Il était parmi les blogueurs auxquels l'ex-nonce au Vatican a confié le texte du rapport qui ébranle le monde catholique. Le vaticaniste raconte leur rencontre, les circonstances de la remise du document, ses réserves, ses hésitations, et finalement son adhésion. Un document exceptionnel

Précision importante : Ce que je n'avais pas compris, lorsque j'ai traduit l'article de Marco Tosatti ( http://benoit-et-moi.fr/2018/actualite/mccarrick-le-pape-savait-des-le-debut.html ) et celui d'Aldo Maria Valli ( http://benoit-et-moi.fr/2018/actualite/rapport-vigano-le-pape-doit-demissionner.html ), c'est que le mémoire avait été remis à plusieurs personnes: en Italie, à Marco Tosatti et à Aldo Maria Valli - et il a été publié en avant-première par La Verità (les sept premières pages de l'édition d'hier, avec le titre d'ouverture "Le Pape connaissait les abus sexuels du cardinal gay mais il les a couverts"); dans la sphère anglophone, il a été publié dans le National Catholic Register, dans Life Site News et sur le réseau Ewtn. Dans la zone hispanique, il a été publié par Infocatolica, dans la zone francophone par L'homme nouveau et Riposte Catholique. ( https://www.rossoporpora.org/rubriche/vaticano/803-bergoglio-vigano-troppo-comodo-il-fate-voi-il-vostro-giudizio.html ).

En plus de son intérêt "historique", le témoignage d'Aldo Maria Valli est une réponse, au moins partielle, à ceux qui, pour contester les révélations du rapport, faute d'arguments, discréditent son auteur. Valli se dit prêt à donner la parole dans son blogue à d'éventuels contradicteurs. Nous verrons bien s'ils se manifestent.

Les caractères gras sont de moi.




Comment Mgr Vigano m'a donné son mémoire

Aldo Maria Valli
https://www.aldomariavalli.it/2018/08/27/cosi-monsignor-vigano-mi-ha-dato-il-suo-memoriale-ed-ecco-perche-ho-deciso-di-pubblicarlo/
27 août 2018
Ma traduction


* * *


"Dottore, j'aurais besoin de vous voir".

Le ton de la voix est tranquille, mais je perçois une note d'appréhension. Au téléphone, il y a Mgr Carlo Maria Viganò, l'ex-nonce aux États-Unis.

Je ne cache pas ma surprise. Nous nous sommes rencontrés quelques fois, lors de congrès publiques, mais nous ne pouvons pas dire que nous nous connaissons.

Il m'explique qu'il est un lecteur assidu de mon blogue, appréciant mon courage et ma clarté, parfois combinés à l'ironie. Je le remercie et je lui demande: mais pourquoi nous voir?

La réponse est qu'il ne peut pas le dire au téléphone.

D'accord, alors voyons-nous, mais où?

Naïvement, je propose ma rédaction, ou le petit bar à quelques mètres, qui est ma rédaction bis.

"Non, non, au nom du ciel. Aussi loin que possible du Vatican, loin des regards indiscrets".

Par nature je ne suis pas complotiste, mais je perçois que le monsignore est sérieusement inquiet.

"Alors, chez moi? Pour dîner? Je vous préviens qu'il y aura ma femme et certaines de mes filles".

"C'est très bien, chez vous".

"Dois-je venir vous chercher?"

"Non, non, je viens avec ma voiture".

Et il est venu.

Quand l'archevêque arrive, par une tiède soirée d'été, je vois un homme plus âgé que dans mon souvenir. Il sourit, mais on comprend immédiatement que quelque chose l'oppresse. Il a un poids sur le cœur.

Pour apaiser la tension, après les présentations de ma femme et de mes filles, et après qu'il ait béni la table, nous plaisantons sur nos racines lombardes communes (il est de Varèse, nous de Rho). Le monsignore est arrivé à l'heure prévue, à la minute près: à Rome, c'est très rare.

Puis Viganò entre immédiatement dans le vif du sujet. Il s'inquiète pour l’Église, il craint qu'à son sommet il y ait des gens qui travaillent non pas pour apporter l’Évangile de Jésus aux hommes et aux femmes de notre temps, mais pour apporter la confusion et céder à la logique du monde. Puis il commence à raconter sa longue expérience à la Secrétairerie d’État, à la tête du Gouvernorat de la Cité du Vatican et en tant que nonce, au Nigéria et aux États-Unis. Il cite de nombreux noms et mentionne de nombreuses circonstances. Pour ma femme et mes filles, il n'est pas facile de le suivre. Moi-même, bien que je sois vaticaniste depuis plus de vingt ans, j'ai parfois du mal à m'y retrouver. Mais nous ne l'interrompons pas parce que nous comprenons qu'il a besoin de parler. Il donne l'impression d'être un homme solitaire et triste à cause de ce qu'il voit autour de lui, mais pas aigri. Dans ses paroles, il n'y a jamais un mot méchant sur les nombreuses personnes qu'il mentionne. Les faits sont éloquents. Parfois, il sourit et me regarde, comme pour dire : "Que devrions-nous faire? Peut-on en sortir?"

Il me dit qu'il m'a appelé parce que, bien que ne me connaissant pas personnellement, il m'estime, surtout pour le courage et la liberté dont j'ai fait preuve. Il ajoute que mon blogue est aussi lu et apprécié dans les "palais sacrés", bien que tout le monde ne puisse pas le dire ouvertement.

Je lui demande de me parler de son expérience au Gouvernorat et il nous raconte comment il a réussi à faire économiser beaucoup d'argent aux coffres du Vatican en appliquant les règles et en mettant de l'ordre dans les comptes.

Je commente: "Eh bien, Monseigneur, après ce ménage, vous ne vous serez certainement pas fait des amis!" Il sourit de nouveau et dit : "Je le sais! Mais si je ne l'avais pas fait, je n'aurais pas de respect pour moi-même".

C'est un homme qui a un sens profond du devoir. C'est du moins ce qui nous semble. En quelques minutes, le courant passe entre nous.

Ma femme, catéchiste dans la paroisse, et mes filles sont littéralement sans voix devant certaines histoires. Je dis toujours, en plaisantant, mais pas vraiment, que les bons catholiques ne devraient pas savoir comment les choses fonctionnent dans la haute hiérarchie, et ce soir, j'en ai la confirmation. Cependant, je ne regrette pas d'avoir invité l'archevêque à la maison. Je crois que le témoignage douloureux de cet homme, de ce vieux serviteur de l'Église, nous dit quelque chose d'important. Quelque chose qui, malgré la douleur et l'égarement, peut aider notre vie de foi.

Le monsignore dit : "J'ai soixante-dix-sept ans, je suis à la fin de ma vie. Le jugement des hommes ne m'intéresse pas. Le seul jugement qui compte est celui du bon Dieu. Lui me demandera ce que j'ai fait pour l'Église du Christ et je veux pouvoir lui répondre que je l'ai défendu et servi jusqu'au bout".

La soirée se passe ainsi. Nous avons le sentiment que son excellence n'a même pas réalisé ce qu'il avait dans son assiette. Entre une bouchée et une autre, il n'a jamais cessé de parler.

Quand je le raccompagne à sa voiture, je me demande: mais, à la fin, pourquoi voulait-il me voir? Par respect et par manque de confiance, je ne lui pose pas la question, mais, avant de partir, il me dit : "Merci, nous nous reverrons. Ne m'appelez pas. Je vous contacterai". Et il monte dans la voiture.

Je suis journaliste et donc, dans ces cas, la première impulsion est de me mettre sur l'ordinateur et d'écrire tout ce qu'il m'a dit, mais je me retiens. Le monsignore ne m'a pas interdit d'écrire. Et même, il ne m'a rien dit à ce sujet. Cependant, il est indubitable qu'il m'a fait quelques révélations.

Je comprends donc que la rencontre était une sorte de test. L'archevêque voulait voir s'il pouvait me faire confiance.

Plus d'un mois passe et il me rappelle. La requête est la même que l'autre fois: "Pouvons-nous nous voir?"

"Bien sûr. On se voit de nouveau chez moi?. Mais je vous préviens qu'il y aura une fille de plus, l'aînée, et il y aura aussi ses deux enfants, nos petits-enfants".

"Ça n'a pas d'importance", dit Viganò. "L'important, c'est qu'à un moment donné, nous ayons tous les deux un espace pour parler.

C'est ainsi que son excellence l'ex-nonce aux États-Unis revient nous rendre visite. Et cette fois, c'est un peu moins tendu. Il est heureux d'être avec cette grande famille un peu bruyante. A un moment donné, son téléphone portable sonne. Un appel vidéo en provenance des États-Unis. C'est sa nièce: "Oh pardon mon oncle, je ne voulais pas déranger!" Viganò sourit amusé et avec son téléphone portable, il lui montre toute l'assemblée, y compris les petits-enfants. "Quelle bonne compagnie", dit sa nièce. Puis, s'adressant à moi: "Je profite de cette occasion pour vous dire que je vous tiens en haute estime".

La tension retombe. Notre petit-fils de trois ans tourne autour du monsignore et l'appelle Carlo Maria. Viganò est amusé et il semble que pendant quelques instants il ait oublié ses soucis.

Mais de nouveau, après la bénédiction de la table, l'archevêque est une rivière en pleine crue. Beaucoup d'histoires, beaucoup de circonstances, beaucoup de noms. Mais cette fois, il se concentre davantage sur les années américaines. Il cite l'affaire McCarrick, l'ancien cardinal reconnu coupable d'abus très graves, et indique clairement que tout le monde savait, aux États-Unis et au Vatican, depuis longtemps, depuis des années. Pourtant, ils ont tous couvert.

Je demande: "Vraiment tous?"

Avec un signe de la tête, l'archevêque répond "oui: vraiment tous".


J'aimerais poser d'autres questions, mais il n'est pas facile de s'insérer dans le flux ininterrompu des dates, des nouvelles, des rencontres, des noms.

Le pire, c'est que le Pape François, selon Viganò, savait aussi. Et pourtant, il a laissé McCarrick se déplacer en toute tranquillité, faisant fi des interdictions qui lui avaient été imposées par Benoît XVI. François savait au moins à partir de mars 2013, quand Viganò lui-même, répondant à une question du pape lors d'une rencontre en tête-à-tête, lui a dit qu'il y avait un dossier substantiel sur McCarrick au Vatican et qu'il n'y avait qu'à le lire.

Par rapport à notre précédente rencontre, il y a la nouveauté dans les résultats de l'enquête du Grand Jury de Pennsylvanie, et Viganò confirme que le tableau est correct. Les abus sexuels constituent un phénomène plus répandu qu'on ne peut l'imaginer, et il n'est pas juste de parler de pédophilie, parce que dans la grande majorité des cas, il s'agit de clercs homosexuels qui traquent les adolescents de sexe masculin. Il est plus correct, dit le monsignore, de parler le cas échéant d'éphébophilie. Mais le fait est que le réseau de complicité, de silence, de dissimulation et de faveurs mutuelles s'étend au-delà des mots et implique tous les dirigeants, tant en Amérique qu'à Rome.

Une fois de plus, nous restons abasourdis. A cause de mon travail, nous avions eu l'intuitition de quelque chose, mais pour des catholiques comme nous, nés et élevés dans le sein de la Mère Église, il est vraiment difficile d'avaler un tel morceau.

Ma question est donc la plus naïve possible: pourquoi ?

Et la réponse du monsignore nous glace le sang: "Parce que ces fissures dont parlait Paul VI, par lesquelles la fumée de Satan se serait glissée dans la maison de Dieu, sont devenues des goufres. Le diable travaille en grand. Et ne pas l'admettre, ou détourner le regard, serait notre plus grand péché".

Je me rends compte qu'il n'y a pas eu ce moment en tête-tête, auquel le monsignore tenait tant. Il a parlé devant tout le monde. Je lui demande s'il veut que lui et moi allions dans une autre pièce, sans femme, filles et petits-enfants, mais il dit non, c'est bien comme ça. On comprend qu'il se sent bien. Pour nous, c'est un peu comme écouter un grand-père qui nous raconte des histoires sur des mondes lointains, et nous aimerions qu'il dise à un moment donné que ce n'est que de la fiction. Au lieu de cela, le monde dont il parle est le nôtre. C'est notre Église. Ce sont nos pasteurs suprêmes.

Reste la question de fond: pourquoi le monsignore nous raconte-t-il tout cela? Qu'est-ce qu'il veut de moi?

Cette fois, je le lui demande et la réponse est qu'il a écrit un mémoire dans lequel il y a toutes les circonstances dont il nous a parlé. Y compris la rencontre du 23 juin 2013 avec le pape, quand lui, Viganò, informe François du dossier sur McCarrick.
Et donc?

"Donc - me dit-il - si vous me le permettez, je vous ferai parvenir mon mémoire, qui montre que le pape savait et n'a pas agi. Et puis, après l'avoir évalué, vous déciderez de le publier ou non dans votre blogue, qui est tellement suivi. Je veux qu'on sache. Je ne le fais pas d'un cœur léger, mais je pense que c'est le seul moyen qui reste de tenter un tournant, une conversion authentique".

"Je comprends. Le donnerez-vous seulement à moi ?"

"Non. Je le donnerai à un autre blogueur italien, un Anglais, un Américain et un Canadien. Il y aura des traductions en anglais et en espagnol.

Cette fois encore, le monsignore ne me demande pas la confidentialité. Je comprends qu'il a confiance.

Nous convenons donc qu'à sa demande, nous nous reverrons et il me donnera le mémoire.

Quelques jours plus tard, en effet, il me rappelle et nous nous mettons d'accord. Je ne peux pas dire où nous nous sommes vus parce que j'ai donné ma parole.

Le monsignore se présente avec des lunettes de soleil et une casquette de baseball.

Il demande que ma première lecture du document se fasse devant lui, et il dit : "si quelque chose ne vous convainc pas, nous pouvons en discuter immédiatement".

Je lis tout. Il s'agit d'un document de onze pages. Il s'étonne de ma rapidité et me regarde : "Alors ?"

Je dis : "C'est fort. Circonstancié. Bien écrit. Un tableau dramatique".

Il demande : "Allez-vous le publier?"

"Monseigneur, vous réalisez que c'est une bombe? Que devons-nous faire?"

"Je vous le confie. Réfléchissez-y".

"Monseigneur, vous savez ce qu'ils diront? Que vous voulez vous venger. Que vous êtes rongé par la rancœur d'avoir été éloigné du gouvernorat, et d'autres histoires. Que c'est vous le corbeau qui avez fait sortir les documents des Vatileaks. Ils diront que vous êtes un instable, en plus d'être un conservateur de la pire espèce".

"Je sais, je sais. Mais peu m'importe. La seule chose qui m'importe est d'amener la vérité à la surface pour que puisse commencer une purification. Au point où nous en sommes, il n'y a pas d'autre solution".

Je ne suis pas anxieux. Au fond de moi, j'ai déjà pris la décision de publier, parce que je sens que je peux faire confiance à cet homme. Mais je me demande : "Quel effet cela aura-t-il sur les âmes les plus simples? Sur les bons catholiques? Ne risque-t-on pas de faire plus de mal que de bien?"

Je me rends compte que j'ai formulé la question à haute voix et le monsignore répond : "Réfléchissez-y. Évaluez calmement".

Nous nous serrons la main. Il enlève ses lunettes noires et nous nous regardons droit dans les yeux.

Le fait qu'il ne me force pas, qu'il ne semble pas impatient de me voir tout publier, me pousse à lui faire encore plus confiance. Est-ce une manœuvre de sa part? Est-il en train de me manipuler?

A la maison, j'en parle avec Serena et les filles. Pour moi, leurs conseils sont toujours très importants. Que faire?

Ce sont des jours d'interrogations. J'ai relu le mémoire. Il est détaillé, mais c'est évidemment la version de Viganò. Je pense que les lecteurs le comprendront. Je proposerai la version de l'archevêque, après quoi, si quelqu'un a des arguments contraires, il proposera d'autres versions.

Ma femme me dit : "Mais si tu le publies, ils penseront que, par le fait même de le publier, tu es de son côté. Ça te convient?"

Oui, ça me convient. Me jugeront-ils partial? Du calme. Du reste, je SUIS partial. Quand je suis journaliste, je suis journaliste et c'est tout, essayant d'être aussi aseptique que possible, mais dans mon blog, j'ai déjà amplement pris parti, et les lecteurs savent bien ce que je pense d'un certain tournant que l'Église a pris ces dernières années. Si quelqu'un me propose des documents qui prouvent que Vigano ment, ou que sa version des faits est incomplète ou incorrecte, je serai heureux de les publier également.

J'ai le monsignore au téléphone. Je l'informe de ma décision. Nous sommes d'accord sur le jour et l'heure de publication. Il dit que le même jour et à la même heure, les autres publieront. Il a décidé pour le dimanche 26 août parce que le pape, de retour de Dublin, aura l'occasion de répliquer en répondant aux questions des journalistes dans les airs [cf. Rapport Vigano: le pape doit démissionner : http://benoit-et-moi.fr/2018/actualite/rapport-vigano-le-pape-doit-demissionner.html ]. Il m'avertit qu'à ceux qui publieront, s'est ajouté le journal "La Verità". Il me dit qu'il a déjà acheté un billet d'avion. Il part à l'étranger. Il ne peut pas me dire où. Je ne devrai pas le chercher. L'ancien numéro de téléphone mobile ne fonctionnera plus. Nous nous saluons pour la dernière fois.

C'est comme cela que ça s'est passé. Non pas que les doutes en moi soient levés. Est-ce que j'ai bien fait? Est-ce que j'ai mal fait? Je continue à me le demander. Mais je suis serein. Et je relis les mots que Mg Vigano a écrits à la fin de son mémoire :

« Prions tous pour l’Église et pour le Pape. Rappelons-nous combien de fois il nous a demandé de prier pour lui! Renouvelons notre foi dans l’Église notre Mère: «Je crois en une Église sainte, catholique et apostolique!». Le Christ n’abandonnera jamais son Église! Il l’a engendrée par Son Sang et la ranime continuellement par Son Esprit! Marie, Mère de l’Église, priez pour nous! Marie, Vierge et Reine, Mère du Roi de gloire, priez pour nous! »


Source : http://benoit-et-moi.fr/2018/actualite/les-confidences-de-mgr-vigano-a-am-valli.html
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Re: L'AFFAIRE VIGANO

Message par Gilbert Chevalier le Jeu 6 Sep - 17:43

3- Témoignage poignant qui fait frissonner

L’abbé Jean-François Lantheaume
soutient fortement Mgr Carlo Maria Viganò sur Facebook :
« L’homme le plus intègre du Vatican »


par Jeanne Smits, Réinformation.TV, le 29 août 2018

L’abbé Jean-François Lantheaume (Don Grégoire Lantheaume de la Communauté Saint-Martin), conseiller à la nonciature de Washington avant l’arrivée de Mgr Viganò en 2011, a apporté son soutien public à Mgr Viganò en mettant l’image de ce dernier en bandeau de sa page Facebook et en le qualifiant d’« homme le plus intègre du Vatican ».

Dans son fil de publication, l’abbé Lantheaume précise : « Il doit y en avoir d’autres, mais c’est le seul avec qui j’ai travaillé qui le fût authentiquement et véritablement… j’ai été son conseiller à Washington, je l’ai vu réfléchir et agir dans des situations très délicates, et c’est un homme de Dieu, qui prie et qui jeûne, un homme authentiquement donné à Dieu ; un homme de prière sans ambages, un homme intègre et tout donné au Service du Saint Siège dont il n’a reçu qu’ingratitude et médisances ! »


Jean-François Lantheaume qualifie Carlo Maria Viganò d’« homme intègre »

Le 26 août, jour où la lettre de Mgr Viganò sur l’occultation des prédations homosexuelles du cardinal McCarrick ( https://www.breitbart.com/big-government/2018/08/28/chicago-cardinal-global-warming-migrants-are-bigger-agenda-than-sex-abuse/ ) était publiée, il réagissait (en anglais) à propos de Viganò : « Il est le meilleur chef que j’ai jamais eu. Oui, je le soutiens. Oui, il dit la vérité… » Et il réitérait en français : « Il dit toute la Vérité. Je suis témoin. Le nonce Vigano est le Prélat le plus intègre que je connaisse au Vatican. »

L’échange se poursuit ainsi :

— Terrible alors, prions l’orage va être terrible

— (J.-F. L.) : Pire que ce tu penses (…). Prépare-toi…

— Vous nous rassurez pas cher père !

— (J.-F. L.) Mon but n’est pas de vous rassurer, mais de dire la vérité ! Les évêques ne sont pas indemnes ni intouchables : ils sont tout autant pécheurs que les autres !!! Qu’on se le dise une fois pour toutes… Ils ne jouissent pas de l’infaillibilité pontificale… ! Mais bien évidemment dès qu’on essaie de dire la vérité, on se fait couper la tête ou bien l’on fait du “mauvais esprit” : ça fait plus de vingt ans que j’ai dit ce que j’avais à dire…. maintenant vous croyez qui vous voulez, mais je puis vous dire pour en avoir été le témoin direct que Vigano dit la vérité : j’en ai été le témoin direct ! ce sont peut-être les dernières lignes que j’écris… si l’on me retrouve découpé à la tronçonneuse et mon corps coulé dans le béton, la police et les journaleux diront que l’on doit envisager l’hypothèse du suicide !!!

Jean-François Lantheaume ne donne pas d’entretien mais a exprimé son soutien sur Facebook

Avec cette référence au célèbre sketch des inconnus, le P. Lantheaume explique aussi pourquoi il a quitté la voie diplomatique et vaticane où il s’était trouvé être « le plus proche collaborateur de Viganò » mais où il a aussi pu constater de lui-même que les signalements qu’il faisait à Rome étaient accueillis d’un « ferme-là, tu ne peux pas comprendre, tu n’es pas italien ».

Sollicité, le P. Lantheaume m’a indiqué qu’il n’est pas en mesure de donner des entretiens à propos de cette affaire.


Source : https://reinformation.tv/jean-francois-lantheaume-soutien-vigano-facebook-homme-integre-smits-87407-2/
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Re: L'AFFAIRE VIGANO

Message par Gilbert Chevalier le Ven 14 Sep - 11:51

4- À propos de Viganò, le brave Tosatti rétablit la vérité

Rapport Vigano : Tosatti mis en cause
Mais il sait comment se défendre, et fait une mise au point


("Benoît-et-moi", le 29/8/2018)


Nicole Winfield, correspondante à Rome d'Associated Press, a interrogé Marco Tosatti sur la genèse du document-témoignage de Mgr Vigano, et en a tiré un article ( https://www.apnews.com/351a31e0144845afb58ff2ed345ceda9 ) relativement équilibré (bien que le parti-pris de la dame - on se doute de quel côté elle penche! - ne fasse aucun doute), forcément très lu étant donné l'influence énorme du média pour lequel elle travaille. Et qui dit "très lu" dit aussi "très copié", avec les interprétations et inévitables distorsions inhérentes à la copie.
Voici ma traduction de son article, dont j'ai laissé tomber la partie concernant le contenu du rapport proprement dit, qui n'apporte rien de nouveau.


Rome (AP)

Un journaliste italien qui dit avoir aidé un ancien diplomate du Vatican à écrire son accusation explosive contre le pape François pour avoir couvert des abus sexuels, affirme qu'il a persuadé [!!!] l'archevêque de s'exprimer publiquement après le bouleversement de l'église américaine provoqué par les révélations du rapport du grand jury de Pennsylvanie.

Marco Tosatti explique qu'il a aidé l'archevêque Carlo Maria Vigano à écrire, réécrire et éditer son témoignage de 11 pages, expliquant que tous deux se sont assis côte à côte pendant trois heures le 22 août à une table en bois dans le salon de Tosatti. Tosatti, un critique italien majeur de François, a déclaré à Associated Press que Vigano l'avait appelé à l'improviste il y a quelques semaines pour lui demander de le rencontrer, et qu'il lui a ensuite communiqué les informations qui sont devenues la base du témoignage.

Le document de Vigano affirme que François connaissait l'inconduite sexuelle de l'ex-Cardinal Theodore McCarrick depuis 2013, mais qu'il l'a réhabilité des sanctions imposées par le Pape Benoît XVI. Des affirmations qui ont ébranlé les cinq ans de pontificat de François.(...)

Vigano est resté en grande partie silencieux depuis le témoignage explosif de dimanche, et on ne sait pas où il se trouve. La reconstruction de Tosatti fournit donc le seul aperçu de la genèse du document.

Tosatti, correspondant de longue date du quotidien italien La Stampa, mais qui écrit désormais essentiellement pour des blogs et des journaux plus conservateurs, a déclaré qu'après leur première rencontre il y a quelques semaines, Vigano n'était pas prêt à s'exposer publiquement. Ils étaient des connaissances, pas des amis, et Vigano a expliqué qu'il avait besoin de régler certaines questions personnelles avant de se décider.

Mais Tosatti affirme qu'il l'a appelé après la publication du rapport du grand jury de Pennsylvanie, le 15 août, et qu'il lui a dit: "Je pense que si vous voulez dire quelque chose, c'est le moment, parce que tout est sens dessus dessous aux États-Unis". Vigano a répondu "OK." Ils se sont ensuite rencontrés à l'appartement de Tosatti à Rome. Au début, Tosatti pensait que Vigano lui accorderait une interview, mais Vigano a décidé de mettre ses pensées sur papier.

"Il avait préparé une sorte d'ébauche d'un document et il s'est assis ici à mes côtés", déclare Tosatti à AP, assis derrière son bureau, montrant du doigt la chaise en bois à sa droite. "Je lui ai dit que nous devions travailler dessus parce que ce n'était pas écrit dans un style journalistique."

Tosatti affirme qu'il a persuadé Vigano de couper les allégations qui ne pouvaient pas être justifiées ou documentées "parce qu'elles devaient être absolument inattaquables". Il dit aussi que Vigano était "mortellement sérieux" tout le temps, et que tous deux deux ont émergé physiquement et émotionnellement épuisés.

Tosatti ajoute que Vigano était bien conscient des implications du document, et de ce qu'il fallait pour qu'un diplomate du Saint-Siège révèle des secrets qu'il avait gardés pendant des années. "Ils sont élevés pour mourir en silence", explique-t-il à propos des diplomates du Saint-Siège. "Alors ce qu'il faisait, ce qu'il allait faire, était absolument contre sa nature."

Mais il affirme que Vigano se sentait obligé de publier le document par sens du devoir envers l'Église catholique et pour avoir une conscience pure. "Il jouit d'une bonne santé, mais 77 ans, c'est l'âge où l'on commence à se préparer... il n'aurait pas la conscience tranquille s'il ne parlait pas", explique le journaliste.

Document en main, Tosatti s'est alors mis à la recherche de publications prêtes à publier le document dans son intégralité: le petit quotidien italien La Verita, le National Catholic Register et LifeSiteNews pour l'anglais, et le site en ligne espagnol InfoVaticana. Tous sont des médias conservateurs ou ultraconservateurs [!!!] qui ont été très critiques à l'égard de la miséricorde du pontificat de François sur les questions morales.

Les publications anglaises et espagnole ont traduit le document italien et tous se sont mis d'accord pour un embargo jusqu'au dimanche matin, coïncidant avec le deuxième et dernier jour du voyage de François en Irlande, dominé par les abus sexuels de l'église catholique et le scandale du camouflage.

Selon Tosatti, Vigano ne lui a pas dit où il allait après la publication de l'article, sachant que les médias du monde entier le réclameraient à grands cris pour lui parler.
Alors qu'il accompagnait Vigano à sa porte, il s'est penché pour baiser la bague de Vigano - un signe de respect pour les évêques catholiques. "Il a essayé de dire 'non'. Je lui ai dit: 'Ce n'est pas pour vous, c'est pour le rôle que vous (jouez) que je le fais". Il [Vigano] n'a rien dit. Il est parti, mais il pleurait."

- - -

Cet article a bien entendu été récupéré par la garde rapprochée de François, et certains sites, en Italie et ailleurs (en particulier un blog francophone auquel je ne souhaite pas faire de pub) ont insinué que le rapport Vigano avait en réalité été suscité, voire écrit, par le journaliste lui-même, présenté comme "ultra-conservateur" (lire: un réac de la pire espèce), grand spécialiste du "François bashing", et qu'il aurait réussi à "convaincre" l'ex-nonce d'y mettre sa signature. De là à imaginer un complot de l'"ultra-droite"...
Marco Tosatti, sur son blog ( http://www.marcotosatti.com/2018/08/28/vigano-articoli-che-mi-riguardano-intervengo-per-fatto-personale-contro-equivoci-e-strumentalizzazioni/ ), a tenu à mettre les choses au point, d'autant plus qu'une "collègue" du Corriere della Sera a vraiment écrit n'importe quoi en brodant autour de l'article de Nicole Winfield. Je lui laisse la parole (j'ai laissé tomber la partie qui évoque l'article du Corriere, qui ne nous concerne pas directement):


« Je n'ai convaincu personne de faire quoi que ce soit. Mgr Viganò m'a contacté parce qu'il voulait faire connaître les choses au public, et il voulait le faire - dans un premier temps - avec une interview. Après le premier contact, je me suis limité à lui faire remarquer que la publication du rapport du Grand Jury de Pennsylvanie allait aborder les questions dont il voulait parler, et que c'était peut-être le bon moment pour son initiative.

Je ne l'ai pas non plus persuadé de rendre le document public. Et ma contribution a été celle d'une révision professionnelle, c'est-à-dire que nous avons travaillé sur le projet, dont le matériel était intégralement du Nonce, pour vérifier qu'il était fluide et utilisable sur le plan journalistique.

Je crains de devoir démentir que ma participation ait quelque chose de sensationnel. Il est probable que si nous avions décidé de faire une interview, ma contribution aurait été encore plus grande, parce que j'aurais posé des questions, ce qui ne pouvait évidemment pas se produire dans un document-témoignage.

Le choix de l'heure de diffusion a été influencé par le fait que Mgr Viganò voulait que le document soit publié non seulement en italien, mais aussi en espagnol et en anglais. Cela a nécessité quelques jours d'attente pour les traductions; et depuis mercredi - date à laquelle le texte italien de base a été terminé - jusqu'au dimanche matin, seuls trois jours se sont écoulés.

Il est extraordinaire que cette circonstance - le fait que la personne qui devait faire l'interview ait contribué à l'édition du témoignage - soit instrumentalisée par certains pour tenter de discréditer cette opération de clarté et de courage menée par Mgr Viganò. Je dirais que cela peut être interprété comme un signe de désespoir de la part de ceux qui essaient de détourner l'attention d'un silence et d'un refus de donner des réponses, qui deviennent très lourds pour beaucoup de catholiques. »


Source : http://benoit-et-moi.fr/2018/actualite/rapport-vigano-tosatti-mis-en-cause.html
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Re: L'AFFAIRE VIGANO

Message par Gilbert Chevalier le Ven 14 Sep - 12:00

5- Interview Viganò-Valli où Benoît n'est pas indemne

Viganò, séquestré, parle :
« Je ne suis pas le corbeau. Je ne veux que la vérité. »


One Peter Five
(https://onepeterfive.com/vigano-crow-truth/)

Note de la rédaction de "One Peter Five" : L’entrevue suivante est entre l’archevêque Carlo Maria Viganò, aujourd’hui célèbre pour son témoignage explosif ( https://onepeterfive.com/former-papal-nuncio-pope-francis-knew-about-mccarrick-covered-for-him-to-the-bitter-end/ ), et Aldo Maria Valli, le journaliste avec qui Viganò avait initialement prévu la publication de ses allégations contre le pape François et plusieurs cardinaux du Vatican. Pour l’aventure du rapport de l’archevêque Viganò, cliquez ici : https://onepeterfive.com/the-amazing-story-of-how-archbishop-viganos-report-came-to-be/.
Cette interview a été traduite en anglais par Giuseppe Pellegrino. L'italien original se trouve sur le site web d'Aldo Maria Valli ( https://www.aldomariavalli.it/2018/08/28/parla-vigano-non-sono-il-corvo-e-non-agisco-per-vendetta-voglio-solo-che-la-verita-emerga/ ) en date du 28 août 2018.


Monseigneur, comment allez-vous ?

Merci à Dieu, je vais très bien, avec beaucoup de sérénité et de paix dans ma conscience – c’est la récompense de la vérité. La lumière conquiert toujours les ténèbres. Elle ne peut pas être supprimée, en particulier pour celui qui a la foi. Par conséquent, j’ai beaucoup de foi et d’espoir pour l’Église.

Comment jugez-vous les différentes réactions à la publication de vos mémoires ?

Comme vous le savez, les réactions sont contradictoires. Il y a ceux qui ne peuvent pas cesser de chercher des endroits où puiser du poison pour détruire ma crédibilité. Quelqu’un a même écrit que j’avais été hospitalisé deux fois avec un traitement obligatoire (TSO) pour usage de drogue. Il y a ceux qui imaginent des complots, des complots politiques, des complots de toutes sortes, etc., mais il y a aussi beaucoup d’articles d’appréciation et j’ai eu la chance de voir des messages de prêtres et de fidèles qui me remercient, car mon témoignage a été pour eux une lueur d’espoir pour l’Église.

Quelle est votre réponse à ceux qui, dans ces heures-ci, objectent que vous devez avoir des motifs de rancune personnelle contre le pape et que c’est pour cette raison que vous avez décidé d’écrire et de faire circuler vos mémoires ?

Peut-être parce que je suis naïf et habitué à toujours penser bien des gens – mais surtout je reconnais que c’est en fait un cadeau que le Seigneur m’a donné – je n’ai jamais eu de vengeance ou de rancœur durant toutes ces années d’épreuve par tant de calomnies et de mensonges prononcés contre moi.

Comme je l’ai écrit au début de mon témoignage, j’ai toujours pensé que la hiérarchie de l’Église aurait dû trouver en elle-même les ressources nécessaires pour guérir toute la corruption. Je l’ai également écrit dans ma lettre aux trois cardinaux désignés par le pape Benoît pour enquêter sur l’affaire Vatileaks, une lettre accompagnant le rapport que je leur ai remis. « Beaucoup d’entre vous » – ai-je écrit – « savaient, mais vous êtes restés silencieux. Au moins, maintenant que Benoît vous a confié cette mission, vous aurez peut-être le courage de rapporter avec précision ce qui vous a été révélé à propos de tant de situations de corruption. »

Pourquoi avez-vous décidé de publier et de diffuser votre témoignage ?

J’ai parlé parce que plus que jamais, la corruption s’est étendue aux plus hauts niveaux de la hiérarchie de l’Église. Je demande aux journalistes : pourquoi ne demandent-ils pas ce qui est arrivé à la caisse de documents qui, comme nous l’avons tous vu, ont été livrés à Castel Gandolfo au pape François par le pape Benoît XVI ? Était-ce tout inutile ? Il aurait suffi de lire mon rapport et la transcription de ma déposition devant les trois cardinaux chargés d’enquêter sur l’affaire Vatileaks (Julian Herranz, Jozef Tomko et Salvatore De Giorgi) afin de commencer à nettoyer la curie. Mais savez-vous ce que le cardinal Herranz m’a dit quand je l’ai appelé de Washington, craignant que tant de temps s’était écoulé depuis que la commission d’enquête avait été nommée par le pape Benoît et que personne ne me contacte encore ? Nous parlions ensemble et je lui ai dit : « Ne pensez-vous pas que moi aussi j'ai peut-être quelque chose à dire sur mes lettres, qui ont été publiées à mon insu ? » Il m'a répondu : « Ah, si vous le voulez vraiment. »

Comment répondriez-vous à ceux qui disent que vous êtes le corbeau ou un des corbeaux à l’origine de l’affaire Vatileaks ?

Je suis un corbeau ? Comme vous l’avez vu avec mon témoignage, je fais habituellement les choses à la lumière du jour ! À l’époque, j’étais à Washington et j’avais certainement d’autres choses à réfléchir. D’autre part, j’ai toujours eu l’habitude de me plonger complètement dans ma nouvelle mission. C’est ce que j’ai fait quand j’ai été envoyé au Nigeria : je ne lis plus les nouvelles italiennes – au point que six ans plus tard, quand on me rappela pour travailler à la Secrétairerie d’État par saint Jean-Paul II, cela me prit plusieurs mois pour me réorienter, même si j'avais travaillé déjà depuis onze ans à la Secrétairerie d’État de 1978 à 1989.

Comment répondriez-vous à ceux qui affirment que vous avez été chassé du Gouvernorat et que, pour cette raison, vous auriez des sentiments de rancœur et de vengeance ?

Comme je l’ai déjà dit, la rancœur et la vengeance ne sont pas des sentiments que je ressens. Ma résistance à quitter mon poste au Gouvernorat était motivée par le profond sentiment d’injustice d’une décision que je savais ne pas correspondre à la volonté du pape Benoît, dont il m’avait lui-même parlé. Afin de me jeter à la porte, le cardinal Bertone avait commis une série de graves violations de son autorité : il avait dissout la première commission de trois cardinaux que le pape Benoît avait nommée pour enquêter sur les graves accusations portées par moi en tant que secrétaire général et le vice-secrétaire général, Mgr Giorgio Corbellini, concernant les exactions commises par Mgr Paolo Nicolini ; à la place de cette commission cardinalice, il avait créé une commission disciplinaire, modifiant dans sa constitution la commission institutionnelle du Gouvernorat ; avant même de créer cette commission, il m’avait convoqué pour me dire que le Saint-Père m’avait nommé nonce à Washington. Bien que la commission disciplinaire ait décidé le 16 juillet 2011 de licencier Mgr Paolo Nicolini, il a annulé cette décision de manière abusive et l’a empêché de paraître. Ce faisant, il m’a empêché de poursuivre le travail de guérison de la corruption présente dans la gestion du Gouvernorat.

Comment répondriez-vous à ceux qui parlent de votre «fixation» à devenir cardinal et qui soutiennent que vous attaquez maintenant le pape parce que vous n’avez pas reçu cet honneur ?

Je peux affirmer avec sincérité devant Dieu que j’ai rejeté l’opportunité de devenir cardinal. Après ma première lettre au cardinal Bertone, que j’ai envoyée au pape Benoît pour qu’il puisse faire ce qu’il pensait le mieux, le pape Benoît m’a convoqué et reçu en audience le 4 avril 2011 et il m’a immédiatement dit ces mots : « Je crois que la mission dans laquelle vous pouvez le mieux servir le Saint-Siège est en tant que Président de la Préfecture des Affaires économiques à la place du cardinal Velasio De Paolis. » J’ai remercié le pape pour la confiance qu’il m’a montrée. « Saint-Père, pourquoi n’attendez-vous pas six mois ou un an ? Parce que si vous me faites la promotion en ce moment, l’équipe qui a eu confiance en moi et qui a travaillé pour remédier à la situation dans le Gouvernorat sera immédiatement dispersée et persécutée. » (comme cela s’est en effet produit)

J’ai aussi ajouté un autre argument. Étant donné que le cardinal de Paolis n’avait été nommé que récemment pour traiter de la situation délicate des Légionnaires du Christ (le cardinal de Paolis m’avait consulté avant d’accepter cette mission), j’ai dit au pape qu’il serait préférable qu’il continue à avoir une position institutionnelle qui lui donnerait une plus grande autorité en tant que personne et donc à son action avec les Légionnaires. À la fin de l’audience, le pape Benoît m’a dit une fois de plus : « Je reste cependant d’avis que la position dans laquelle vous pouvez servir le Saint-Siège est celle de Président de la Préfecture des Affaires économiques. » Le Cardinal Re peut confirmer cette histoire. Ainsi, j’ai renoncé à être fait cardinal pour le bien de l’Église.

Comment répondriez-vous à ceux qui attireraient votre famille dans cette affaire en parlant de la «saga» sous le signe d’intérêts économiques énormes ?

Le 20 mars 2013, mes frères et sœurs avaient préparé une déclaration pour la presse, à laquelle je m’opposais pour éviter d’impliquer toute la famille. Parce que l’accusation de mon frère Lorenzo se répète maintenant, à savoir que j’ai menti au pape Benoît en lui écrivant pour demander un congé pour prendre soin de mon frère malade, j’ai décidé de rendre ce communiqué public. En le lisant, il devient évident que j’ai ressenti une grave responsabilité morale de prendre soin de mon frère et de le protéger.

(Quiconque est intéressé à approfondir ce dernier point peut lire ici : https://www.aldomariavalli.it/wp-content/uploads/2018/08/Il-comunicato-dei-fratelli-Vigano.pdf le texte du communiqué, qui a été rédigé en mars 2013 par plusieurs frères et sœurs de Viganò pour sa défense.)


Source : http://www.malware-site.www/?p=5279
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Re: L'AFFAIRE VIGANO

Message par Gilbert Chevalier le Mar 9 Oct - 14:27

6- Viganò rétablit la vérité une fois de plus

Rencontre entre le pape François et Kim Davis à Washington :
Mgr Carlo Maria Viganò révèle ce qui s’est vraiment passé


par Jeanne Smits, Réinformation.TV, le 3 septembre 2018


Mgr Carlo Maria Viganò n’a visiblement pas l’intention de se terrer sans rien dire après avoir lâché sa bombe sur la protection du cardinal McCarrick, prédateur homosexuel avéré : il s’est certes caché mais répond, coup par coup, aux attaques de ses détracteurs. Il a également ouvert un nouveau front en donnant sa version – de première main – de l’affaire qui a éclaté après la visite du pape François aux Etats-Unis, alors qu’il était en poste à Washington et qu’il était l’organisateur de ce séjour américain. Mgr Viganò raconte comment s’est vraiment passée la rencontre entre Kim Davis, cette femme américaine incarcérée pendant cinq jours en 2015 pour avoir refusé d’enregistrer en tant qu’officier d’état civil du Kentucky des « mariages » de couples homosexuels. Lorsque la rencontre a été rendue publique, après le retour du pape François à Rome, divers porte-paroles du Vatican ont insisté pour dire que cette information était une sorte d’affabulation. Mgr Viganò explique qu’il n’en est rien, dans un document accompagné de pièces justificatives, traduit officiellement par Diane Montagna pour LifeSiteNews.

Mgr Viganò a choisi de réagir ainsi un article du New York Times daté du 28 août 2018 où Juan Carlos Cruz, l’une des victimes des cas d’agression sexuelle au Chili ayant rencontré le pape, affirme que ce dernier lui a dit « récemment que Mgr Viganò a failli saboter la visite en invitant (…) Kim Davis, officier d’état civil du Kentucky, devenue “cause célèbre” pour les conservateurs lorsqu’elle refusa d’accorder des licences de mariage à des couples de même sexe ». Cruz affirme que le pape lui a déclaré : « Je ne savais pas qui était cette femme, et (Mgr Viganò) a fait subrepticement entrer cette femme pour me dire bonjour – et évidemment, ils en ont profité pour faire tout un tas de publicité. J’étais horrifié et j’ai renvoyé ce nonce. »

La rencontre entre le pape François et Kim Davis a bien eu lieu

Quoi qu’il en soit de la véracité de ce témoignage, il vient ajouter à une confusion à propos de cette affaire que le pape n’a rien fait pour lever. Précisons que Mgr Viganò est resté en poste à Washington jusqu’en 2015.

Ladite rencontre avec Mme Davis, d’une durée de 15 minutes, n’a été connue du grand public qu’après que l’avocat de cette dernière en a parlé à la presse, le 29 septembre 2015, cinq jours après qu’elle eut lieu, étant donné, comme l’explique l’ancien nonce, qu’on avait demandé aux intéressés de ne pas en parler avant le retour du pape François à Rome. Un tollé médiatique s’ensuivit, qui aboutit, le 30 septembre, à un démenti partiel de la part de la salle de presse du Vatican : le P. Federico Lombardi expliqua qu’une « brève rencontre » avait bien eu lieu mais qu’« elle ne devait pas être considérée comme une forme de soutien à la prise de position de Davis dans tous ses aspects particuliers et complexes ». C’est alors qu’on apprit, photos à l’appui, que la seule « véritable audience » accordée par le pape François à la nonciature de Washington l’avait été à l’un de ses anciens étudiants, l’Argentin Yayo Grassi, homosexuel revendiqué, et à son compagnon Iwan Bagus et plusieurs autres amis.

De son côté, le père Thomas Rosica, l’attaché de presse des deux synodes sur la famille – connu pour en avoir fait une présentation biaisée, insistant sur des prises de position marginales en faveur des LGBT – déclarait au Los Angeles Times qu’il y avait eu tout au plus une « très brève poignée de mains » lorsque le pape François avait rencontré un groupe de personnes. Le père Rosica ajoutait ne pouvoir imaginer qu’une plage de 15 minutés ait pu être trouvée pour organiser une rencontre privée, et suggérait que toute question à propos de l’invitation de Kim Davis à la nonciature soit posée directement à celle-ci, le pape n’en ayant probablement rien su à l’avance.

Mgr Viganò, nonce à Washington en 2015, fait un rapport détaillé

Mgr Viganò raconte une toute autre histoire. Il explique avoir personnellement discuté avec le pape François, le 23 septembre 2015 au soir, de la possibilité d’organiser une rencontre privée et discrète avec Kim Davis, héroïne de l’objection de conscience par rapport au mariage « gay », dont il ne serait publiquement question qu’après le retour du pape à Rome. Le pape François, affirme-t-il, était d’emblée d’accord, demandant toutefois au nonce d’obtenir l’avis du cardinal Parolin dans la mesure où lui-même ne savait pas quelles seraient les implications politiques d’une telle rencontre.

Mgr Viganò, accompagné de deux conseillers de la nonciature, l’un italien, l’autre lituanien, s’est aussitôt rendu à l’hôtel où logeait la délégation vaticane : Mgr Becciu (aujourd’hui cardinal) et Mgr Paul Gallagher, secrétaire aux relations avec les Etats, prévenus de leur arrivée, les attendaient. C’est avec eux que les discussions ont lieu, le cardinal Parolin s’étant déjà retiré pour la nuit.

Mgr Viganò leur a remis le mémorandum qu’il avait déjà présenté plus tôt dans la soirée au pape François (et dont il fournit aujourd’hui copie), détaillant succinctement « l’affaire » Kim Davis et soulignant les motifs religieux de son objection de conscience et le lourd prix qu’elle avait dû payer. Mgr Becciu s’est aussitôt montré favorable à la rencontre, tandis que Mgr Gallagher, tout en approuvant le principe, demandait que l’on vérifiât les aspects juridiques avant de donner une réponse définitive, afin de savoir notamment si au regard du droit américain, elle pouvait causer des ennuis. On appela le canoniste de la nonciature, ancien juge des cours militaires américaines, qui rassura l’archevêque à ce sujet. Mgr Gallagher approuva à son tour l’organisation de la rencontre.

Le pape François savait tout de l’affaire Kim Davis

Le lendemain, le cardinal Parolin ayant été averti à son tour, Mgr Viganò informa le pape François de l’opinion favorable de Becciu et Gallagher, et Kim Davis – qui se trouvait déjà à Washington pour d’autres raisons – fut invitée. Les personnes présentes à la rencontre qui se tint dans un petit salon privé s’engagèrent à n’en pas parler avant le retour du pape à Rome, engagement que Mme Davis et son mari ont scrupuleusement respecté. Le photographe officiel du Vatican se voyait intimer l’ordre de ne pas publier image de l’événement sans accord de ses supérieurs. Mgr Viganò souligne qu’elles doivent toujours être classées dans les archives de l’Osservatore Romano.

Il raconte que la rencontre fut chaleureuse. Ayant affectueusement embrassé Kim Davis, le pape François la remercia son courage et l’invita à persévérer. » Mme Davis, très émue, commença à pleurer. On la ramena alors à son hôtel dans une voiture conduite par un gendarme pontifical, accompagné d’un monsignor américain et d’un collaborateur de la nonciature », précise Mgr Viganò.

Démentis romains autour de Kim Davis, héroïne de l’objection de conscience face au « mariage » gay

Après le retour du pape à Rome, la nouvelle de la rencontre fut diffusée et suscita aussitôt « une avalanche de coups de téléphone, fax et de courriels » à la nonciature et à la salle de presse du Vatican. Une partie était extrêmement hostile, multipliant les insultes et les protestations, mais d’autres étaient très favorables.

C’est alors qu’a été mis en place la campagne de démentis de la part de la salle de presse et du P. Rosica, au moyen de nombreux « mensonges » que dénonce aujourd’hui Mgr Viganò, notamment sur le fait qu’il aurait pris le pape François en traître en ne l’avertissant pas de la teneur de l’affaire Kim Davis. Dès le 2 octobre 2015, on pouvait lire dans le New York Times que la rencontre s’était bornée à une brève salutation parmi d’autres alors qu’un groupe était présenté au pape, qui n’aurait été au courant de rien.

Dès le lendemain matin – le 3 octobre à six heures –, Mgr Viganò recevait un coup de fil agité du cardinal Parolin lui intimant l’ordre de revenir « immédiatement » à Rome parce que le pape était « furieux à son égard ». Le nonce parvint à Rome le 9 octobre suivant, en plein synode sur la famille ; le pape François le reçut pendant près d’une heure, « de manière très affectueuse et paternelle », à la Casa Santa Marta, s’excusant de l’avoir dérangé et multipliant les éloges sur la manière dont il avait organisé le voyage aux Etats-Unis où « il ne s’était pas attendu à un accueil aussi chaleureux ». Pas un mot de l’affaire Davis !

Le pape François et ses déclarations contradictoires

A la fin de l’audience, Viganò téléphona immédiatement au cardinal Parolin, pour lui dire : « Le pape a été si bon avec moi. Pas un mot de reproche, uniquement des éloges après le succès de sa visite aux États-Unis. » « A ce moment-là le cardinal a répondu : “Ce n’est pas possible, car avec moi il s’est montré furieux à votre égard.” »

Mgr Viganò ne peut donner d’autre commentaire que celui-ci : soit Juan Carlos Cruz – la victime chilienne d’abus sexuels qui a affirmé dans le New York Times que le pape lui aurait déclaré que Mgr Viganò a failli saboter sa visite aux États-Unis en invitant Kim Davis – a menti à propos de ce que lui aurait dit le pape François, ou bien c’est celui-ci qui lui a menti. « Il est clair cependant que le pape François voulait occulter l’audience privée qu’il avait eue avec le premier citoyen américain condamné et emprisonné pour objection de conscience », conclut-il.

En tout cas, cette forme de duplicité ne serait pas une nouveauté chez le pape François. Qu’on se souvienne du soutien qu’il a apporté au cardinal Burke lors d’audiences précédant l’éclatement de l’affaire Boeselager à l’Ordre de Malte, avant de le « lâcher » au point de le priver de toute autorité effective en tant que cardinal patron de l’Ordre et de justifier le Grand Chancelier accusé d’avoir couvert la distribution de préservatifs… Les lecteurs du Pape dictateur d’Henry Sire reconnaîtront également cette propension à dire une chose ou son contraire selon que la situation le rend plus intéressant, largement constatée déjà chez Jorge Bergoglio en Argentine avant son élection à la chaire de Pierre…


Source : https://reinformation.tv/rencontre-pape-francois-kim-davis-washington-mgr-vigano-smits-87497-2/
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Re: L'AFFAIRE VIGANO

Message par Gilbert Chevalier le Mar 9 Oct - 14:41

7- Viganò raconte lui-même l'affaire Kim Davis,
où apparaît la fourberie de Bergoglio


Le pape François a rencontré Kim Davis en privé :
voici ce qui s’est réellement passé
par Son Excellence Carlo Maria Viganò
Archevêque titulaire de di Ulpiana
Nonce apostolique


(Suivant la Traduction anglaise officielle par Diane Montagna de LifeSiteNews, le 31 août 2018)


Le 28 août 2018, le New York Times a rapporté ( https://www.nytimes.com/2018/08/28/world/europe/archbishop-carlo-maria-vigano-pope-francis.html ) une partie d’une conversation que Juan Carlos Cruz, la victime chilienne la plus connue d’abus sexuels du père Karadima et de l’évêque Barros, aurait eu avec le pape François. Inexplicablement, dans sa conversation avec Cruz, le Pape aurait parlé de sa rencontre avec Kim Davis lors de sa visite à Washington le 24 septembre 2015, et aurait dit qu’il ne savait rien du cas avant la rencontre.

Face à la déclaration rapportée par le Pape, je me sens obligé de raconter les événements tels qu’ils se sont réellement déroulés.

A la fin du dîner, à la Nonciature de Washington, dans la soirée du 23 septembre 2015, j’ai dit au Pape que j’avais besoin qu’il m’accorde une demi-heure, parce que je voulais porter à son attention, et peut-être pour qu’il l’approuver, une initiative délicate et facilement réalisable, à savoir rencontrer personnellement et en toute confidentialité, hors des feux des médias, Kim Davis, une employée du Rowan County, Kentucky, première américaine condamnée et détenue une semaine pour avoir exercé son droit à une objection de conscience.

Au début de notre rencontre, dans la soirée du 23 septembre, j’ai remis au Pape une note d’une page résumant l’affaire Davis (ci-jointe en italien : https://s3.amazonaws.com/lifesite/Kim_Davis_Pro-Memoria_per_Papa_Francesco.JPG  et en anglais : https://s3.amazonaws.com/lifesite/Kim_Davis_Pro-Memoria_for_Pope_Francis.pdf ). Le Pape s’est immédiatement montré favorable à une telle initiative, mais a ajouté que la rencontre aurait des implications politiques, et a dit : « Je ne comprends pas ces choses, il serait donc bon pour vous d’entendre l’opinion du Cardinal Parolin. »

Il était déjà 21h30 du soir, alors je suis allé en personne avec deux des conseillers de la Nonciature (un Italien et un Lituanien) à l’hôtel non loin de là, où se trouvait l’entourage du Pape. Comme j’avais appelé à l’avance pour annoncer mon arrivée, Son Excellence Mgr Angelo Becciu (suppléant du Secrétaire d’État) et Son Excellence Mgr Paul Gallagher (Secrétaire aux relations avec les États et Chef de la Section politique de la Secrétairerie d’État) m’attendaient dans le vestibule de l’hôtel. Ils m’ont immédiatement informé que le cardinal Parolin s’était déjà retiré dans sa chambre, et ils n’ont pas jugé bon de le déranger, car ils pouvaient facilement le mettre au courant de notre rencontre le lendemain matin.

Nous nous sommes ensuite rencontrés dans un petit salon de l’hôtel. Comme je l’ai dit, nous étions cinq. Je leur ai donné le même mémo que celui que j’avais donné au Pape, exposant son contenu et expliquant la raison de ma visite, qui avait été demandée par le Pape. Après avoir examiné l’affaire, l’archevêque Becciu s’est immédiatement prononcé en faveur d’une réception privée de Davis par le pape avant qu’il ne quitte Washington pour New York.

L’archevêque Gallagher, tout en soutenant l’idée étant donné l’importance de défendre le droit à l’objection de conscience, a déclaré qu’il convenait de vérifier du point de vue de la common law s’il existait des raisons qui rendraient la réunion inopportune, à savoir si la procédure judiciaire engagée contre Davis était terminée ou était encore ouverte. Je l’ai donc fait parler par téléphone avec le canoniste de la Nonciature, qui avant de devenir prêtre avait été juge dans les tribunaux militaires américains et professeur de droit canon. Après la conversation avec le canoniste pour clarifier les choses - il dit qu’il n’y avait pas d’obstacles procéduraux - Mgr Gallagher a donné une opinion inconditionnellement favorable que le Pape devrait recevoir Davis.

Le lendemain matin, après la messe que le Pape a concélébrée avec nous à la Nonciature, j’ai informé le Pape de l’avis positif de ses deux principaux collaborateurs, qui avaient alors informé le Cardinal Parolin de notre rencontre. Le Pape donna alors son consentement, et je m’organisai pour que Davis vienne à la Nonciature sans que personne ne s’en aperçoive, en la faisant asseoir dans une pièce séparée. Tout a été rendu beaucoup plus facile par le fait que Davis était déjà à Washington, où elle a été invitée à recevoir un prix Cost of Discipleship Award du Family Research Council.

Avant la réunion, j’ai averti le photographe de L’Osservatore Romano qu’il ne devait pas publier les photos de la réunion sans l’autorisation de ses supérieurs. Il a bien sûr observé les ordres, mais il a pris de nombreuses photos, qui n’ont jamais été publiées, et qui sont actuellement conservées dans les archives photographiques de L’Osservatore Romano. J’ai aussi demandé à Davis de me promettre à l’avance qu’elle ne donnerait aucune nouvelle aux médias avant le retour du Pape à Rome, à la fin de sa visite pastorale aux États-Unis. Davis a fidèlement tenu sa promesse.

En début d’après-midi du 24 septembre, avant de partir pour New York, le Pape entra comme prévu dans le salon où Davis et son mari l’attendaient. Il l’a embrassée affectueusement, l’a remerciée pour son courage et l’a invitée à persévérer. Davis était très ému et s’est mise à pleurer. Elle a ensuite été ramenée à son hôtel dans une voiture conduite par un gendarme pontifical, accompagnée d’un Monseigneur américain et d’un membre du personnel de la Nonciature.

Lorsque le Pape revint de Philadelphie à Rome après la Rencontre Mondiale avec les Familles, la nouvelle de sa rencontre avec Davis éclata dans les médias. Une avalanche d’appels téléphoniques, de fax et de courriels sont arrivés à la Nonciature de Washington et au Bureau de presse du Vatican, beaucoup avec des insultes et des protestations, mais aussi beaucoup en faveur de la rencontre du Pape avec Davis. Dans un article du 30 septembre 2015, le New York Times rapportait que « les responsables du Vatican ne confirmeraient pas initialement que la réunion a eu lieu, le faisant finalement mercredi après-midi, tout en refusant de discuter des détails ». Le Bureau de presse du Vatican a alors publié une déclaration - sans que leurs supérieurs de la Secrétairerie d’État ne m’aient jamais consulté - affirmant que le Pape n’avait jamais reçu Davis en audience privée, et qu’il l’avait peut-être saluée parmi beaucoup d’autres personnes avant son départ pour New York. Les Pères Rosica et Lombardi ont ajouté des mensonges à ces mensonges et ont été cités comme suit dans l’édition du 2 octobre 2015 ( https://www.nytimes.com/2015/10/03/world/europe/pope-francis-kim-davis-meeting.html ) du New York Times ( https://www.nytimes.com/2015/10/03/world/europe/archbishop-at-center-of-mystery-of-papal-meeting-with-kim-davis.html ) : « Mais le pasteur Thomas Rosica ( https://www.nytimes.com/video/world/europe/100000003952886/vatican-clarifies-position-on-kim-davis.html ), porte-parole du Vatican, a déclaré vendredi que le bureau de l’archevêque Viganò avait adressé l’invitation à Mme Davis et que le Pape n’était probablement pas informé de son cas. Et le Révérend Federico Lombardi, le porte-parole en chef du Vatican, a décrit la réunion comme une rencontre parmi tant d’autres. » C’est la transparence du Saint-Siège sous le pape François !

Le lendemain matin, vers 6 heures du matin à Washington - je m’en souviens bien parce que je venais d’entrer dans la chapelle de la Nonciature - j’ai reçu un appel téléphonique frénétique du cardinal Parolin, qui m’a dit : « Vous devez venir immédiatement à Rome parce que le Pape est furieux contre vous ! » Je suis parti le plus tôt possible et j’ai été reçu par le Pape à la Domus Sanctae Marthae, vers 19 heures du soir du 9 octobre, à l’issue d’une des sessions de l’après-midi du deuxième Synode sur la famille.

Le Pape m’a reçu pendant près d’une heure, et a été très affectueux et paternel. Il s’est immédiatement excusé auprès de moi pour m’avoir troublé en venant à Rome, et il m’a loué sans cesse pour la façon dont j’avais organisé sa visite aux États-Unis et pour l’accueil incroyable qu’il avait reçu en Amérique. Il ne s’attendait pas à un tel accueil.

À ma grande surprise, au cours de cette longue rencontre, le Pape n’a même pas mentionné une seule fois l’audience avec Davis !

Dès que mon audience avec le Pape fut terminée, j’ai immédiatement téléphoné au cardinal Parolin et lui ai dit : « Le Pape était si bon avec moi. Pas un mot de reproche, seulement des éloges pour le succès de sa visite aux USA. » Le cardinal Parolin répondit : « Ce n’est pas possible, parce qu’il était furieux contre vous. »

Voici un résumé des événements.

Comme mentionné au début, le 28 août 2018, le New York Times a rapporté une entrevue avec Juan Carlos Cruz, dans laquelle Cruz a rapporté que lors de sa rencontre avec le Pape, en avril 2018, le Pape lui a parlé du cas Davis. Selon Cruz, le Pape a dit : « Je ne savais pas qui était cette femme et il [Mgr Viganò] l’a fait entrer pour me dire bonjour - et bien sûr, ils en ont fait toute une publicité. Et j’étais horrifié et j’ai viré ce Nonce. »

L’un d’eux ment : Cruz ou le Pape ? Ce qui est certain, c’est que le Pape savait très bien qui était Davis, et lui et ses proches collaborateurs avaient approuvé l’audience privée. Les journalistes peuvent toujours vérifier, en s’adressant aux prélats Becciu, Gallagher et Parolin, ainsi qu’au Pape lui-même.

Il est clair, cependant, que le pape François a voulu cacher l’audience privée avec le premier citoyen américain condamné et emprisonné pour objection de conscience.

Carlo Maria Viganò
Archevêque titulaire di Ulpiana
Nonce apostolique
Le 30 août 2018
Fête de sainte Jeanne Jugan et du bienheureux Alfredo Ildefonso Schuster

Vous trouverez ci-dessous le texte de la note de service d’une page résumant l’affaire Davis que Mgr Viganò a remise au pape François au début de leur rencontre du 23 septembre 2015. (Télécharger l’original italien ici : https://s3.amazonaws.com/lifesite/Kim_Davis_Pro-Memoria_per_Papa_Francesco.JPG , et un PDF de la traduction anglaise ici : https://s3.amazonaws.com/lifesite/Kim_Davis_Pro-Memoria_for_Pope_Francis.pdf ).

« 9. Mme Kim Davis,

Comme nous l’avons vu, la Cour suprême des États-Unis a récemment décidé que le "mariage" entre personnes de même sexe est un droit reconnu par la loi dans tous les États des États-Unis, ce qui a radicalement modifié le concept du mariage, ainsi que sa définition même.

Mme Kim Davis, qui a été élue représentante de son comté au Kentucky, a refusé de signer des licences de mariage pour les couples de même sexe, déclarant que sa conscience ne lui permet pas de participer à cette nouvelle façon de comprendre le mariage. Mme Davis, qui appartient à une église chrétienne charismatique, s’est convertie personnellement il y a plusieurs années et veut être fidèle à sa conscience, en suivant « la loi de Dieu plutôt que la loi de l’homme ». Elle a pris soin de ne pas imposer ses croyances religieuses aux autres, alors qu’ils ont cherché à lui imposer ces nouvelles "croyances" sur le mariage. Pour cela, elle a été injustement arrêtée et mise en prison.

C’est la première fois qu’un citoyen américain est emprisonné pour des raisons de liberté de conscience et de liberté religieuse alors que ces droits sont garantis par le Premier amendement de la Constitution des États-Unis d’Amérique.

Mme Davis est une personne humble qui n’a pas cherché à faire connaître son cas, mais elle est devenue un témoin exemplaire de la liberté de conscience et de religion dans tout le pays.

La nouvelle de la rencontre de Mme Davis avec le Saint-Père est restée secrète jusqu’à présent. »


Source : https://www.lifesitenews.com/news/exclusive-vigano-reveals-what-really-happened-when-pope-francis-met-private
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Re: L'AFFAIRE VIGANO

Message par Gilbert Chevalier le Mar 9 Oct - 15:25

8- La double personnalité narcissique de Bergoglio

François qui dit une chose et puis son contraire


Un article de Sandro Magister, vaticaniste à L’Espresso (12/09/2018)


À quelques jours de distance, la polémique déclenché par l’acte d’accusation de l’ancien nonce aux États-Unis, Carlo Maria Viganò, contre le Pape François à propos du cause du scandale de l’ex-cardinal Theodore McCarrick n’a fait qu’enfler. Et elle a connu un récent rebondissement avec les révélations autour de l’affaire Kim Davis, du nom de cette fonctionnaire chrétienne d’un comté du Kentucky emprisonnée une semaine pendant l’été 2015 pour avoir refusé – au nom de la liberté de religion et de conscience – d’octroyer la licence de mariage à un couple d’homosexuels et que François avait reçu en audience le 24 septembre de la même année à la nonciature de Washington.

À propos de l’affaire Kim Davis, deux éléments supplémentaires ignorés par les polémistes jusqu’à présent méritent d’être mis en évidence parce qu’ils éclairent tous les deux le « mystère » de la personnalité de François.

*

Le premier, c’est la réponse donnée par le Pape à Terry Morgan d’ABC News sur le vol de retour des États-Unis à Rome, alors que la rencontre qu’il avait eue quelques jours plus tôt avec Kim Davis n’était pas encore connue du grand public.

Le journaliste ne cite pas le nom de Mme Davis mais il fait allusion à elle de façon indubitable. Et c’est bien elle que François a en tête dans sa réponse.

Voici la transcription officielle du dialogue entre le journaliste et le Pape :

« – Saint-Père, est-ce que vous apportez votre soutien aux individus – y compris les fonctionnaires gouvernementaux – qui affirment qu’ils ne peuvent pas, en raison de leur conscience personnelle, adhérer à certaines lois déterminées ou accomplir leurs tâches de fonctionnaires gouvernementaux, par exemple en délivrant des certificats de mariage à des couples de même sexe ?

– Je ne peux pas avoir présents à l’esprit tous les cas possibles d’objection de conscience. Mais oui, je peux dire que l’objection de conscience est un droit et qu’elle fait partie de tous les droits. C’est un droit et, si on ne permet pas à quelqu’un d’exercer l’objection de conscience, on lui dénie un droit. L’objection de conscience doit être présente dans toute organisation judiciaire, parce que c’est un droit, un droit de l’homme. Autrement, on finit par faire un tri des droits : tel droit est un droit de qualité, tel autre est un droit de non qualité… Il s’agit d’un droit de l’homme. J’ai toujours été ému – en disant ceci je parle contre moi-même ! – quand, étant enfant, je lisais – je l’ai fait plusieurs fois – la “Chanson de Roland” : il y avait le moment où tous les mahométans étaient alignés ; devant eux, il y avait les fonts baptismaux et l’épée et ils devaient choisir entre les deux. Pour eux, pas d’objection de conscience. Non, l’objection de conscience est un droit. Et nous, si nous voulons faire régner la paix, nous devons respecter tous les droits.

– Et cela comprend aussi les fonctionnaires gouvernementaux ?

– C’est un droit de l’homme. Si le fonctionnaire gouvernemental est un être humain, il possède ce droit. C’est un droit de l’homme. »


L’information de la rencontre entre François et Kim Davis n’a été divulguée qu’après le retour du pape à Rome.

« Le Pape m’a parlé en anglais – a ensuite raconté Mme Davis -, il n’y avait pas d’interprètes. Il m’a dit : ‘Merci pour votre courage’. Et j’ai répondu : ‘Merci à vous, Saint-Père’. C’était un moment extraordinaire. ‘Restez forte’, m’a-t-il dit. J’ai fondu en larmes, j’étais vraiment sous le coup de l’émotion ».

Pourtant, quelques jours plus tard, le 2 octobre 2015, face à l’ampleur de la polémique, le directeur de l’époque de la salle de presse du Vatican, Federico Lombardi, publiait un communiqué ( http://press.vatican.va/content/salastampa/it/bollettino/pubblico/2015/10/02/0749/01616.html ) dans lequel il soutient :

- que la rencontre avec Kim Davis n’était que l’une des « plusieurs dizaines » de salutations de courtoisie que le Pape François avait adressées le même jour à un grand nombre de personnes ;

- que la rencontre « ne devait pas être considérée comme un soutien à sa position dans tous ses aspects particuliers et complexes » ;

- que « la seule ‘audience’ accordée par le Pape à la nonciature [de Washington] concernait un de ses anciens élèves et sa famille ».

A part le fait que la « famille » en question reçue en audience était formée d’un vieil ami argentin de Bergoglio, Yayo Grassi, et de son compagnon indonésien Iwan Bagus, ce qui est le plus frappant dans ce communiqué – certainement approuvé par le Pape – c’est qu’il contredit ou à tout le moins qu’il affaiblit ce que le même François avait dit dans l’avion pour défendre Kim Davis et le droit à l’objection de conscience.

Mais ça ne s’arrête pas là. Le 28 août dernier, trois ans plus tard, le « New York Times » publiait un entretien entre François et Juan Carlos Cruz, la plus célèbre victime des abus sexuels au Chili, selon qui le Pape lui aurait dit, à propos de la rencontre avec Kim Davis :

“I did not know who the woman was and he [Msgr. Viganò] snuck her in to say hello to me – and of course they made a whole publicity out of it. And I was horrified and I fired that nuncio”.
« Je ne savais pas qui était cette femme et il [Mgr Viganò] l'a fait entrer pour me dire bonjour - et bien sûr, ils en ont fait toute une publicité. Et j'étais horrifié et j'ai viré ce nonce. »

Le 30 août, Viganò a répliqué à ces déclarations attribuées au Pape par une reconstruction détaillée des coulisses de cette rencontre, afin de démontrer que François « était parfaitement au courant de qui était Mme Davis » et que « lui et ses proches collaborateurs avaient approuvé cette audience ».

Dans son mémorandum, Viganò ne cite pas les déclarations faites par François à bord de l’avion que nous citons ci-dessus. Mais elles suffisent à elles seules pour démontrer combien le Pape était pleinement au courant de l’affaire, au point de citer mot à mot, dans la réponse qu’il fait au journaliste d’ABC News, certains passages de la note informative que Viganò lui avait remise à la veille de sa rencontre avec Mme Davis qui a depuis été divulguée.

Au terme de son mémorandum, Viganò en vient à poser cette alternative : « L’un des deux ment : est-ce Cruz ou bien le Pape ? ».

Mais il est vraisemblable que les choses ne soient pas aussi tranchées. Et c’est ici qu’intervient le second élément à prendre en compte, un élément qui touche de plus près à la personnalité de Jorge Mario Bergoglio.

*

Jorge Mario Bergoglio est un Pape qui incarne la contradiction. L’affaire Kim Davis en est un exemple mais ce n’est pas le seul.

Nous avons déjà fait allusion aux contradictions entre ce que François a dit dans l’avion le 28 septembre 2015 et ce qu’il a fait dire au P. Lombardi le 2 octobre suivant.

Et puis il y a cette contradiction – toujours en ce qui concerne le mémorandum de Viganò – entre les propos alarmistes du Secrétaire d’État Pietro Parolin qui a convoqué en urgence à Rome le nonce des États-Unis de l’époque le 3 octobre en lui disant : « Il faut que tu viennes tout de suite à Rome parce que le pape est furieux contre toi » et le traitement « affectueux et paternel », plein d’ « éloges continus » avec lequel François a discuté avec Viganò quand il l’a reçu en audience le 9 octobre.

Il y a aussi cette contradiction entre ce que François aurait dit à Juan Carlos Cruz : qu’il avait été piégé par Viganò et qu’il l’avait licencié sur-le-champ.

Le 2 septembre dernier, le P. Lombardi a mollement répondu ( https://s3.amazonaws.com/lifesite/Rosica-Lombardi_statement.pdf ) – avec le P. Thomas Rosica qui était le porte-parole anglophone de l’époque pour la salle de presse du Vatican – au mémorandum de Viganò en s’efforçant de défendre son communiqué de trois ans plus tôt.

Mais l’explication la plus simple et la plus vraisemblable, c’est que le Pape François ait tranquillement joué tous rôles du drame, même si l’un contredisait l’autre : les déclarations dans l’avion, le communiqué du 2 octobre, sa colère contre Viganò auprès du cardinal Parolin, l’audience bienveillante qui s’en suivi avec ce même Viganò, la nouvelle charge contre Viganò avec le chilien Cruz…

Le Pape Bergoglio est ainsi fait. Ou plutôt, il dit à chacun ce qu’il pense opportun de lui dire sur le moment, selon des calculs qu’il est le seul à connaître.

Le Pape se comporte très souvent ainsi, surtout sur les questions les plus controversées. Nous en avons eu un autre exemple flagrant avec ce qui s’est passé l’hiver dernier concernant la Chine. Alors que d’un côté, en recevant en audience le cardinal Joseph Zen Zekium et le secrétaire de l’époque « De Propagana Fide » Savio Hon Taifai, il disait à tous les deux, faisant mine d’être surpris, de n’avoir pas été informé de ce que les diplomates du Vatican étaient en train de faire en faveur du régime chinois aux dépense de l’Église soi-disant « clandestine », et qu’il leur promettait d’agir pour soutenir leurs protestations, quelques jours plus tard, un communiqué officiel du Vatican confirmait en revanche qu’il n’y avait « aucune divergence de pensée et d’action entre le Saint-Père et ses collaborateurs de la Curie romaine sur les questions chinoises » et que la Secrétairerie d’État tenait le Pape en permanence informé « de manière fidèle et détaillée » et qu’au contraire, les affirmations du cardinal Zen étaient « surprenantes et regrettables ».

Il suffit de voir encore comment François s’est comporté avec le cardinal Robert Sarah, le Préfet de la Congrégation pour le culte divin. Le 11 juillet 2016, un communiqué officiel du Vatican attaquait le cardinal de manière humiliante en contredisant ses recommandations en faveur d’une orientation de la prière liturgique vers l’Orient et sa volonté de procéder à une » réforme de la réforme », c’est-à-dire à une rectification des déviations des nouveautés liturgiques postconciliaires.

Sauf que François avait reçu le cardinal Sarah en audience deux jours plus tôt. En le remerciant et en le félicitant pour ce qu’il faisait, sans la moindre allusion au coup de poignard qu’il était sur le point de lui donner. Et le mois d’avril précédent, au cours d’une autre audience, François avait justement recommandé au cardinal Sarah de mettre en œuvre cette « réforme de la réforme » qu’il s’apprêtait à condamner publiquement par la suite.

Mais l’exemple le plus flagrant des contradictions incarnées par François, c’est sa réponse à cette dame luthérienne qui lui avait demandé si elle pouvait communier avec son mari catholique. Il ne s’agissait pas d’audiences séparées s’adressant à des personnes différentes mais d’une seule et même intervention de quelques minutes avec la même personne au cours de laquelle le Pape Bergoglio a dit tout et son contraire. Il lui a d’abord dit oui, et puis non, et puis je ne sais pas, avant de lui dire de faire comme elle voulait. La vidéo de cette intervention (en italien sous-titrée en anglais) est un extraordinaire « condensé » pour comprendre la personnalité du Pape actuel :

> « Mi chiamo Anke de Bernardini… » : https://www.youtube.com/watch?v=W8Dlt6gzB-4

Une personnalité qu’il s’est lui-même forgée à travers plusieurs périodes obscures qu’il a lui-même rappelées ( http://www.diakonos.be/settimo-cielo/comment-le-pape-bergoglio-reecrit-sa-propre-vie-les-annees-de-la-grande-desolation/ ) récemment et qui l’ont mené à se confier pendant plusieurs mois à un psychothérapeute non sans avoir laissé en lui une inquiétude intérieure encore non résolue.

C’est pour la vaincre cette dernière qu’il a lui-même avoué par exemple fait le choix de Sainte-Marthe comme résidence, « pour des raisons psychiatriques » et qu’il refuse de lire les articles en ligne de ses opposants pour préserver sa propre « santé mentale ».


Source : http://www.diakonos.be/settimo-cielo/francois-un-pape-qui-dit-une-chose-et-son-contraire/
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Re: L'AFFAIRE VIGANO

Message par Gilbert Chevalier le Sam 20 Oct - 14:34

9- Où Ratzinger joue double-jeu, comme ses copains conciliaires

Sanctions contre McCarrick : Vigano persiste


("Benoît-et-moi", le 2/9/2018)

Interview de l'ex nonce aux États-Unis sur le site LifeSiteNews. Il répond à ses détracteurs.
Et explique pourquoi les sanctions prises par Benoît XVI étaient "privées"


Viganó persiste et signe :
sous Benoît, McCarrick s'est vu imposer des restrictions, mais « il n'a pas obéi »


1er septembre 2018
https://www.lifesitenews.com/news/vigano-doubles-down-mccarrick-was-restricted-under-benedict-but-he-didnt-ob
Ma traduction


* * *

Le ci-devant cardinal Theodore McCarrick a continué à faire des apparitions publiques après que le Pape Benoît XVI lui ait imposé des sanctions car «il n'a pas obéi» au Saint-Père, a dit l'archevêque Carlo Maria Viganó à LifeSiteNews dans une interview exclusive.
L'ex-nonce apostolique aux États-Unis a répondu aux tentatives des médias de remettre en question son témoignage selon lequel le pape François a couvert McCarrick tout en connaissant sa réputation d'abuseur sexuel de séminaristes et de prêtres. Viganó a répété dans l'interview qu'il avait parlé avec McCarrick des restrictions que Benoît lui avait imposées, mais qu'en tant que nonce, il n'avait pas le pouvoir de les faire respecter.


---

«Je n'étais pas en position d'imposer», a expliqué Viganó à LifeSiteNews, «avant tout parce que les sanctions imposées à McCarrick ont été prises de manière privée. C'était la décision du Pape Benoît XVI».

Selon Viganó, le Pape Benoît a rendu les sanctions de McCarrick privées, peut-être «parce qu'il (McCarrick) était déjà à la retraite, peut-être parce qu'il (Benoît) pensait qu'il était prêt à obéir».
Mais, McCarrick, «n'a manifestement pas obéi», a dit Viganó à LifeSiteNews.

Différents médias ont publié des articles tentant de jeter le doute sur Viganó et son témoignage détaillé publié le 25 août, impliquant le pape François et d'autres hauts prélats dans la couverture de McCarrick tout en sachant qu'il était un serial abuseur sexuel de séminaristes et de prêtres.

L'un des éléments du témoignage de Viganó en cause est de savoir si Benoît avait imposé des restrictions à McCarrick après avoir pris connaissance des allégations contre l'ancien archevêque de Washington.

Une vidéo du 29 août produite par Catholic News Service (CNS) [l'agence des évêques US, ndt] jette une incertitude sur la question de savoir si Benoît a imposé des sanctions à McCarrick entre 2009 et 2010, comme Viganó l'a dit dans son témoignage.

https://youtu.be/_SeTlVE3toY

La vidéo compile différents clips: McCarrick témoignant devant le Congrès en mars 2011 au nom de l'USCCB [la conférence des évêques US], une visite ad limina au Vatican en janvier 2012 au cours de laquelle McCarrick a concélébré la messe et rencontré deux fois Benoît, et un autre événement de mai 2012, parrainé par les Sociétés pontificales missionnaires, en l'honneur McCarrick, auquel Viganó avait pris la parole.

Viganó a dit à LifeSiteNews qu'il avait déjà parlé à McCarrick à l'époque de ce dernier clip vidéo, lui répétant les mesures qui avaient été prises à son encontre par le pape Benoît XVI, ce que son prédécesseur, feu l'archevêque Pietro Sambi, avait également fait.

Viganó, nonce d'octobre 2011 à avril 2016, a expliqué qu'il commençait à peine son rôle de représentant du Pape à l'époque des événements des différents clips vidéo rassemblés par CNS, et qu'il apprenait la culture et la hiérarchie de sa nouvelle mission aux États-Unis.

A part le fait qu'il ne faisait que commencer dans sa mission, le nonce n'est pas quelqu'un qui peut directement faire respecter les restrictions, surtout avec un cardinal, qui est considéré comme son supérieur. Une telle attitude serait du ressort de quelqu'un dans la position du cardinal Donald Wuerl, Archevêque de Washington, et successeur de McCarrick, a dit Viganó.

Un autre extrait de la vidéo de CNS montrant McCarrick assistant à une visite ad limina à Rome et rencontrant le Pape Benoît XVI, semble suggérer que le cardinal n'a pas été sanctionné. Viganó a expliqué qu'une fois de plus, McCarrick n'obéissait pas aux restrictions qui lui étaient imposées mais qu'il était inconcevable pour Benoît d'aborder la question avec le cardinal à ce moment-là, en présence de tous les autres évêques.

«Pouvez-vous imaginer le Pape Benoît XVI, quelqu'un d'aussi doux qu'il l'était, disant: "Que faites-vous ici?" devant les autres évêques»
, a dit Viganó.

Un autre extrait de la vidéo du CNS montrant Viganó assistant au gala des Sociétés Pontificales de la Mission avec McCarrick, semble suggérer que McCarrick n'avait pas subi de sanctions et que Viganó ne s'était pas inquiété de la présence du cardinal. Viganó a déclaré à LifeSiteNews qu'il ne pouvait pas renoncer à assister à l'événement et que pendant l'événement, il n'a pas non plus eu l'occasion de rappeler au cardinal les sanctions.

«Je ne pouvais pas dire: "Que faites-vous ici?"» dit-il. «Pouvez-vous l'imaginer? Personne n'était au courant (au sujet des sanctions), c'était une rencontre privée (quand elles ont été prises par Benoît). Donc cette vidéo ne prouve rien.»


La preuve des sanctions imposées à McCarrick pendant la papauté de Benoît XVI ne se limite pas au témoignage de Viganó.

Un article du Washington Post de juin 2014 intitulé «Le cardinal Theodore McCarrick, qui voyage dans le monde entier, a presque 84 ans et travaille plus dur que jamais», souligne à quel point McCarrick était omniprésent après l'élection de François. Le récit confirmait qu'il avait été mis à l'écart par Benoît, pour ensuite refaire surface sous François.

«McCarrick fait partie d'un certain nombre d'ecclésiastiques de haut rang qui ont été plus ou moins mis sur la touche pendant les huit années de pontificat de Benoît XVI», affirme le Post. «Mais maintenant François est pape, et des prélats comme le cardinal Walter Kasper (un autre vieil ami de McCarrick) et McCarrick lui-même sont de retour dans la mêlée, et plus occupés que jamais».

L'article du WP inclut également l'échange entre François et McCarrick dans lequel François aurait dit en plaisantant que le diable n'était pas prêt pour accueillir McCarrick en enfer [nous en avons parlé ici: Rapport Vigano: le pape doit démissionner : http://benoit-et-moi.fr/2018/actualite/rapport-vigano-le-pape-doit-demissionner.html#304418a94b0723f03 ].

L'anecdote du WP utilise l'échange comme une introduction à «l'improbable renaissance dont McCarrick (était) en train de profiter» sous François.

"«Je suppose que le Seigneur n'en a pas encore fini avec moi», a-t-il dit au pape.
«Ou alors ton logement chez le diable n'est pas encore prêt», rétorqua François en riant.

McCarrick aime raconter cette histoire, parce qu'il aime raconter de bonnes histoires et parce qu'il a un sens de l'humour aussi vif que celui du pape. Mais l'échange en dit aussi long sur l'improbable renaissance dont jouit McCarrick alors qu'il se prépare à célébrer son 84e anniversaire en juillet (2014)."

Détaillant plusieurs visites internationales de McCarrick après l'élection de François en mars 2013, l'article du Washington Post précise:

«Parfois, les voyages de McCarrick à l'étranger sont à la demande du Vatican, parfois au nom de Catholic Relief Services [la branche américaine de la Caritas]. Occasionnellemnt, c'est le Département d'Etat américain qui lui demande de faire un voyage».
«Mais François, qui a remis le Vatican sur la scène géopolitique, sait que lorsqu'il a besoin d'un opérateur averti, il peut se tourner vers McCarrick, comme il l'a fait pour le voyage en Arménie»

McCarrick, nommé cardinal en 2001, a pris sa retraite en 2006, rapporte l'article du WP, «et sous Benoît, il faisait des efforts en vain. Puis François a été élu, et tout a changé»

Plus loin dans l'article, McCarrick fait l'éloge de Benoît, et suggère que si on lui avait demandé, il aurait fait ce que Benoît voulait «pour ramener l'église là où il pensait qu'elle devrait être»:

«Le pape Benoît XVI est un homme merveilleux, et c'était un bon ami à moi avant qu'il ne devienne pap», a dit McCarrick. «Mais il était anxieux de ramener l'église là où il pensait qu'elle devrait être, et je suppose que je ne faisais pas partie de ceux qui, selon lui, l'aideraient dans ce domaine. J'aurais évidemment fait ce qu'il demandait».

Source : http://benoit-et-moi.fr/2018/actualite/sanctions-contre-mccarrick-vigano-persiste.php
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Re: L'AFFAIRE VIGANO

Message par Gilbert Chevalier le Sam 20 Oct - 15:23

10- Nouvelle lettre de Viganò, un homme au cœur droit,
un sur cent-mille


Mgr Vigano se défend


("Benoît-et-moi", le 29/8/2018)

Alors que le NYT ressort un article de 2016 destiné à le discréditer, il a écrit une lettre pour rétablir les faits. Et Aldo Maria Valli publie aujourd’hui cette lettre

Je ne sais plus qui a écrit que depuis la publication de son fameux rapport, la "machine à fange" s'est déchaînée contre Mgr Vigano avec une violence inouïe.
Mais nous savons que le courageux prélat s'y attendait ( http://benoit-et-moi.fr/2018/actualite/les-confidences-de-mgr-vigano-a-am-valli.html ). Faute de pouvoir réfuter ses arguments avec des FAITS, on s'en prend à sa personne, et même à sa famille. On va par exemple jusqu'à prétendre que les mesures disciplinaires prises par Benoît XVI contre McCarrick étaient "secrètes" (!!) - façon d'insinuer que Vigano les a inventées (comme si c'était la première fois que Benoît XVI était désobéi!!). Mais rappelons à tous ces pieux défenseurs de François qui confondent les faits et ceux qui les rapportent, que Benoît XVI est toujoujours en vie, et que si tel était le cas, le Pape émérite n'aurait pas hésité à publier un démenti ou une mise au point, comme il l'avait fait promptement dans l'affaire dite du "Lettergate" ( http://benoit-et-moi.fr/2018/dossier-lettergate.html ).

Sous des dehors faussement modérés, l'article fielleux du site <Aleteia> (manifestement en service commandé!!), qu'on peut lire ici ( https://fr.aleteia.org/2018/08/28/abus-sexuels-aux-etats-unis-le-pape-francois-juge-inutile-de-commenter-les-accusations-contre-lui/ ) donne une idée assez juste de la violence des attaques contre l'ex-nonce. Notons qu'à propos des insinuations sur la famille de ce dernier, elles sont réfutés par lui-même dans un document publié par Aldo Maria Valli ( https://www.aldomariavalli.it/wp-content/uploads/2018/08/Il-comunicato-dei-fratelli-Vigano.pdf ), qui lui donne aussi (ICI : https://www.aldomariavalli.it/2018/08/28/parla-vigano-non-sono-il-corvo-e-non-agisco-per-vendetta-voglio-solo-che-la-verita-emerga/ ) la parole pour répondre à d'autres accusations.
Le même Aldo Maria Valli publiait la veille une autre mise au point de Mgr Vigano, concernant des accusations portées contre lui d'avoir couvert des actes de pédophilie lorsqu'il était nonce à Washington.

Un dernier point à souligner: de toute façon, même si Mgr Vigano avait effectivement des choses à se reprocher, voire des "cadavres dans le placard", cela ne prouverait en rien que son rapport est mensonger. Et c'est son impuissance à lui opposer des arguments convaincants pour le démentir qui rend le clan pro-François si nerveux.


Vigano discrédité ? Voilà comment il se défend

https://www.aldomariavalli.it/2018/08/28/vigano-screditato-ecco-come-lui-stesso-risponde/
28 août 2018
Ma traduction


* * *

L'archevêque Carlo Maria Viganò, l'ex-nonce aux États-Unis qui a révélé qu'il avait informé le pape François de l'affaire McCarrick dès mars 2013, a publié une nouvelle déclaration écrite rejetant comme fausses certaines des reconstructions qui circulent actuellement dans le but de le discréditer.

L'affaire concerne un article paru dans le New York Times en 2016, qui soutenait que le nonce alors en poste aux États-Unis avait annulé une enquête sur la conduite sexuelle de l'archevêque John Nienstedt, plus tard jugé innocent par les autorités civiles.

Le NYT affirmait qu'en avril 2014, Viganò ordonna à deux évêques auxiliaires de l'archidiocèse de St Paul et Minneapolis de bloquer l'enquête sur Nienstedt et de détruire une lettre qu'ils lui avaient écrite pour protester contre sa décision.

Le NYT basait sa reconstruction des faits sur un mémoire du Père Dan Griffith, délégué pour la protection des mineurs dans l'archidiocèse de St Paul et Minneapolis, selon lequel l'ordre du Viganò était motivé par la décision de tout couvrir et d'éviter les scandales.

Réapparu aujourd'hui pour discréditer l'ex-nonce et miner sa crédibilité, l'accusation a poussé Viganò à intervenir avec une déclaration écrite, datée du 26 août 2018, dans laquelle il parle de fausseté contre lui.

Voici la lettre de Mgr Vigano :

« Des accusations contre ma personne sont parues dans les médias - en juillet 2016, alors que j'avais déjà quitté ma mission à Washington - faisant suite à la publication d'un mémorandum écrit par le Père Dan Griffith, alors délégué à la protection des mineurs dans l'archidiocèse.

Ces accusations - affirmant que j'ai ordonné aux deux évêques auxiliaires de Minneapolis de clore l'enquête sur la vie de l'archevêque John C. Nienstedt - sont fausses.

Le Père Griffith n'était pas présent lors de ma rencontre à la Nonciature avec l'archevêque et les deux auxiliaires le 12 avril 2014, rencontre au cours de laquelle plusieurs affidavits [déclaration sous serment] contenant des accusations contre l'Archevêque Nienstedt m'ont été remis.

Ces affidavits ont été recueillis par la firme Greene Espel, retenue par le père Griffith au nom de l'archidiocèse pour enquêter sur l'archevêque Nienstedt. Cette firme appartient au groupe "Lawyers for All Families", qui s'est battu contre l'archevêque Nienstedt pour l'approbation du mariage homosexuel dans l'État du Minnesota.

L'un de ces affidavits affirmait que Mgr Nienstedt avait eu une liaison avec une Garde suisse pendant son service au Vatican une vingtaine d'années auparavant.

Des enquêteurs privés de la firme Greene Espel avaient mené une enquête partisane et accusatrice, et voulaient à présent étendre immédiatement leur enquête à la Garde pontificale suisse, sans entendre d'abord l'archevêque Nienstedt.

J'ai suggéré aux évêques venus à la Nonciature le 12 avril 2014, de dire aux avocats de Greene Espel qu'il me semblait approprié que l'archevêque Nienstedt soit entendu avant de prendre cette mesure - audiatur et altera pars [entendre l'autre partie] - ce qu'ils n'avaient pas encore fait. Les évêques ont accepté ma suggestion.
Mais le lendemain, j'ai reçu une lettre signée par les deux auxiliaires, affirmant faussement que j'avais suggéré que l'enquête soit arrêtée.

Je n'ai jamais dit à qui que ce soit que Greene Espel devrait mettre fin à l'enquête, et je n'ai jamais ordonné la destruction d'un document. Toute déclaration contraire est fausse.

Cependant, j'ai demandé à l'un des évêques auxiliaires, Lee A. Piché, de retirer de l'ordinateur et des archives archidiocésaines la lettre affirmant faussement que j'avais suggéré que l'enquête soit interrompue. J'ai insisté sur ce point non seulement pour protéger mon nom, mais aussi celui de la Nonciature et du Saint-Père qui seraient inutilement blessés si une fausse déclaration était utilisée contre l'Église.

Le jour même où la nouvelle paraissait dans le New York Times, le 21 juillet 2016, le Saint-Père demanda au Cardinal Parolin de téléphoner au Nonce à Washington (Christophe Pierre), ordonnant qu'une enquête sur ma conduite soit ouverte immédiatement, afin que je puisse être dénoncé au tribunal chargé de juger les dissimulations d'abus de la part d'évêques.

J'ai informé le Bureau de presse du Vatican en la personne du Père Lombardi et de M. Greg Burke. Avec l'autorisation du substitut du secrétaire d'État, l'ex-archevêque [aujourd'hui cardinal] Becciu, M. Jeffrey Lena - un avocat américain travaillant pour le Saint-Siège - s'est rendu à la Congrégation pour les évêques où il a trouvé des documents prouvant que ma conduite avait été absolument correcte.

M. Lena a remis au Saint-Père un rapport écrit me disculpant. Malgré cela, le Bureau de presse du Vatican n'a pas jugé nécessaire de publier une déclaration réfutant l'article du New York Times.

La Nonciature a également répondu au Cardinal Parolin par un rapport détaillé, qui rétablissait la vérité et démontrait que ma conduite avait été absolument correcte.

Ce rapport se trouve au Secrétariat d’État du Vatican et à la Nonciature à Washington.

Le 28 janvier 2017, j'ai écrit à l'archevêque Pierre et à l'archevêque Hebda (qui avait succédé à Nienstedt), leur demandant de corriger publiquement le mémorandum Griffith. Malgré les courriels et les appels téléphoniques répétés, je n'ai jamais eu de nouvelles d'eux. »

26 août 2018


Source : http://benoit-et-moi.fr/2018/actualite/mgr-vigano-se-defend.html
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Re: L'AFFAIRE VIGANO

Message par Gilbert Chevalier le Sam 20 Oct - 16:14

11- Analyse du tonnerre sur l'affaire Viganò

Pourquoi Mgr Viganò dit (sans doute) la vérité


("Benoît-et-moi", le 7/9/2018)


... et pourquoi Benoît XVI garde le silence.
Les hypothèses raisonnables d'un philosophe-blogueur américain,
reprises par AM Valli


La confrontation Bergoglio/Vigano : un philosophe la voit ainsi

https://www.aldomariavalli.it/2018/09/06/il-confronto-bergoglio-vigano-un-filosofo-lo-vede-cosi/
7 septembre 2018
Ma traduction


* * *

L'affaire du mémorandum de l'archevêque Carlo Maria Viganò monopolise depuis des jours les commentaires des principaux observateurs du Vatican, et il n'est pas facile de tout suivre. En tout cas, l'une des évaluations les plus intelligentes (évidemment à mon avis) semble être celle du philosophe Edward Feser ( http://edwardfeser.blogspot.com/2018/09/why-archbishop-vigano-is-almost_5.html ), professeur au Pasadena City College, qui illustre un certain nombre de raisons pour lesquelles on peut raisonnablement soutenir que Viganò a dit la vérité.

La première raison, dit Feser, est le silence assourdissant du pape. Bergoglio a été la cible d'une attaque sans précédent d'un ecclésiastique de haut rang, archevêque, ambassadeur du Vatican aux États-Unis. Et pourtant, pour l'instant, il a refusé de répondre. Et ceci «n'est tout simplement pas l'attitude que l'on attendrait d'une personne si les accusations portées contre elle étaient manifestement fausses». Au contraire, on s'attendrait à ce que l’intéressé procède à une réfutation forte et immédiate.

Certains des défenseurs de François, note Feser, affirment que Bergoglio fait preuve d'une totale indifférence et se comporte comme Jésus lui-même, qui n'a pas répondu aux accusations. Une observation qui pourrait être acceptée si Bergoglio avait toujours choisi cette ligne. François, au contraire, s'est défendu en plus d'une occasion. Par exemple, lorsqu'il a été accusé d'être communiste, ou lorsqu'il a été accusé de ne pas avoir parlé ouvertement des crimes en Argentine, ou lorsqu'il a été attaqué par la gauche d'avoir rencontré Kim Davis en 2015 (dans ce cas, défense demandée à la salle de presse du Vatican). Il s'est également défendu lorsqu'il a été attaqué en 2016 en raison de son refus d'associer l'islam au terrorisme et quand, en 2017, il a comparé les camps pour migrants aux camps nazis.

Ainsi, la thèse selon laquelle Bergoglio, plutôt que de répondre à la critique, préfère «tendre l'autre joue» ne tient pas. Puisqu'il a si souvent répondu, pourquoi ne répond-il pas maintenant que les accusations viennent d'un haut représentant de la hiérarchie ?

Considérant ensuite, observe Feser, que dans ce cas, ce qui est en jeu n'est pas seulement sa réputation, mais le bien de l'Église elle-même, Bergoglio, en répondant, aiderait à empêcher d'autres divisions.

Les défenseurs de François demandent que l'archevêque apporte les preuves. Mais Viganò a dit où se trouvent les preuves: il a dit que la documentation correspondante se trouve dans les archives de la Secrétairerie d’État du Vatican et de la Nonciature Apostolique à Washington. Et qui d'autre que le pape peut ordonner que la documentation soit disponible immédiatement?

En outre, Viganò a fourni sa propre version de ses rencontres personnelles avec François. Alors pourquoi Bergoglio ne donne-t-il pas sa version, en mesure de réfuter celle de Viganò ? Le silence de François, dit Feser, ne fait que confirmer la position de ceux qui soutiennent que les accusations de Viganò ne sont pas fausses.

Mais il y a ensuite un autre silence sur lequel on peut s'interroger, et c'est celui de Benoît XVI.

Il est vrai que Ratzinger s'est promis d'être le plus à l'écart possible, dans la prière, et il est concevable qu'il ne veuille rien dire pour ne favoriser d'aucune façon une division fatale (jusqu'au risque du schisme) dans l'Église. Cependant, dit Feser, puisque la controverse actuelle menace sérieusement l'unité de l’Église, il serait légitime d'attendre une parole de Benoît XVI pour éviter un tel danger. Mais rien.

Admettons, dit Feser, que Viganò mente sur les sanctions que Benoît aurait imposées sous une forme privée à McCarrick. Si Ratzinger parlait, il pourrait mettre fin à la crise, ou du moins apporter une contribution importante pour y mettre fin. Si Ratzinger disait que ce que soutient Viganò est faux, la crédibilité de l'ex-nonce subirait un coup dur. Et la menace du schisme serait grandement réduite.
Alors pourquoi ne le fait-il pas?

Mais supposons encore, dit Feser, que l'archevêque Viganò dise la vérité. Si Benoît le confirmait publiquement, il donnerait de la crédibilité à l'archevêque et causerait un grave dommage à François. Ce qui se transformerait en une puissante contribution au schisme, avec une véritable «guerre des deux papes». Alors, étant établi que ce que Benoît veut éviter plus que tout autre chose est précisément le schisme, il semble légitime d'affirmer que son silence semble renforcer l'hypothèse que Viganò dit la vérité plutôt que l'hypothèse que Viganò ment.

Selon le vaticaniste Edward Pentin, une source proche de Benoît dit que Ratzinger se souvient d'avoir demandé en privé à McCarrick de garder un profil bas, sans un décret formel. Si cette communication a eu lieu à la demande de Benoît (et nous n'en sommes pas certains), cela pourrait être interprété comme un moyen de surmonter la difficulté de choisir entre confirmer le témoignage de Viganò, et donc blesser François, ou saper le témoignage de Viganò et blesser ainsi l'ancien nonce. En fait, l'insinuation selon laquelle Benoît XVI ne se souvient pas clairement de ce qui s'est passé, mais qu'en tout cas il n'y avait pas de décret formel, semble aider le Pape François. Mais, d'autre part, l'affirmation que McCarrick aurait été prié en privé de rester discret confirme l'essence des accusations de Viganò.

Certains des défenseurs de François ont vu dans la nouvelle diffusée par Pentin une accusation contre Viganò, mais tel n'est pas le cas. Vigano, en effet, n'a jamais dit que McCarrick a fait l'objet d'une mesure formelle, à la suite d'une véritable enquête.

La conclusion, dit Fever, est que la source de Pentin confirme que Benoît a pris des mesures privées contre McCarrick, tout comme Viganò l'a dit. Donc, si la communication a eu lieu à la demande de Ratzinger, il s'agit de la confirmation, d'une manière subtile mais sans équivoque, que la version de Viganò est vraie. Si au contraire la communication n'a pas eu lieu par la volonté de Benoît XVI, cela signifie que le pape émérite a gardé un silence total, et cela, pour les raisons exposées ci-dessus, semble plus compréhensible dans l'hypothèse que Viganò ait dit la vérité.

Mais un autre point qui, selon Feser, joue en faveur de Viganò, est le souci de l'ancien nonce pour sa place dans l'histoire mais surtout pour les conséquences de ce qu'il a fait pour son âme dans l'au-delà. Viganò est sur des positions théologiques conservatrices, et ses détracteurs ne font que le souligner chaque jour. Maintenant, parmi les croyances les plus ancrées chez ceux qui ont une éducation mentale et spirituelle d'empreinte conservatrice, il y a la croyance que le mensonge est toujours intrinsèquement un péché, même lorsqu'on ment pour une bonne cause, et qu'un tel péché est toujours mortel lorsqu'il s'agit d'une question aussi grave que la réputation de quelqu'un. Et ce n'est pas tout. Une autre chose dont sont convaincus ceux qui ont des opinions théologiques très conservatrices, c'est que même si les papes sont faillibles quand ils ne parlent pas ex cathedra, ils doivent toujours être traités avec beaucoup de respect, même quand ils se trompent. Un mauvais pape n'est pas comparable au chef d'une faction politique. C'est au contraire un père, et il ne cesse jamais d'être père, même quand il a tort. Son inconduite ne légitime donc pas l'attaque contre lui. Même si dans certaines circonstances il peut être critiqué par ses subordonnés, la critique doit être faite avec prudence et respect. Une troisième chose à laquelle croient les catholiques conservateurs est que l'histoire de l'Église est dominée par une lutte épique entre le bien et le mal et que Dieu récompense les justes et les sincères, pas les fourbes. Maintenant, dit Feser, supposons que l'archevêque Viganò mente. Alors il aurait commis ce qu'il sait être un péché très grave, absolument mortel, parce qu'il aurait calomnié le Vicaire du Christ. Et il ne l'aurait pas fait une seule fois, mais à chaque fois qu'il a répété la calomnie. Et la confession sacramentelle elle-même ne pourrait le sauver, car son comportement dénote l'absence d'une ferme intention de s'amender. De plus, Viganò sait que, dans ce cas, il passerait l'histoire comme un méchant à la puissance n, une figure semblable à Judas. Absurdités!, pourrait répliquer quiconque ne croit pas en ces choses. Mais le fait est que Viganò, étant un conservateur, comme le répètent ses accusateurs, y croit nécessairement.

De plus, ajoutons que Viganò, tel qu'il a été formé à l'école diplomatique du Saint-Siège, est un homme d'Église qui place la défense du pape au premier rang absolu, au prix, au péril de sa vie elle-même. Ainsi, si un homme en possession d'une telle formation, qui est aussi une forma mentis, en vient à accuser le pape, cela signifie qu'il a une raison très sérieuse de le faire.

Quelqu'un a fait remarquer que Vigano est un menteur parce que, lors d'une occasion publique, il s'est adressé à McCarrick avec des mots aimables. Mais Viganò est ambassadeur, et c'est ainsi que se comporte un diplomate. Il ne peut pas créer de scandale, et par conséquent mettre le pape lui-même, dont il est le représentant, dans une position difficile lors d'un dîner de gala.

Comme raison supplémentaire en faveur de Viganò, Feser cite le comportement de Bergoglio dans d'autres cas de prêtres responsables, disons, d'un comportement moral déplacé. La liste est longue. Le cardinal Danneels a tenté de protéger un évêque abuseur, a conseillé au roi des Belges de signer la loi sur l'avortement, a refusé d'interdire le matériel pornographique dans les écoles comme matériel «éducatif», a parlé du mariage homosexuel comme d'un «développement positif», s'est félicité avec le gouvernement belge pour avoir approuvé la loi sur «le mariage» entre personnes du même sexe.

En somme, des prises de position pas vraiment en ligne avec la doctrine catholique. Et pourtant, c'est à lui que Bergoglio a attribué un rôle important dans le Synode de 2015 sur la famille. On peut dire la même chose de l'ancien archevêque de Los Angeles, le cardinal Roger Mahony, qui a été sanctionné en 2013 par son successeur pour sa mauvaise gestion des cas d'abus sexuels du clergé, et pourtant, au début de cette année, Bergoglio l'a nommé son représentant officiel aux célébrations du 150e anniversaire du diocèse de Scranton (charge que Mahony a abandonnée après les manifestations de laïques). Et puis il y a le cas de Mgr Battista Ricca, choisi par François pour diriger la Casa Santa Marta, et nommé son prélat à l'Ior, bien que le mosignore ait été le protagoniste d'histoires homosexuelles, au point de demander son retour à Rome quand il vivait à l'étranger. Et puis il y a l'histoire de l'évêque Barros au Chili, accusé d'avoir couvert l'abus du prêtre Fernando Karadima mais défendu jusqu'au bout par le pape, au point de parler de «diffamation» contre lui, quitte ensuite à reculer et à s'excuser lorsque l'Associated Press publia une lettre qui démontrait incontestablement que le pape était au courant des méfaits de Barros depuis 2015 (épisode incluant le reproche au pape par le cardinal O'Malley, membre du conseil des cardinaux et à la tête de la Commission du Vatican sur la protection des mineurs).

Personne ne peut dire exactement pourquoi Bergoglio a été indulgent dans toutes ces affaires. Quoi qu'il en soit, il l'a été.

Et puis (et nous arrivons ici à son silence) il y a les absences de réponse aux critiques et aux observations, comme dans le cas des dubia des quatre cardinaux sur Amoris laetitia et comme dans le cas de la non-réponse sur le mémorandum de Viganò pendant le vol du retour de Dublin.

Bref, note Feser, Bergoglio n'est pas connu pour ses choix linéaires et ses réponses directes. Au contraire, Viganò est très clair dans son mémorandum, au point que, bien qu'il ne soit pas vague, il prête le flanc à la réfutation. Et ici, dit Feser, il n'y a qu'une seule conclusion : la crédibilité de quelqu'un qui est clair, et se montre disponible pour les vérifications, est plus grande que celle de celui qui se montre habituellement ambigu et évasif.

Malheureusement, toutes les autres charges contre Viganò vont dans le même sens. Curieuse, l'anecdote rapportée à propos du cardinal Sandri, qui a dit à un journaliste, au téléphone «Je ne suis pas à mon bureau, bonsoir». Et Feser souligne qu'il était le plus bavard de tous.

Tous se taisent, de la Secrétairerie d'État à la Nonciature de Washington. Vont-ils parler? On ne sait pas encore. Pourtant, écrit Feser, habituellement, les personnes innocentes nient les accusations portées contre eux. Et pourquoi la nonciature de Washington ne publie-t-elle pas la documentation nécessaire pour mieux comprendre?

Ces circonstances, cependant, ne semblent pas intéresser la grande presse, qui a décidé a priori de confirmer et de renforcer le récit basé sur l'image de François le Grand Réformateur, auquel les méchants traditionalistes mettent les bâtons dans les roues.

Bien sûr, il est possible qu'aujourd'hui, ou dans quelques jours, de nouveaux éléments et de nouvelles preuves changent complètement le tableau. Lequel, à ce jour, est celui-là.

Source : http://benoit-et-moi.fr/2018/actualite/pourquoi-mgr-vigano-dit-sans-doute-la-verite.html
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Re: L'AFFAIRE VIGANO

Message par Gilbert Chevalier le Sam 20 Oct - 17:01

12- Viganò intervient de nouveau contre l'Antéchrist (texte intégral) :
la finale (en rouge) dit tout


Mgr Vigano revient à la charge


("Benoît-et-moi", le 28/9/2018)

et il le fait en des termes d'une grande charge dramatique et émotionnelle, dans une nouvelle déclaration transmise à ses correspondants choisis, Marco Tosatti ( http://www.lanuovabq.it/it/vigano-il-papa-non-risponde-chi-tace-acconsente ), Aldo Maria Valli ( https://www.aldomariavalli.it/2018/09/27/vigano-papa-francesco-perche-non-rispondi-chi-tace-acconsente/ ) et Life Site News ( https://www.lifesitenews.com/news/breaking-vigano-releases-new-testimony-responding-to-popes-silence-on-mccar )

Sandro Magister reproduit également l'appel de Mgr Vigano sur <Settimo Cielo : http://magister.blogautore.espresso.repubblica.it/2018/09/28/vigano-atto-secondo-mentre-francesco-tace-o-parla-cifrato/ > ce matin. Sous le titre "VIGANO ACTE II. TANDIS QUE FRANÇOIS SE TAIT, OU PARLE EN LANGAGE CODÉ", voici son introduction:
« Après son acte d'accusation du 26 août contre la couverture que François aurait donnée aux méfaits de l'ex-cardinal Théodore McCarrick - "témoignage" complété par la suite par un mémoire concernant l'affaire Kim Davis - l'ex-nonce aux Etats-Unis Carlo Maria Viganò est de retour avec ce second acte d'accusation, contre les paroles et les silences non seulement du pape François mais aussi d'autres chefs de curie, notamment du cardinal Marc Ouellet, préfet de la congrégation des évêques. »


* * *

Viganò : "Pape François, pourquoi ne réponds-tu pas? Qui ne dit mot consent"

par Aldo Maria Valli
https://www.aldomariavalli.it/2018/09/27/vigano-papa-francesco-perche-non-rispondi-chi-tace-acconsente/
28 septembre 2018


« Un mois après la publication de son mémorandum, Mgr Carlo Maria Viganò reprend la parole. Il le fait à travers un texte, que nous publions ici, qui nous est envoyé de l'endroit secret où il vit.
.... »


Source : http://benoit-et-moi.fr/2018/actualite/mgr-vigano-revient-a-la-charge.html


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Mgr Viganò publie une nouvelle lettre
en réponse au silence du Pape François
au sujet du scandale de Mgr McCarrick


Lettre originale en anglais de Mgr Viganò
(PDF de 4 pages : https://www.lifesitenews.com/images/local/SCIO_CUI_CREDIDI_-_E.pdf)
publiée sur un article de LifeSiteNews
— traduite par Campagne Québec-Vie

par Augustin Hamilton le 27/09/2018


- - -

Archevêque titulaire d'Ulpiana
Nonce apostolique

Scio Cui credidi
(2 Tim 1:12)

Avant de commencer à écrire, je voudrais tout d'abord rendre grâce et gloire à Dieu le Père pour chaque situation et épreuve qu'Il a préparées et qu'Il me préparera durant ma vie. En tant que prêtre et évêque de la sainte Église, épouse du Christ, je suis appelé comme tout baptisé à rendre témoignage à la vérité. Par le don de l'Esprit qui me garde dans la joie sur le chemin que je suis appelé à parcourir, je compte le faire jusqu'à la fin de mes jours. Notre seul Seigneur m'a aussi adressé l'invitation : «Suis-moi!» et j'ai l'intention de le suivre avec l'aide de sa grâce jusqu'à la fin de mes jours.

Je veux chanter à Yahvé tant que je vis,
je veux jouer pour mon Dieu tant que je dure.
Puisse mon langage lui plaire,
moi, j'ai ma joie en Yahvé!
(Psaume 103 :33-34)
[ou 104 :33-34]


* * * * *

Cela fait un mois que j'ai donné mon témoignage, uniquement pour le bien de l'Église, sur ce qui s'est passé lors de l'audience avec le Pape François le 23 juin 2013 et sur certains sujets qu'il m'a été donné de savoir dans les missions que l'on m'avait confiées au Secrétariat d'État et à Washington, concernant ceux, coupables de couvrir les crimes commis par l'archevêque de cette capitale.

Ma décision de révéler ces graves faits a été pour moi la décision la plus douloureuse et la plus importante que j'aie jamais prise de ma vie. Je l'ai fait après longue réflexion et prières, pendant des mois de souffrance profonde et d'angoisse, pendant un crescendo de nouvelles continuelles d'événements terribles, comprenant des milliers de victimes innocentes détruites et les vocations et les vies de jeunes prêtres et religieux perturbées. Le silence des pasteurs qui auraient pu apporter un remède et empêcher de nouvelles victimes est devenu de plus en plus indéfendable, un crime dévastateur pour l'Église. Bien conscient des conséquences énormes que mon témoignage pouvait avoir, car ce que j'allais révéler impliquait le successeur de Pierre lui-même, j'ai néanmoins choisi de parler pour protéger l'Église, et je déclare en toute conscience devant Dieu que mon témoignage est vrai. Le Christ est mort pour l'Église, et Pierre, Servus servorum Dei [Serviteur des serviteurs de Dieu], est le premier appelé à servir l'épouse du Christ.

Assurément, certains des faits que je devais révéler étaient couverts par le secret pontifical que j'avais promis d'observer et que j'ai fidèlement observé depuis le début de mon service au Saint-Siège. Mais le but de tout secret, y compris le secret pontifical, est de protéger l'Église de ses ennemis, et non de couvrir et de devenir complice des crimes commis par certains de ses membres. J'ai été témoin, non par choix, de faits choquants et, comme l'affirme le Catéchisme de l'Église catholique (par. 2491), le sceau du secret n'est pas contraignant lorsque des dommages très graves ne peuvent être évités que par la divulgation de la vérité. Seul le sceau de la confession aurait pu justifier mon silence.

Ni le Pape, ni aucun des cardinaux de Rome n'ont nié les faits que j'ai affirmés dans mon témoignage. «Qui tacet consentit» [Qui ne dit mot consent] s'applique sûrement ici, car s'ils nient mon témoignage, ils n'ont qu'à se prononcer et à fournir des documents à l'appui de cette dénégation. Comment peut-on éviter de conclure que la raison pour laquelle ils ne fournissent pas la documentation est qu'ils savent que cela confirmerait mon témoignage ?

Le centre de mon témoignage était que depuis du moins le 23 juin 2013, le Pape savait par moi à quel point McCarrick était pervers et mauvais dans ses intentions et ses actes, et au lieu de prendre les mesures que tout bon pasteur aurait prises, le Pape a fait de McCarrick un de ses principaux agents dans le gouvernement de l'Église, par rapport aux États-Unis, la Curie, et même la Chine, comme nous le voyons en ces jours avec une grande préoccupation et une grande anxiété pour cette église martyre.

Maintenant, la réponse du Pape à mon témoignage a été : «Je ne dirai pas un mot!» Mais ensuite, se contredisant lui-même, il a comparé son silence à celui de Jésus à Nazareth puis devant Pilate, et m'a comparé au grand accusateur, Satan, qui sème le scandale et la division dans l'Église — sans toutefois prononcer mon nom. S'il l'avait dit : «Viganò a menti», il aurait mis en question ma crédibilité tout en essayant d'affirmer la sienne. Ce faisant, sa réponse aurait eu pour résultat d'intensifier les demandes du peuple de Dieu et du monde concernant la documentation nécessaire pour déterminer qui a dit la vérité. Au lieu de cela, il a mis en place une subtile calomnie contre moi — la calomnie étant une offense dont il a souvent comparé la gravité à celle du meurtre.

En effet, il l'a fait à plusieurs reprises, dans le cadre de la célébration du Très Saint Sacrement, l'Eucharistie, où il ne court aucun risque d'être interpellé par des journalistes. Lorsqu'il s'est adressé aux journalistes, il les a invités à exercer leur maturité professionnelle et à tirer leurs propres conclusions. Mais comment les journalistes peuvent-ils découvrir et connaître la vérité si les personnes directement concernées par une affaire refusent de répondre aux questions ou de divulguer des documents ? Le refus du Pape de répondre à mes accusations et sa surdité à l'appel des fidèles à se justifier ne sont guère compatibles avec ses appels à la transparence et à la construction de ponts.

De plus, la protection du Pape envers McCarrick n'était manifestement pas une erreur isolée. De nombreux autres cas ont récemment été documentés dans la presse, montrant que le Pape François a défendu des ecclésiastiques homosexuels qui avaient commis de graves abus sexuels à l'encontre de mineurs ou d'adultes. Il s'agit notamment de son rôle dans l'affaire du P. Julio Grassi de Buenos Aires, de la réhabilitation du P. Mauro Inzoli après que le Pape Benoît l'eût retiré de son ministère (jusqu'à ce qu'il aille en prison, moment à partir duquel le Pape François le laïcisa) et de la suspension de l'enquête sur les allégations d'abus sexuels contre le cardinal Cormac Murphy O'Connor.

Entre-temps, une délégation de l'USCCB, dirigée par son président, le cardinal DiNardo, s'est rendue à Rome pour demander une enquête du Vatican sur McCarrick. Le cardinal DiNardo et les autres prélats devraient dire à l'Église en Amérique et dans le monde : le Pape a-t-il refusé de mener une enquête vaticane sur les crimes de McCarrick et sur les responsables de leur dissimulation ? Les fidèles méritent de savoir.

Je voudrais lancer un appel spécial au cardinal Ouellet, car en tant que nonce, j'ai toujours travaillé en grande harmonie avec lui, et j'ai toujours eu une grande estime et amitié pour lui. Il se souviendra quand, à la fin de ma mission à Washington, il m'a reçu dans son appartement à Rome le soir pour une longue conversation. Au début du pontificat du pape François, il avait conservé sa dignité, comme il l'avait fait avec courage lorsqu'il était archevêque de Québec. Plus tard, cependant, quand son travail de préfet de la Congrégation pour les évêques a été miné parce que les recommandations pour les nominations épiscopales ont été transmises directement au Pape François par deux «amis» homosexuels de son dicastère, contournant ainsi le cardinal, il a abandonné. Son long article dans L'Osservatore Romano, dans lequel il se prononce en faveur des aspects les plus controversés d'Amoris Lætitia, incarne sa reddition. Votre Éminence, avant mon départ pour Washington, c'est vous qui m'avez parlé des sanctions du pape Benoît XVI à l'encontre de McCarrick. Vous avez à votre disposition des documents clés incriminant McCarrick et plusieurs membres de la curie pour leurs dissimulations. Votre Éminence, je vous invite à porter témoignage à la vérité.


* * * * *

Enfin, je veux vous encourager, chers fidèles, mes frères et sœurs en Christ : ne soyez jamais découragés ! Faites vôtre l'acte de foi et de confiance totale en Jésus-Christ, notre Sauveur, de saint Paul dans sa deuxième Lettre à Timothée, Scio cui credidi, que j'ai choisi comme devise épiscopale. C'est un temps de repentance, de conversion, de prières, de grâce, pour préparer l'Église, l'épouse de l'Agneau, à être prête pour combattre et à gagner avec Marie le combat contre le vieux dragon.

«Scio Cui credidi» (2 Tim 1 :12)
[Je sais en qui j'ai mis ma foi]
En Vous, Jésus, mon seul Seigneur, je place toute ma confiance.
«Diligentibus Deum omnia cooperantur in bonum» (Rom 8:28)

Pour commémorer mon ordination épiscopale conférée par saint Jean Paul II le 26 avril 1992, j'ai choisi cette image tirée d'une mosaïque de la basilique Saint-Marc à Venise. Elle représente le miracle de l’apaisement de la tempête. J'ai été frappé par le fait que dans la barque de Pierre, secouée par les eaux, la figure de Jésus est représentée deux fois. Jésus dort profondément à l'avant, tandis que Pierre essaie de le réveiller : «Maître, tu ne te soucies pas de ce que nous périssons ?» Pendant ce temps, les apôtres, terrifiés, regardent chacun dans une direction différente et ne se rendent pas compte que Jésus se tient derrière eux, les bénit et commande sûrement la barque : «S'étant réveillé, il menaça le vent et dit à la mer : "Silence! Tais-toi!" Et le vent tomba et il se fit un grand calme. Puis il leur dit : "Pourquoi avez-vous peur ainsi ? N'avez-vous pas encore de foi ?"» (Mc 4, 38-40).

La scène dépeint opportunément l'immense tempête que traverse l'Église en ce moment, mais avec une différence substantielle : non seulement le successeur de Pierre ne voit pas le Seigneur en pleine possession de la barque, mais il ne semble même pas envisager de réveiller Jésus endormi à l'avant.

Peut-être le Christ est-il devenu invisible à son vicaire ? Peut-être est-il tenté d'essayer de se substituer à notre seul Maître et Seigneur ?

Le Seigneur est maître de la barque !
Que le Christ, la Vérité, soit toujours la lumière sur notre chemin !


+ Carlo Maria Viganò
Archevêque titulaire d'Ulpiana
Nonce apostolique

29 septembre 2018
Fête de Saint Michel Archange


Source : https://www.cqv.qc.ca/mgr_vigano_publie_une_nouvelle_lettre_en_reponse_au_silence_du_pape_francois_au_sujet_du_scandale_de_mgr_mccarrick

[La phrase que j'ai mise en rouge signifie implicitement que Bergoglio est l'Antéchrist, car seul l'Antéchrist peut se substituer au Christ.]
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Re: L'AFFAIRE VIGANO

Message par Gracieuse le Sam 20 Oct - 19:35

Merci pour cette manne d'informations

Gracieuse

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Re: L'AFFAIRE VIGANO

Message par Gilbert Chevalier le Sam 20 Oct - 21:24

De rien ! Il y en aura d'autres...
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Re: L'AFFAIRE VIGANO

Message par Gilbert Chevalier le Dim 21 Oct - 20:53

13- L'Antéchrist répond à Viganò par Ouellet :
un chef-d’œuvre d'hypocrisie !


Lettre ouverte du cardinal Ouellet
sur les récentes accusations contre le Saint-Siège


Vatican News, le 7 octobre 2018

Dans une lettre ouverte, le Préfet de la Congrégation pour les Évêques répond aux accusations formulées par l’ancien nonce à Washington Mgr Carlo Maria Viganò qui visaient le Pape François et le Saint-Siège, à propos de la gestion du cas Mc Carrick.

Voici le texte intégral de cette lettre, publiée ce samedi 7 octobre:




LETTRE OUVERTE DU PRÉFET DE LA CONGRÉGATION POUR LES ÉVÊQUES,
CARDINAL MARC OUELLET,
AU SUJET DES RÉCENTES ACCUSATIONS CONTRE LE SAINT SIÈGE


Cher confrère Carlo Maria Vigano,

Dans ton dernier message aux Media pour dénoncer le Pape François et la Curie romaine, tu m’exhortes à dire la vérité sur des faits que tu interprètes comme une corruption endémique qui a envahi la hiérarchie de l’Église jusqu’à son plus haut niveau. Avec la permission pontificale requise, j’offre ici mon témoignage personnel comme préfet de la Congrégation pour les Évêques, sur les faits concernant l’Archevêque émérite de Washington Theodore McCarrick et sur ses liens présumés avec le Pape François, qui font l’objet de ta dénonciation publique retentissante, ainsi que de ton exigence de démission à l’égard du Saint Père. Mon témoignage s’appuie sur mes contacts personnels et sur les documents d’archive de la Congrégation qui font actuellement l’objet d’une étude pour éclairer ce triste cas.

Permets-moi toutefois de te dire d’abord en toute sincérité, à cause de la bonne collaboration qui a existé entre nous quand tu étais nonce à Washington, que ta position actuelle m’apparaît incompréhensible et extrêmement regrettable, non seulement à cause de la confusion qu’elle sème dans le peuple de Dieu, mais à cause des accusations publiques qui lèsent gravement la réputation des évêques, successeurs des Apôtres. Je me souviens d’avoir joui un certain temps de ton estime et de ta confiance, et je constate que j’aurais maintenant perdu à tes yeux la dignité qui m’était reconnue, pour la seule raison que je suis resté fidèle aux orientations du Saint Père dans le service qu’il me confie dans l’Église. La communion avec le Successeur de Pierre n’est-elle pas l’expression de notre obéissance au Christ qui l’a choisi et qui le soutient de sa grâce? Mon interprétation d’Amoris Laetitia que tu dénonces, s’inscrit dans cette fidélité à la tradition vivante dont François nous a donné un autre exemple en modifiant récemment le Catéchisme de l’Église Catholique sur la question de la peine de mort.

Venons-en aux faits. Tu dis avoir informé le Pape François le 23 juin 2013 sur le cas McCarrick lors de l’audience qu’il t’a concédée, de même qu’à tant d’autres représentants pontificaux qu’il a rencontrés alors pour la première fois. J’imagine la quantité énorme d’informations verbales ou écrites qu’il a dû alors recueillir sur beaucoup de personnes et de situations. Je doute fort que McCarrick l’intéressait au point où tu voudrais le faire croire, puisqu’il était un Archevêque émérite de 82 ans et sans office depuis sept ans. C’est pourquoi les instructions écrites de la Congrégation qui t’ont été données au début de ta mission à Washington en novembre 2011, ne disaient rien de McCarrick, si ce n’est que, oralement, je t’ai informé de sa situation comme évêque émérite devant obéir à certaines conditions et restrictions à cause des rumeurs sur son comportement dans le passé.

Depuis le 30 juin 2010 que je suis préfet de cette Congrégation, je n’ai jamais porté en audience auprès du pape Benoit XVI ou du pape François le cas McCarrick, sauf ces jours derniers après sa déchéance du Collège des Cardinaux. L’ex-cardinal, retraité en mai 2006, était exhorté à ne pas voyager et à ne pas faire d’apparitions publiques afin de ne pas provoquer d’autres rumeurs qui circulaient à son sujet. Il est faux de présenter les mesures prises à son égard comme des « sanctions » décrétées par le Pape Benoît XVI et annulées par le Pape François.

Après révision des archives, je constate qu’il n’y a pas de documents à ce sujet signés par l’un ou l’autre pape, ni de note d’audience de mon prédécesseur le Cardinal Jean-Baptiste Re, qui donnerait le mandat d’obliger l’Archevêque émérite McCarrick au silence et à la vie privée avec la rigueur de peines canoniques. La raison en est qu’on ne disposait pas alors, à la différence d’aujourd’hui, de preuves suffisantes de sa culpabilité présumée. D’où la position de la Congrégation, inspirée à la prudence, et les lettres de mon prédécesseur et de moi-même l’exhortant, par l’intermédiaire des Nonces Apostoliques Pietro Sambi et toi-même, à un style de vie discret de prière et pénitence pour son propre bien et celui de l’Église. Son cas aurait fait l’objet de nouvelles mesures disciplinaires si la Nonciature à Washington ou une quelconque autre source nous avait fourni des informations récentes et décisives sur son comportement. Je suis d’avis que, par respect des victimes et exigence de justice, la recherche en cours aux États-Unis et à la Curie romaine fournisse une analyse critique complète des procédures et des circonstances de ce cas douloureux afin d’éviter que cela se reproduise dans l’avenir.

Comment se fait-il que cet homme d’Église dont on connaît aujourd’hui l’incohérence, ait été promu à plusieurs reprises jusqu’à occuper les très hautes fonctions d’Archevêque de Washington et de Cardinal ? J’en suis moi-même fort étonné, et je reconnais des failles dans le processus de sélection qui a été mené dans son cas. Mais sans fournir ici de détails, on doit comprendre que les décisions qui sont prises par le Souverain Pontife reposent sur les informations dont on dispose au moment précis, et qui font l’objet d’un jugement prudentiel qui n’est pas infaillible. Il me semble injuste de conclure à la corruption des personnes en charge du discernement préalable même si, dans le cas concret, certains indices fournis par des témoignages auraient dû être davantage examinés. Le prélat en cause a su se défendre très habilement des doutes soulevés à son endroit. Par ailleurs, qu’il puisse y avoir au Vatican des personnes qui pratiquent et soutiennent des comportements contraires aux valeurs de l’Évangile en matière de sexualité, ne nous autorise pas à généraliser et à déclarer indignes et complices un tel et un tel, et même le Saint Père lui-même. Ne faut-il pas que les ministres de la vérité se gardent avant tout de la calomnie et de la diffamation?

Cher représentant pontifical émérite, je te dis franchement qu’accuser le pape François d’avoir couvert en toute connaissance de cause ce présumé prédateur sexuel, et donc d’être complice de la corruption qui sévit dans l’Église au point d’être devenu indigne de poursuivre sa réforme en tant que premier pasteur de l’Église, me semble à tous les points de vue incroyable et invraisemblable. Je n’arrive pas à comprendre comment tu as pu te laisser convaincre de cette monstrueuse accusation qui ne tient pas la route. François n’a eu rien à voir avec les promotions de McCarrick à New York, Metuchen, Newark et Washington. Il l’a destitué de sa dignité de cardinal dès qu’est apparue une accusation crédible d’abus de mineur. Je ne l’ai jamais entendu faire allusion à ce soi-disant grand conseiller de son pontificat pour les nominations en Amérique, alors que le Pape ne cache pas la confiance qu’il accorde à certains prélats. Je devine que ceux-ci ne sont pas de ta préférence ni de celle des amis qui soutiennent ton interprétation des faits. Mais je trouve aberrant que tu profites du scandale retentissant des abus sexuels aux États-Unis pour infliger à l’autorité morale de ton supérieur, le Souverain Pontife, un coup inouï et immérité !

J’ai le privilège de rencontrer longuement le pape François chaque semaine pour traiter les nominations d’évêques et les problèmes qui affectent leur gouvernement. Je sais très bien comment il traite les personnes et les problèmes, avec beaucoup de charité, de miséricorde, d’attention et de sérieux, comme tu en as fait toi-même l’expérience. De lire comment tu termines ton dernier message apparemment très spirituel en te moquant et en jetant un doute sur sa foi m’a semblé vraiment trop sarcastique, voire blasphématoire. Cela ne peut pas venir de l’Esprit de Dieu.

Cher confrère, je voudrais bien t’aider à retrouver la communion avec celui qui est le garant visible de la communion de l’Église catholique ; je comprends que des peines et des déceptions aient jalonné ta route au service du Saint Siège, mais tu ne peux pas terminer ainsi ta vie sacerdotale dans une rébellion ouverte et scandaleuse qui inflige une blessure très douloureuse à l’Épouse du Christ, que tu prétends mieux servir, en aggravant la division et le désarroi dans le peuple de Dieu. Que puis-je répondre à ton appel sinon te dire : sors de ta clandestinité, repens-toi de ta révolte et reviens à de meilleurs sentiments à l’égard du Saint Père au lieu de fomenter l’hostilité contre lui. Comment peux-tu célébrer l’Eucharistie et prononcer son nom au canon de la messe? Comment peux-tu prier le saint Rosaire, Saint Michel Archange et la Mère de Dieu en condamnant celui qu’elle protège et accompagne tous les jours dans son lourd et courageux ministère ?

Si le Pape n’était pas un homme de prière, s’il était attaché à l’argent, s’il favorisait les riches aux dépens des pauvres, s’il ne démontrait pas une énergie infatigable pour accueillir toutes les misères et donner le généreux réconfort de sa parole et de ses gestes, s’il ne multipliait pas tous les moyens possibles d’annoncer et de communiquer la joie de l’évangile à tous et à toutes, dans l’Église et au-delà de ses frontières visibles, s’il ne tendait pas la main aux familles, aux vieillards abandonnés, aux malades de l’âme et du corps, et surtout aux jeunes en recherche de bonheur, on pourrait peut-être lui préférer, selon toi, quelqu’un qui adopte d’autres attitudes diplomatiques et politiques, mais je ne peux pas mettre en cause son intégrité personnelle, sa consécration à la mission et surtout le charisme et la paix qui l’habitent, par la grâce de Dieu et la puissance du Ressuscité.

En réponse à ton attaque injuste et injustifiée dans les faits, cher Vigano, je conclus donc que l’accusation est un montage politique privé de fondement réel incriminant le pape, et qu’elle blesse profondément la communion de l’Église. Plût à Dieu que cette injustice flagrante soit rapidement réparée et que le Pape François continue à être reconnu pour ce qu’il est : un pasteur insigne, un père compatissant et ferme, une grâce prophétique pour l’Église et pour le monde. Qu’il poursuive joyeusement et en toute confiance la réforme missionnaire qu’il a entreprise, en sachant qu’il peut compter encore davantage sur la prière du peuple de Dieu et la solidarité renouvelée de toute l’Église unie à Très Sainte Vierge Marie, Reine du Saint Rosaire!

Marc Cardinal Ouellet Préfet de la Congrégation pour les Évêques,
En la Fête de Notre-Dame du Rosaire, 7 octobre 2018.


Source : https://www.vaticannews.va/fr/vatican/news/2018-10/lettre-ouverte-du-cardinal-ouellet.html
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Re: L'AFFAIRE VIGANO

Message par Gilbert Chevalier le Dim 21 Oct - 21:15

14- Explication de texte

« Le cardinal Ouellet fut reçu par le Souverain Pontife immédiatement après que le deuxième document de Viganò apparut, avec l'invitation, précisément, à Ouellet de dire la vérité. On peut raisonnablement penser que la réponse d'Ouellet tient compte de la pensée du Pontife. »


Marco Tosatti, Stilum curiae, le 7 octobre 2018
https://www.marcotosatti.com/2018/10/07/ouellet-scrive-a-vigano-conferma-bxvi-chiese-a-mccarrick-vita-ritirata-penitenza-e-preghiera/


* * *

Quand Ouellet marque contre son camp

("Benoît-et-moi", le 8/10/2018)

Loin de dédouaner la responsabilité du Pape, dans sa réponse à Mgr Vigano le Préfet de la Congrégation des Évêques se débat maladroitement et surtout admet implicitement que les sanctions prises par Benoît XVI contre McCarrick existent bel et bien. Commentaire de Marco Tosatti

Luigi Accattroli avait révélé récemment lors d'un de ses débats récurrents avec Giuseppe Rusconi (cf. Intrigues de vaticanistes : http://benoit-et-moi.fr/2018/actualite/intrigues-de-vaticanistes.html ) que la réponse du Saint-Siège à Vigano allait être publiée incessamment.
Il semble bien que l'indiscrétion était une information fiable. Coup sur coup, nous avons un communiqué du Saint-Siège (sur lequel nous reviendrons), et une lettre du cardinal Ouellet.
Dans cette lettre, le cardinal répond à Mgr Vigano qui le mettait en cause directement dans son second rapport. Et le moins qu'on puisse dire est que son plaidoyer est maladroit, puisqu'il admet très explicitement que des "sanctions" existaient bel et bien.

« Les instructions écrites de la Congrégation qui t’ont été données au début de ta mission à Washington en novembre 2011, ne disaient rien de McCarrick, si ce n’est qu'oralement, je t’ai informé de sa situation comme évêque émérite devant obéir à certaines conditions et restrictions à cause des rumeurs sur son comportement dans le passé. L’ex-cardinal, retraité en mai 2006, était exhorté à ne pas voyager et à ne pas faire d’apparitions publiques afin de ne pas provoquer d’autres rumeurs qui circulaient à son sujet ».

Tout aussi peu convaincant, le ton larmoyant, qui appuie sur la corde sensible (mais ne répond pas aux questions) et verse dans l'hagiographie, rendant le plaidoyer suspect ou à tout le moins inefficace:

« J’ai le privilège de rencontrer longuement le pape François chaque semaine pour traiter les nominations d’évêques et les problèmes qui affectent leur gouvernement. Je sais très bien comment il traite les personnes et les problèmes, avec beaucoup de charité, de miséricorde, d’attention et de sérieux, comme tu en as fait toi-même l’expérience. De lire comment tu termines ton dernier message apparemment très spirituel en te moquant et en jetant un doute sur sa foi m’a semblé vraiment trop sarcastique, voire blasphématoire. Cela ne peut pas venir de l’Esprit de Dieu.
Cher confrère, je voudrais bien t’aider à retrouver la communion avec celui qui est le garant visible de la communion de l’Église catholique; je comprends que des peines et des déceptions aient jalonné ta route au service du Saint Siège, mais tu ne peux pas terminer ainsi ta vie sacerdotale dans une rébellion ouverte et scandaleuse qui inflige une blessure très douloureuse à l’Épouse du Christ, que tu prétends mieux servir, en aggravant la division et le désarroi dans le peuple de Dieu. Que puis-je répondre à ton appel sinon te dire: sors de ta clandestinité, repens-toi de ta révolte et reviens à de meilleurs sentiments à l’égard du Saint Père au lieu de fomenter l’hostilité contre lui. Comment peux-tu célébrer l’Eucharistie et prononcer son nom au canon de la messe? Comment peux-tu prier le saint Rosaire, Saint Michel Archange et la Mère de Dieu en condamnant celui qu’elle protège et accompagne tous les jours dans son lourd et courageux ministère ? »


Je laisse la parole à Marco Tosatti, l'un des journalistes les plus directement impliqués comme récipiendaire des deux "rapports Vigano". Il décrypte les propos du cardinal, démontant point par point ses arguments.
Malgré cela, je n'exclus évidemment pas que les habituels bergogliens, qui persistent dans leur autisme, vont exulter: "Le cardinal Ouellet dément Vigano"; "le cardinal Ouellet: Vigano a menti"; "Ouellet: Il n'y avait pas de sanction". Etc.

A noter: AM Valli, lui aussi intermédiaire choisi par Mgr Vigano pour la publication de ses deux "mémo" commente également la lettre de Ouellet (cf. https://www.aldomariavalli.it/2018/10/07/ouellet-attacca-vigano-ma-non-gli-risponde-anzi-conferma-le-sanzioni-a-carico-di-mccarrick/ ).

Et il apporte cette précision:
« Même le Wall Street Journal, au sujet de la lettre du cardinal, écrit: le Vatican dénonce l'accusation contre le Pape mais confirme le point clé ( https://www.wsj.com/articles/vatican-denounces-accusation-against-pope-but-confirms-key-point-1538912551 ) et le point clé est que les sanctions contre McCarrick existaient, mais l''oncle Ted' ne les a pas respectées».

Évidemment, le WSJ, propriété de Rupert Murdoch est l'un des pires suppôts de l'ultra-libéralisme économique américain, en collusion avec l'ultra-droite et la frange ultra-conservatrice de l'épiscopat. Complot?
[Malheureusement, l'article du WSJ est en accès payant...]



Ouellet contre Vigano. Mais il confirme les sanctions contre McCarrick


Marco Tosatti
8 octobre 2010
http://www.lanuovabq.it/it/ouellet-contro-vigano-ma-conferma-sanzioni-mccarrick
Ma traduction

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Le Préfet de la Congrégation des Évêques Ouellet, a écrit à l'archevêque Viganò, qui l'avait mis directement en cause. Le cardinal lui reproche sa position à l'égard du Souverain Pontife, mais confirme que des mesures de vie retirée avaient été prises à l'encontre de McCarrick, compte tenu de son comportement prédateur. Néanmoins, à partir de 2013, il a recommencé à voyager y compris au nom du nouveau Pape.

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Le Préfet de la Congrégation des Évêques, le cardinal Marc Ouellet, a écrit hier une lettre ouverte à l'archevêque Carlo Maria Viganò, qui l'avait directement mis en cause avec son second message. La lettre a été publiée sur le site web de VaticanNews ( https://www.vaticannews.va/fr/vatican/news/2018-10/lettre-ouverte-du-cardinal-ouellet.html ).

Le cardinal y reproche à l'archevêque sa position à l'égard du Pontife, à qui il n'épargne pas des éloges à n'en plus finir. La partie la plus intéressante du message est certainement celle qui touche certains points centraux du témoignage de Mgr Viganò; en particulier l'audience du 23 juin 2013, où l'ex-nonce aurait dit clairement qui était McCarrick et ce qu'il avait fait, et comment Benoît XVI l'avait puni; et précisément les "sanctions" contre l'archevêque prédateur homosexuel.

Le point central du témoignage de Mgr Viganò concerne la conversation du 23 juin 2013 avec le Pape. Ouellet écrit:

« Venons-en aux faits. Tu dis avoir informé le Pape François le 23 juin 2013 sur le cas McCarrick lors de l’audience qu’il t’a concédée, de même qu’à tant d’autres représentants pontificaux qu’il a rencontrés alors pour la première fois. J’imagine la quantité énorme d’informations verbales ou écrites qu’il a dû alors recueillir sur beaucoup de personnes et de situations. Je doute fort que McCarrick l’intéressait au point où tu voudrais le faire croire, puisqu’il était un Archevêque émérite de 82 ans et sans office depuis sept ans. »

Cette objection aurait un sens si Mgr Viganò avait abordé le thème McCarrick de sa propre initiative. Mais il ne l'a pas fait. C'est le Pape qui lui a demandé: «McCarrick, comment est-il?». A quoi le nonce lui répondit en lui disant des choses d'une gravité et d'un poids tels qu'elles auraient difficilement pu passer inaperçues ou être oubliées. Et ce cardinal américain l'intéressait suffisamment pour s'enquérir de lui et l'envoyer en Chine et ailleurs en son nom, changeant ainsi la situation d'interdiction de voyage et de présence publique demandée par son prédécesseur. Par conséquent, cette tentative de minimiser l'importance de la rencontre du 23 juin, aussi louable soit-elle pour décharger le Souverain Pontife de ses responsabilités, ne fonctionne pas vraiment; au contraire, elle permet de penser que le récit de l'audience rendu public par Viganò est correct.

Y a-t-il eu oui ou non des sanctions contre McCarrick à l'époque de Benoît (vers 2009-2010)? Ouellet écrit:

« Les instructions écrites de la Congrégation qui t’ont été données au début de ta mission à Washington en novembre 2011, ne disaient rien de McCarrick, si ce n’est que, oralement, je t’ai informé de sa situation comme évêque émérite devant obéir à certaines conditions et restrictions à cause des rumeurs sur son comportement dans le passé. L’ex-cardinal, retraité en mai 2006, était exhorté à ne pas voyager et à ne pas faire d’apparitions publiques afin de ne pas provoquer d’autres rumeurs qui circulaient à son sujet. Il est faux [!!! ]de présenter les mesures prises à son égard comme des "sanctions" décrétées par le Pape Benoît XVI et annulées par le Pape François. »

Cela s'appelle jouer sur les mots. Il y a donc bel et bien eu contre McCarrick des sanctions, ou restrictions, ou conditions, appelez-les comme vous voulez, non pas écrites, mais verbales. C'est une confirmation importante, qui déblaie le terrain autour d'une question sur laquelle on bataille sans fin, surtout dans la presse proche du Pontife. Pas de voyages; mais la première chose que McCarrick a dite à Viganò en le rencontrant après l'élection de mars 2013, c'est qu'il avait parlé avec le Pape et qu'il lui avait dit d'aller en Chine. Donc le pape François a modifié les "conditions" fixées par Benoît XVI pour McCarrick, c'est-à-dire de ne pas voyager et de ne pas paraître en public. Qu'est-ce qui est le plus plus faux, présenter ces "exhortations" comme des sanctions ou essayer de faire croire que François n'a pas eu envers McCarrick une attitude différente de celle de Benoît XVI?

Ouellet écrit encore qu'il y a eu «lettres de mon prédécesseur et de moi-même l’exhortant, par l’intermédiaire des Nonces Apostoliques Pietro Sambi et toi-même, à un style de vie discret de prière et pénitence pour son propre bien et celui de l’Église». Par conséquent, même en l'absence d'ordres écrits sous forme de sanctions, McCarrick était exhorté à agir comme s'il y avait de véritables sanctions; la vie qu'il mène aujourd'hui, sur ordre du Vatican, est une vie de prière et de pénitence. Et cela a dû être vrai jusqu'à ce que Jorge Mario Bergoglio devienne pape: depuis lors - c'est la chronique de ces années, pas le cardinal Ouellet, qui nous le dit - exhortations, conditionnements et sanctions ont disparu. Le préfet des évêques confirme également dans ce cas le témoignage de Viganò.

Ouellet écrit encore:

« Son cas aurait fait l’objet de nouvelles mesures disciplinaires si la Nonciature à Washington ou une quelconque autre source nous avait fourni des informations récentes et décisives sur son comportement. Je suis d’avis que, par respect des victimes et exigence de justice, la recherche en cours aux États-Unis et à la Curie romaine fournisse une analyse critique complète des procédures et des circonstances de ce cas douloureux afin d’éviter que cela se reproduise dans l’avenir. »

Très juste. Mais cette exhortation-argument ne tient pas compte d'une série de facteurs qui le rendent très faible, et rendent faible la position de l'ensemble de la Curie romaine dans cette affaire.

Lisez cette partie du premier témoignage de Mgr Viganò:

« Le nonce Sambi transmit au cardinal secrétaire d’État Tarcisio Bertone un mémorandum d’accusation contre McCarrick par le prêtre Gregory Littleton du diocèse de Charlotte, réduit à l'état laïc pour viol de mineurs, accompagné de deux documents du même Littleton, dans lequel celui-ci racontait l’histoire tragique des abus sexuels commis à l’époque par l’archevêque de Newark et par plusieurs autres prêtres et séminaristes. Le nonce a ajouté que Littleton avait déjà transmis son mémorandum à une vingtaine de personnes, y compris les autorités judiciaires civiles et ecclésiastiques, la police et les avocats, en juin 2006, et qu’il était donc très probable que l’information serait bientôt rendue publique. Il a donc appelé à une intervention rapide du Saint-Siège.

En rédigeant une note sur ces documents qui m’ont été confiés, en tant que délégué aux représentations pontificales, le 6 décembre 2006, j’ai écrit à mes supérieurs, le cardinal Tarcisio Bertone et le Substitut Leonardo Sandri, que les faits attribués à McCarrick par Littleton étaient d’une telle gravité et d’une telle bassesse qu’ils provoquaient chez le lecteur un sentiment de confusion, de dégoût, de chagrin profond et d’amertume, et qu’ils constituent des crimes de séduction, invitation à des actes dépravés commis par des séminaristes et de prêtres, de façon répétée et simultanée avec plusieurs personnes, moquerie d’un jeune séminariste qui tentait de résister aux séductions de l’archevêque en présence de deux autres prêtres, absolution des complices de ces actes dépravés, célébration sacrilège de l’Eucharistie avec les mêmes prêtres après avoir commis de tels actes.
Dans ma note, que j’ai remise le même jour du 6 décembre 2006 à mon supérieur direct, le Substitut Leonardo Sandri, j’ai proposé à mes supérieurs les points suivants :

- Étant donné ce qui semblait qu’un nouveau scandale d’une gravité particulière, dans la mesure où il concernait un cardinal, allait s’ajouter aux nombreux scandales touchant l’Église aux États-Unis,
- Et, puisque cette affaire concernait un cardinal (...) j’ai proposé qu’une mesure exemplaire soit prise contre le cardinal qui pourrait avoir une fonction médicinale, prévenir de futurs abus contre des victimes innocentes et atténuer le scandale très grave pour les fidèles, qui malgré tout continuaient à aimer et à croire en l’Église.
- J’ai ajouté qu’il serait salutaire que, pour une fois, l’autorité ecclésiastique intervienne avant les autorités civiles et, si possible, avant que le scandale n’éclate dans la presse. Cela aurait pu rendre une certaine dignité à une Église si cruellement éprouvée et humiliée par tant d’actes abominables de la part de certains pasteurs. Si cela était fait, l’autorité civile n’aurait plus à juger un cardinal, mais un pasteur avec lequel l’Église avait déjà pris des mesures appropriées pour l’empêcher d’abuser de son autorité et de continuer à détruire des victimes innocentes.

Ma note du 6 décembre 2006 a été conservée par mes supérieurs et ne m’a jamais été retournée avec quelque décision que ce soit de la part des supérieurs. »

Et ce n'était pas suffisant, selon le cardinal Ouellet?

Ce n'est pas tout. En avril 2008, fut publiée sur Internet la longue dénonciation d'un religieux, Richard Sipe, sur son site <richardsipe.com>, sous le titre "Statement for Pope Benedict XVI about the pattern of sexual abuse crisis in the United States". « Le 24 avril, ce texte a été transmis par le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, le cardinal William Levada, au cardinal secrétaire d’État Tarcisio Bertone. Il m’a été transmis un mois plus tard, le 24 mai 2008», écrit Viganò.

Sipe, écrit le National Catholic Register, «rapportait qu'un certain nombre de séminaristes au Séminaire Pontifical de Sainte-Marie à Baltimore lui avaient fait part de leurs inquiétudes au sujet du comportement de l'évêque de Metuchen Theodore McCarrick». Sipe connaissait le nom d'au moins quatre prêtres qui avaient eu des rapports sexuels avec McCarrick. Il disait également disposer de lettres dans lesquelles étaient enregistrées des témoignages de première main et des témoins oculaires qui rapportaient que McCarrck, alors archevêque de Newark, avait eu des relations sexuelles avec un prêtre et qu'à d'autres moments, un autre prêtre avait fait l'objet de ses avances sexuelles. Et déjà en 2006, le Substitut de l'époque, Mgr Sandri, demandait des informations à un ex-recteur de séminaire, Mgr Ramsey. En 2000, Ramsey avait écrit une lettre au nonce de l'époque Gabriel Montalvo, qui l'avait transmise à Rome, dénonçant le fait que McCarrick avait couché avec des séminaristes. Aujourd'hui, le cardinal Ouellet qualifie cette masse d'éléments de "voix" et "rumeurs", dans une tentative d'alléger certaines responsabilités, à la fois anciennes et très récentes. Et à la Congrégation qu'Ouellet dirige, il y a certainement beaucoup plus à propos de McCarrick. Mais Ouellet n'en parle pas.

En conclusion. Le Cardinal Ouellet a été reçu en audience par le Pape immédiatement après sa mise en cause par Viganò. Il est raisonnable de penser qu'il a également été question de cela dans la conversation [ndt: ou plutôt, il a été reçu dans le seul but de mettre au point une réponse]. D'après ce que nous pouvons comprendre de la lettre ouverte d'Ouellet, outre son indignation à l'encontre de l'ex-nonce apostolique et l'éloge inconditionnel de son supérieur, l'audience du 23 juin a bien eu lieu, et il a été question de McCarrick; McCarrick avait fait l'objet de la part de Benoît XVI de mesures restrictives dans les voyages et dans la présence publique; cette situation a changé radicalement malgré l'avertissement du Viganò à l'élection du pape François. Ouellet minimise comme "rumeurs" et "voix", les dénonciations ponctuelles que le Saint-Siège avait depuis 2000 sur McCarrick. Et ce n'est qu'avec Benoît qu'il y a eu une réaction à ces dénonciations, mais elles ont été annulées à partir de 2013. Il ne nous semble pas que dans les faits les déclarations du cardinal Ouellet démente grand chose. Bien eu contraire.


Source : http://benoit-et-moi.fr/2018/actualite/quand-ouellet-marque-contre-son-camp.html
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Gilbert Chevalier

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Re: L'AFFAIRE VIGANO

Message par Gilbert Chevalier le Dim 21 Oct - 21:35

15- Viganò persiste et signe :
c'est tout à son honneur de risquer les foudres de l'Antéchrist


Monseigneur Viganò :
« C'est ainsi que je réponds au Cardinal Ouellet.
Il est temps de sortir au grand jour. »


Blog d’Aldo Maria Valli, le 19 octobre 2018

« Témoigner de la corruption dans la hiérarchie de l'Église catholique a été et est toujours une décision douloureuse pour moi. Mais je suis un vieil homme, un homme qui sait que bientôt il devra rendre compte au Juge de ses actions et omissions, qui craint Celui qui peut jeter corps et âme en enfer. »

C'est ainsi que Monseigneur Carlo Maria Viganò écrit dans le nouveau témoignage qu'il m'a envoyé du lieu secret où il se trouve.

« J'ai parlé - l'ancien nonce aux États-Unis le souligne - en pleine conscience que mon témoignage allait alarmer et consterner de nombreuses personnes éminentes : des ecclésiastiques, des frères évêques, des collègues avec qui j'ai travaillé et prié. Je savais que beaucoup de gens se sentiraient blessés et trahis. J'avais prédit que certains m'accuseraient à leur tour et remettraient en question mes intentions. Et, plus douloureusement encore, je savais que beaucoup de fidèles innocents seraient confus et déconcertés par le spectacle d'un évêque accusant ses frères et ses supérieurs de méfaits, de péchés sexuels et de négligence grossière dans leur devoir. Pourtant, je crois que mon silence continu aurait mis en danger de nombreuses âmes et aurait certainement condamné la mienne. »

Dans le nouveau document, Monseigneur Viganò fait le point sur les observations qu'il a faites et qui n'ont pas encore reçu de réponse. Il écrit : « J'ai invoqué Dieu comme témoin de la vérité de mes paroles, et aucune d'elles n'a été niée. »

Viganò répondit aussi, point par point, au cardinal Ouellet, auteur d'une réprimande sévère contre l'archevêque : « Le cardinal Ouellet a écrit pour me reprocher mon insouciance d'avoir brisé le silence et porté de graves accusations contre mes frères et supérieurs, mais en vérité son reproche me confirme dans ma décision et confirme, en effet, mes déclarations, une à une et pleinement. »

C'est au même moment que sort mon petit livre Il caso Viganò ( https://www.aldomariavalli.it/book/il-caso-vigano/ ), dans lequel je propose à nouveau les articles parus dans mon blog Duc in altum à partir du moment où le Monseigneur m'a confié son premier mémorial et où j'ai décidé de le faire connaître. Évidemment, le livre ne contient pas ce dernier document, que je viens de recevoir. Je crois cependant que la lecture des textes précédents et de celui qui porte aujourd'hui la date du 19 octobre 2018, mémoire des martyrs d'Amérique du Nord, permet au lecteur de se faire une idée exhaustive d'une situation dans laquelle aucun baptisé et aucun homme de bonne volonté ne peut détourner le regard.

Monseigneur Viganò écrivait à la fin de son document : « Je réitère mon appel à mes confrères évêques et prêtres qui savent que mes déclarations sont vraies et qu'ils sont en mesure de témoigner, ou qui ont accès à des documents qui peuvent résoudre cette situation sans aucun doute. Vous aussi, vous êtes confrontés à un choix. Vous pouvez choisir de vous retirer de la bataille, de continuer dans la conspiration du silence et de détourner le regard de l'avancée de la corruption. Vous pouvez inventer des excuses, des compromis et des justifications qui retardent le jour de l'épreuve de force. Vous pouvez vous consoler avec la duplicité et l'illusion qu'il sera plus facile de dire la vérité demain et le lendemain. Ou tu peux choisir de parler. Faites confiance à Celui qui nous a dit « La vérité vous rendra libres ». Je ne dis pas qu'il sera facile de choisir entre le silence et la parole. Je vous exhorte à considérer quel choix sur votre lit de mort et devant le bon Juge vous ne regretterez pas d'avoir pris. »


Source : https://www.aldomariavalli.it/2018/10/19/monsignor-vigano-ecco-come-rispondo-al-cardinale-oullet-e-il-momento-di-uscire-allo-scoperto/



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Troisième témoignage de Carlo Maria Viganò :
une réponse aux accusations du cardinal Ouellet


Le Blog de Jeanne Smits, le 19 octobre 2018

Ce vendredi 19 octobre, Mgr Carlo Maria Viganò a rendu public son troisième témoignage, qui prend la forme d'une réponse au cardinal Ouellet ( https://reinformation.tv/vigano-ouellet-mccarrick-pape-accusation-blaspheme-smits-88807-2/ ). Il maintient ses accusations relatives à l'affaire McCarrick et accuse clairement le « fléau » qui selon lui est à la racine des scandales qui secouent l’Église. Je vous en propose ici la traduction complète, par mes soins, d'après le texte anglais publié par LifeSiteNews ( https://www.lifesitenews.com/news/archbishop-viganos-third-testimony ). – J.S.


Troisième témoignage de Carlo Maria Viganò :
une réponse aux accusations du cardinal Ouellet


En la fête des martyrs nord-américains

Le fait de porter témoignage de la corruption au sein de la hiérarchie de l’Église catholique a été pour moi une décision douloureuse, et elle le demeure. Mais je suis un homme âgé, un homme qui sait devoir bientôt rendre compte devant le Juge de ses actions et omissions, un homme qui craint Celui qui peut jeter corps et âme en enfer. Un Juge qui, même dans son infinie miséricorde, accordera à chacun salut ou damnation selon ses mérites. Anticipant la question terrible de ce Juge – “Comment as-tu, toi qui avais connaissance de la vérité, pu garder le silence au milieu du mensonge et de la dépravation ?” – quelle réponse pouvais-je donner ?

J'ai témoigné avec la pleine conscience de l’inquiétude et du désarroi que mon témoignage allait provoquer chez beaucoup de personnes éminentes : des hommes d’Église, des frères évêques, des collègues avec qui j'avais travaillé et prié. Je savais que beaucoup d'entre eux se sentiraient blessés et trahis. Je m'attendais à ce que certains m’assaillent à leur tour, moi et mes motivations. Plus douloureux que tout, je savais qu'un grand nombre de fidèles innocents seraient troublés et déconcertés par le spectacle d'un évêque accusant des collègues et des supérieurs de méfaits, de péchés sexuels et d’une grave négligence à l'égard de leur devoir. Mais je crois que la persistance de mon silence eût mis beaucoup d’âmes en péril, et damnerait certainement la mienne. Ayant rapporté à de nombreuses reprises à mes supérieurs et même au pape le comportement aberrant de Theodore McCarrick, j'aurais pu dénoncer publiquement plus tôt les vérités dont j'avais connaissance. Si j'ai quelque responsabilité par rapport à ce retard, je m'en repens. Ce retard a été dû à la gravité de la décision que j'allais prendre, et au long travail de ma conscience.

On m’a accusé de susciter la confusion et la division au sein de l’Église par ce témoignage. A ceux qui pensent que cette confusion et cette division étaient insignifiantes avant août 2018, une telle assertion peut paraître plausible. Les observateurs plus impartiaux, en revanche, auront eu conscience qu’on a confusion et division à l’excès, et de longue date, comme il était inévitable dès lors que le successeur de Pierre néglige d'exercer sa mission principale, qui est d’affermir ses frères dans la foi et dans la saine doctrine morale. S'il exacerbe alors la crise par le biais de déclarations contradictoires ou déconcertantes à propos de ces doctrines, la confusion s'aggrave.

C'est pourquoi j'ai parlé. Car c’est la conspiration du silence qui a causé et qui continue de causer de grands dommages au sein de l’Église – des dommages frappant tant d'âmes innocentes, de vocations sacerdotales, et les fidèles en général. En ce qui concerne ma décision, que j'ai prise en conscience devant Dieu, j'accepte volontiers toute correction fraternelle, tout conseil, toute recommandation et invitation à progresser dans ma vie de foi et d'amour pour le Christ, l’Église et le pape.

Laissez-moi redire les éléments-clefs de mon témoignage.

- En novembre 2000, le nonce aux États-Unis, Mgr Montalvo, informait le Saint-Siège du comportement homosexuel du cardinal McCarrick avec des séminaristes et des prêtres.

- En décembre 2006 le nouveau nonce aux États-Unis, Mgr Pietro Sambi, informait le Saint-Siège du comportement homosexuel du cardinal McCarrick avec encore un autre prêtre.

- En décembre 2006, j'ai moi-même écrit un mémorandum au secrétaire d’État, le cardinal Bertone, et je l’ai personnellement remis au substitut pour les affaires générales, Mgr Leonardo Sandri, appelant le pape à mettre en place des mesures disciplinaires extraordinaires à l'encontre de McCarrick afin d'éviter de futurs crimes et scandales. Ce mémorandum n'a pas reçu de réponse.

- En avril 2008, une lettre ouverte au pape Benoît XVI signée de Richard Sipe a été relayée par le préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi, le cardinal Levada, au secrétaire d’État, le cardinal Bertone, faisant état d'accusations supplémentaires affirmant que McCarrick couchait avec des séminaristes et des prêtres. Je la reçus un mois plus tard, et en mai 2008 j'ai moi-même remis un deuxième mémorandum à celui qui était alors substitut pour les affaires générales, Mgr Fernando Filoni, rendant compte des accusations visant McCarrick et demandant que des sanctions soient prises à son encontre. Ce deuxième mémorandum ne devait pas non plus recevoir de réponse.

- En 2009 ou 2010, j’ai appris du cardinal Re, préfet de la Congrégation des évêques, que le pape Benoît XVI avait ordonné à McCarrick de cesser tout ministère public et d’entamer une vie de prière et de pénitence. Le nonce Sambi a communiqué les ordres du pape à McCarrick avec une voix d'une force telle qu'on l'entendait dans tout le couloir de la nonciature.

- En novembre 2011, le cardinal Ouellet, nouveau préfet des évêques, m'a répété, à moi le nouveau nonce aux États-Unis, les restrictions imposées par le pape à McCarrick, et je les ai moi-même communiquées à McCarrick, face-à-face.

- Le 21 juin 2013, vers la fin d'une assemblée officielle de nonces au Vatican, le pape François m'a dit des mots énigmatiques, critiquant l’épiscopat américain.

- Le 23 juin 2013, j'ai rencontré le pape François face-à-face dans son appartement pour lui demander des explications, et le pape m'a demandé : « Il cardinale McCarrick, com’è ? » (Le cardinal McCarrick, comment est-il ?), chose que je ne peux interpréter que comme une curiosité feinte visant à découvrir si j'étais ou non un allié de McCarrick. Je lui ai dit que McCarrick avait sexuellement corrompu des générations de prêtres et de séminaristes, et qu'il avait reçu ordre de Benoît XVI de se retirer et de mener une vie de prière et de pénitence.

- Au lieu de cela, McCarrick a continué de jouir de l'attention particulière du Pape François ; il se vit confier par lui de nouvelles responsabilités et missions.

- McCarrick faisait partie d'un réseau d’évêques qui fait la promotion de l’homosexualité ; mettant à profit la faveur dont ils jouissaient auprès du pape François, ils manipulaient les nominations épiscopales de manière à se protéger face à la justice et à renforcer le réseau homosexuel dans la hiérarchie de l’Église et dans l'ensemble de celle-ci. Le pape François a soit été complice de cette corruption, ou bien, sachant ce qu'il sait, gravement négligent en omettant de s'y opposer et de l’extirper.

J'ai invoqué Dieu en tant que témoin de la véracité de mes dires, et on n’a pu prouver la fausseté d’aucun d’entre eux. Le cardinal Ouellet m'a écrit pour me réprimander en raison de ma témérité parce que j'ai rompu le silence et lancé des accusations aussi graves à l'encontre de mes frères et de mes supérieurs, mais en vérité, sa remontrance m'affermit dans ma décision et, plus encore, sert à justifier mes accusations, prises séparément comme dans leur ensemble.

- Le cardinal Ouellet reconnaît qu'il a parlé avec moi de la situation de McCarrick avant mon départ pour Washington où je prenais mon poste de nonce.

- Le cardinal Ouellet reconnaît qu'il m’a communiqué par écrit les conditions et restrictions imposées à McCarrick par Benoît XVI.

- Le cardinal Ouellet reconnaît que ces restrictions interdisaient à McCarrick de voyager ou d'apparaître en public.

- Le cardinal Ouellet reconnaît que la congrégation des évêques a par écrit, d'abord par le truchement du nonce Sambi et une nouvelle fois par le mien, exigé de McCarrick qu'il s'adonne à une vie de prière et de pénitence.

Que conteste le cardinal Ouellet ?

- Le cardinal Ouellet conteste la possibilité que le pape François ait pu intégrer une information importante concernant McCarrick en un jour où il avait rencontré des dizaines de nonces, n'accordant à chacun que quelques moments de conversation. Mais tel n'était pas mon témoignage. Mon témoignage est que lors d’une deuxième réunion, privée, j'ai informé le pape, répondant à sa propre question sur Théodore McCarrick, alors cardinal-archevêque émérite de Washington, personnalité éminente de l’Église aux États-Unis, et affirmant au pape que McCarrick avait sexuellement corrompu ses propres séminaristes et prêtres. Aucun pape ne saurait oublier cela.

- Le cardinal Ouellet conteste l'existence dans ses archives de lettres signées par le pape Benoît XVI ou par le pape François concernant des sanctions imposées à McCarrick. Mais tel n'était pas mon témoignage. Mon témoignage est qu'il possède dans ses archives des documents-clefs – quelle que soit leur provenance – qui incriminent McCarrick et qui apportent une trace écrite des mesures prises à son encontre, et d'autres preuves de l’occultation de sa situation. Et je le reconfirme.

- Le cardinal Ouellet conteste l’existence parmi les dossiers de son prédécesseur, le cardinal Re, de « mémos d’audience » imposant à McCarrick les dites restrictions. Mais tel n'était pas mon témoignage. Mon témoignage est qu'il existe d'autres documents : par exemple, une note du cardinal Re, non ex-Audientia SS.mi, signée soit par le secrétaire d’État ou par son substitut.

- Le cardinal Ouellet rétorque qu'il est faux de présenter les mesures prises à l'encontre de McCarrick comme des « sanctions » décrétées par Benoît XVI et annulées par le pape François. C’est vrai. Il ne s'agissait pas techniquement de « sanctions », mais de dispositions, « des conditions et des restrictions ». Ergoter sur le fait de savoir s'il s'agissait de sanctions ou de dispositions ou d’autre chose est du pur légalisme. D'un point de vue pastoral il s'agit exactement de la même chose.

En résumé, le cardinal Ouellet reconnaît les affirmations importantes que j'ai exprimées et que j'exprime encore, et conteste des affirmations que je n'exprime pas et que je n'ai jamais exprimées.


Sur un point, je dois absolument réfuter ce que le cardinal Ouellet a écrit. Le cardinal déclare que le Saint-Siège n'avait connaissance que de « rumeurs », qui était insuffisantes pour justifier des mesures disciplinaires à l'encontre de McCarrick. J'affirme au contraire que le Saint-Siège était conscient d’une série de faits concrets, et qu'il possède des preuves documentaires, et que les personnes responsables ont néanmoins choisi de ne pas intervenir ou qu'elles ont été empêchées de le faire. La compensation financière accordée par l’archidiocèse de Newark et le diocèse de Metuchen aux victimes des abus sexuels de McCarrick, les lettres du P. Ramsey, des nonces Montalvo en 2000 et Sambi en 2006, du Dr Sipe en 2008, mes deux notes aux supérieurs du secrétariat d’État, décrivant en détail des allégations concrètes à l'encontre de McCarrick, ne sont-ce donc que des rumeurs ? Ce sont des correspondances officielles, et non des ragots de sacristie. Les crimes évoqués étaient très graves, y compris celui de tenter de donner l'absolution sacramentelle à ses complices d'actes pervers, avec célébration sacrilège de la messe par la suite. Ces documents précisent l’identité des auteurs et de leur protecteur, et la séquence chronologique des faits. Ils sont conservés dans les archives adéquates ; il n'est nul besoin d'enquête extraordinaire pour les recouvrer.

Parmi les remontrances publiques qui m'ont visé j'ai remarqué deux omissions, deux silences dramatiques. Le premier silence concerne le sort des victimes. Le second est relatif à la raison sous-jacente pour laquelle il y a tant de victimes, à savoir, l'influence corruptrice de l’homosexualité au sein du sacerdoce et de la hiérarchie. Pour ce qui est du premier, il est consternant que parmi tous les scandales et toute l’indignation, on accorde si peu d’attention à ceux qui ont été abîmés par les prédations sexuelles de personnes ayant reçu la charge d'être ministres de l’Évangile. Il ne s'agit pas ici d’une affaire de règlement de comptes ou de bouderies à propos des vicissitudes des carrières ecclésiastiques. Il ne s'agit pas de politique. Il ne s'agit pas de savoir comment les historiens de l’Église pourront évaluer tel pontificat ou tel autre. Il s'agit des âmes. De nombreuses âmes ont été et sont encore aujourd'hui en péril de perdre leur salut éternel.

Pour ce qui est du second silence, cette crise très grave ne peut pas être abordée ni résolue de manière correcte si nous n'appelons pas les choses par leur nom. Il s'agit d'une crise due au fléau de l’homosexualité, en ses agents, en ses motifs, en sa résistance à la réforme. Il n'y a pas d’exagération à dire que l'homosexualité est devenue une plaie au sein du clergé, et il ne sera éradiqué qu’au moyen d'armes spirituelles. C’est une énorme hypocrisie que de condamner les abus, de prétendre verser des larmes sur les victimes, et de refuser cependant de dénoncer la cause qui est à la racine de tant d'abus sexuels : l’homosexualité. C'est une hypocrisie que de refuser de reconnaître que ce fléau est dû à une grave crise dans la vie spirituelle du clergé, et d’omettre de prendre les mesures nécessaires pour y remédier.

Il existe incontestablement des clercs coureurs de jupons, et incontestablement, ils font du tort eux aussi à leurs propres âmes, aux âmes de celles qu'ils corrompent, et à l’Église en général. Mais ces violations du célibat sacerdotal sont en général confinées aux individus directement concernés. Les clercs coureurs de jupons ne recrutent en général pas d'autres coureurs, ils ne travaillent pas à leur promotion, ni n'occultent leurs méfaits – tandis que les preuves de la collusion homosexuelle, avec ses racines profondes si difficiles à extirper, sont accablantes.

Il est bien établi que les prédateurs homosexuels exploitent le privilège clérical à leur propre avantage. Mais affirmer que la crise elle-même est constituée par le cléricalisme est pur sophisme. Cela revient à prétendre qu'un moyen, un instrument, est en réalité le principal motif.

La dénonciation de la corruption homosexuelle et de la lâcheté morale qui lui permet de prospérer ne recueille pas de nos jours les congratulations, pas même dans les plus hautes sphères de l’Église. Je ne suis pas étonné de ce que, ayant attiré l’attention sur ces fléaux, je sois accusé de déloyauté à l'égard du Saint-Père, et de fomenter une rébellion ouverte et scandaleuse. Mais la rébellion supposerait d'exhorter d'autres à renverser la papauté. Je n'exhorte à rien de tel. Je prie chaque jour pour le pape François – plus que je ne l'ai jamais fait pour les autres papes. Je demande, je supplie même de la manière la plus ardente, le Saint-Père d'être à la hauteur des engagements qu’il a lui-même pris lorsqu’il a assumé son office de successeur de Pierre. Il a pris sur lui la mission de confirmer ses frères et de conduire toutes les âmes à la suite du Christ, dans le combat spirituel, sur le chemin de la Croix. Qu’il reconnaisse ses erreurs, qu'il se repente, qu'il montre sa disposition à remplir le mandat confié à Pierre et que, une fois converti, il affermisse ses frères (Luc 22:32).

En conclusion, je veux répéter mon appel à mes frères évêques et aux prêtres qui savent que mes déclarations sont vraies et qui peuvent en témoigner, ou qui ont accès aux documents qui peuvent lever tout doute sur cette affaire. Vous êtes, vous aussi, face à un choix. Vous pouvez choisir de vous retirer de la bataille, de soutenir la conspiration du silence et de détourner vos yeux devant la corruption qui s’étend. Vous pouvez faire des excuses, des compromissions et des justifications qui retarderont l’heure de vérité. Vous pouvez vous consoler à l'aide du mensonge et de l'illusion selon lesquelles il sera plus facile de dire la vérité demain, puis le lendemain, et ainsi de suite.

A l'inverse, vous pouvez choisir de parler. Vous pouvez faire confiance à Celui qui nous a dit : « La vérité vous rendra libres. » Je ne dis pas qu'il sera facile de choisir entre se taire et parler. Je vous exhorte à considérer quel choix – sur votre lit de mort, puis devant le juste Juge – vous ne regretterez pas d'avoir fait.

Carlo Maria Viganò
Archevêque tit. d’Ulpiana
Nonce apostolique

Le19 octobre 2018
Fête des martyrs nord-américains


Source : https://leblogdejeannesmits.blogspot.com/2018/10/troisieme-temoignage-de-carlo-maria.html



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L'affaire Viganò -
Le dossier qui a révélé le plus grand scandale au sein de l'Église


Blog d’Aldo Maria Valli, octobre 2018

C'est le 26 août 2018 que la révélation de l'archevêque et ancien nonce apostolique aux États-Unis Carlo Maria Viganò est apparue dans les médias : le Pape François savait depuis cinq ans que le Cardinal Theodor McCarrick avait commis des crimes sexuels avec des séminaristes et subordonnés, et que des sanctions lui avaient été imposées par Benoît XVI. Les nouvelles choquantes, qui vont dans les cas graves récemment mis en lumière, approfondissent le rôle des autorités ecclésiastiques qui ont couvert et protégé les crimes sexuels commis par des prêtres et accusent directement le pape. Parmi les journalistes auxquels Viganò donne son mémorial se trouve Aldo Maria Valli, qui dans ce livre retrace les jours de contact entre lui et le monseigneur, la souffrance intérieure, le sens de la lacération entre l'amour pour l'Église, le désir de ne pas scandaliser le simple et le besoin de faire ressortir la vérité. Sur fond de pontificat qui, bien qu'exalté par la grande presse, a suscité un déconcertement croissant parmi beaucoup.

Disponible à partir du 20 octobre, ici : https://www.aldomariavalli.it/book/il-caso-vigano/


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